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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Johan Fahlberg
(chant+guitare)

-Barish Kepic
(guitare)

-Henning Wanner
(claviers)

-Axel Kruse
(batterie)

-Michael Müller
(basse)

TRACKLIST

1)Tomorrow Comes
2)Hole In My Heart
3)Somewhere
4)Dreams You’ll Never See
5)Who’s Foolin’
6)Paid My Dues
7)Without You
8)Love & Desire
9)No One
10)Shores Of Paradise
11)Frozen Heart
12)Love To Live

DISCOGRAPHIE


Jaded Heart - Helluva Time



Jaded Heart est le responsable de vértitables pierres angulaires du hard-rock mélodique. Slaves & Masters, et surtout IV, sortis à la fin des années 1990, ont effectivement ravi nombre d'adeptes, qui ne comprennent toujours pas à ce jour la relative confidentialité de l'aura du combo allemand. Helluva Time est donc un album attendu au tournant, et plutôt deux fois qu'une: c'est le premier disque qui fait suite au départ du chanteur et fondateur du groupe, Michael Bormann, eclipsé pour se consacrer à sa carrière solo. Le remplaçant Johan Falberg, issu de Scudiero, a fort à faire.

Dès lors, on peut discuter de la qualité des chansons - c'est d'ailleurs ce qui va être fait ici, rassurez-vous - mais il est un point qui, d'emblée, ne devrait provoquer aucun débat: la qualité du son. Produit de main de maître par le groupe et par Chris Lausmann (ex-Bonfire), Helluva Time laisse la part belle aux guitares acerbes et entretient de ce fait l'appellation "hard". Un véritable bloc sonore, qui réhausse quoiqu'il arrive les compositions. On est même, à cet égard, devant les monuments cités plus haut. Mais là n'est pas l'essentiel. Johan Fahlberg a une tâche délicate et ingrate à accomplir, celle de remplacer une forte personnalité. Avant d'entendre le résultat, une moue de déception se dessine déjà sur le visage des fans. Le groupe part avec un handicap. Il ne le surpasse qu'à moitié.

Car Fahlberg, en courageux nouveau frontman, responsable de la guitare qui plus est, n'est pas dénué d'aptitudes, bien au contraire. Son timbre est somme toute très classique, vocalises éraillées haut perchée et tremoli de rigueur, mais tout à fait adaptées aux parties les plus rock. Techniquement, du moins. C'est là que le bât blesse: question feeling, il ne fera pas oublier son prédecesseur, c'est certain. Ses limites étant rapidement atteintes lorsqu'il n'y a pas de mur de guitares derrière lui pour le soutenir. C'est pourquoi les "Hole In My Heart" et "Without You", respectivement mid-tempo gentillet et ballade sirupeuse, sont à oublier de suite. D'autant que le piano synthétique qui prend part à ces morceaux possède un son ridicule. En revanche, Jaded Heart a de quoi plaire dès lors qu'il s'agit de hard pêchu et très mélodique, sorte de Survivor sous amphèt', grâce notamment à un sens de la composition quasi-infaillible.

Tout le monde chante dans Jaded Heart. En plus d'apporter de la profondeur aux mélodies, cela laisse pas mal d'oppportunités en terme d'harmonies vocales, dont le groupe ne se prive pas. Les refrains de "Tomorrow Comes", "Dreams You'll Never See", "Who's Foolin'" ou "Frozen Heart" - il y en a tant - sont des modèles du genre. Nous sommes bien d'accord, il n'y a strictement aucun espèce d'originalité dans ce que propose Jaded Heart. Seule la qualité compte. C'est pourquoi "Somewhere", chanté dans une tonalité étonnamment basse, mais réunissant les qualités évoquées, surprend et marque les esprits dès la première écoute : un exemple de composition simple et imparable. Autre surprise notable, la reprise du tube de la chanteuse pop Anastacia "Paid My Dues" qui, ainsi métamorphosée, ferait sans problème un hit du rock. C'était risqué, c'est réussi. "Love To Live", de son côté, met la banane avec un rythme entêtant qui ne déparaillerait pas sur n'importe quel opus de Pink Cream 69.


Ce groupe a le chic pour composer des brûlots. Nombreux seront ceux qui regretteront le départ de Michael, mais cette qualité demeure inaltérée. Jaded Heart continue, pour résumer, là où Gotthard n'ose s'aventurer. Il est facile, et tentant, de critiquer avec un regard nostalgique un groupe dont la personnalité emblêmatique s'est échappée. Il est vrai que Jaded Heart y a laissé des plumes, mais il serait injuste d'en déduire hativement que cet album ne vaut rien. Laissons-lui sa chance.


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