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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-David Bowie
(chant+guitare+harmonica)

-Gerry Leonard
(guitare)

-Earl Slick
(guitare)

-Mike Garson
(piano)

-Gail Ann Dorsey
(basse+chant)

-Catherine Russell
(percus+guitare+chant)

-Sterling Campbell
(batterie)

TRACKLIST

1)Rebel Rebel
2)New Killer Star
3)Reality
4)Fame
5)Cactus
6)Sister Midnight
7)Afraid
8)All The Young Dudes
9)Be My Wife
10)The Loneliest Guy
11)The Man Who Sold The World
12)Fantastic Voyage
13)Hallo Spaceboy
14)Sunday
15)Under Pressure
16)Life On Mars?
17)Battle For Britain
18)Ashes To Ashes
19)The Motel
20)Loving The Alien
21)Never Get Old
22)Changes
23)I'm Afraid Of Americans
24)Heroes
25)Bring Me The Disco King
26)Slip Away
27)Heathen
28)Five Years
29)Hang On To Yourself
30)Ziggy Stardust

DISCOGRAPHIE


Bowie, David - A Reality Tour (DVD)
(2004) - pop rock - Label : Sony BMG



Après l’excellent Heathen et le moyen Reality, David Bowie et d’anciens serviteurs prendront la route pour une tournée en Amérique du Nord, Europe, Asie ou Australie et s’arrêteront en cours de route pour l’enregistrement de ce concert à Dublin, déroulant un répertoire à faire baver tous les amateurs dans une allure, une technique et une humeur à tomber. Le raz de marée formé par le public n’aura pas été de taille face aux franc-tireurs présent sur scène.

Car Bowie a assemblé un groupe hors du commun pour l’assister, mêlant vieux loups – le virtuose Mike Garson (pianiste de Bowie qui a travaillé chez Nine Inch Nails ou the Smashing Pumpkins) et la splendide Gail Ann Dorsey (connue pour son travail avec Boy George, Charlie Watts, et chez nous 123 Soleil) comme jeunes renards – la multi-instrumentiste Catherine Russell et le guitariste Gerry Leonard (qui assure la direction d’orchestre). Qu’il s’agisse de la finesse mélodique ou du mur rythmique, Bowie aurait eu du mal à trouver mieux. La paire Leonard/Slick permet de géniales combinaisons harmoniques (Leonard à l’electro-guitar et Slick au rhythm’n’blues saturé) ; de l’autre côté Sterling Campbell assure un show saccadé avec des transitions minuscules, en implacable machine à taper. Le tout plongé sous des dizaines de projecteurs éclatants pour une excellente définition d’image.

Et pour accentuer le tout, la prise de son comme le mixage sont excellents, appuyant beaucoup sur la section rythmique et assez peu sur la voix de Bowie, laissant ainsi le groupe libre de se faire entendre (on est loin du minimalisme pop habituel) et surtout, ne taillant pas le concert uniquement autour du show-man – s’il livre une prestation haute en paillette, il ne vole la vedette à personne. Ayant soigneusement disséqué un à un ses disques, Ziggy a eu la délicatesse de piocher absolument partout dans sa carrière (il remonte jusqu’à son Space Oddity de 1969) et mélange tubes planétaires comme clins d’œil aux fans, n’hésitant pas à revenir sur les collaborations "Sister Midnight" (Iggy Pop) ou "Under Pressure" (Queen) qui, en dépit d’être assez plates, sont là pour ravir les connaisseurs de ces pistes oubliées.

La set-list du concert de Dublin a été finement étudiée et alterne sagement les morceaux rapides et les rock’n’roll électrifiés (versions délicieusement speedées de "Rebel Rebel" ou "Battle For Britain" avec un Campbell très en forme) – avec les ballades électroniques qui font lever les mains de l’auditoire (adaptation intéressante de "Loving the Alien"). En tant que maître pop, Bowie n’a même pas à lever le petit doigt pour que le public s’en donne à cœur joie pour la médiocre "All the Young Dudes", qui parvient tout de même à motiver toutes les cordes vocales ; ce dont il ne se privera pas non plus sur le classique "Life On Mars?", où l’audience deviendra presque aussi sonore que le groupe. Les chansons cultes ne sont pas les seules à provoquer tant de remous et le retour du public ravageur sur "Slip Away" (qui était faite pour le live), immense piste tirée d’Heathen bénéficiera même d’un karaoké sur l’écran géant.

Chose trop rare pour un concert de cette longueur (plus de deux heures !), le groupe semble retrouver toute son énergie chaque quart d’heure qui passe. Et la fin du concert est encore meilleure que le début. Le temps semble déjà largement dépassé qu’apparaît une boucle synthétique, puis une note slappée : "Ashes to Ashes" apparaît dans une version quasi-funky inhabituelle mais écrasante (Gail Ann Dorsey !) et, tout en étant à des lieues de l’originale, fait toujours autant vibrer. A peine plus tard, le groupe sort avant que Bowie ne s’autorise un rare moment d’intimité, seul avec Mike Garson au piano, pour une sublime version de "Bring Me the Disco King" qui changera ses fans hurleurs les plus hystériques à l’état de marionnettes muettes devant une telle puissance au repos. Même silence pour la magique "Sunday" où ceux qui ne le connaissaient pas pourront admirer Earl Slick démonter un énorme solo de plusieurs minutes qui enverra planer tout l’auditoire très, très, très haut dans le ciel.


Et pour terminer en beauté, Bowie clôt son concert par trois tranches mythiques de l’époque Ziggy Stardust – une aubaine que les amateurs sauront saisir. Enchaînant rapidement sur "Five Years" que le groupe arrive à planter misérablement (rythme loupé en reprises, chœurs faux et j’en passe), il n’en aura que plus de hargne pour la meilleure version de "Hang On to Yourself" que j’ai pu entendre – et il arrive in extremis à sauver la mise du rappel foiré. Un dernier "Ziggy Stardust" pour clouer une dernière fois le mythe et il faudra encore quelques secondes pour retrouver sa télécommande. Si le DVD laissera les fans sur le cul – il n’empêchera pas les autres d’êtres émerveillés. Ne regrettons pas de ne pas y avoir assisté, la foule en liesse qui s’est pressée à Dublin nous aurait empêché de profiter du spectacle – au moins ici, on pourra se repasser "Ashes to Ashes" autant de fois que désirée. Et on ne se gênera pas…


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