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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été mise en ligne le 07 octobre 2007
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Daniel Brennare
(chant+guitare)

-Magnus Sahlgren
(guitare)

-Mikael Larsson
(basse)

-Johan Oudhuis
(batterie)

TRACKLIST

1)Last Purple Sky
2)You Better Breathe While There’s Still Time
3)Waiting Counting
4)Like a Leaf
5)Children of the Grey
6)Island Earth
7)Head On Phantom
8)Planet of the Penguins

DISCOGRAPHIE


Lake of Tears - Moons and Mushrooms
(2007) - rock heavy metal pop rock Oldie-Rockus Moderno-Darkis - Label : Noise Records



Il arrive un moment dans la vie où on se demande pourquoi une gentille petite fille à couettes se met à hurler du grind-metal plutôt que de chanter du Chantal Goya avec ses petits camarades mucoviscidiens. Puis on comprend que le maquillage ne fait pas la fillette. On ne s’étonnera donc pas (trop) que cet album soit taxé de goth-metal progressif… Alors qu’il ne contient aucun élément goth’ (si ce n’est ce nom ridicule), aucune structure progressive – et somme toute très peu de clichés metalik. Alors : «Encore un groupe qui se perd !» ou «Enfin un groupe qui se trouve ?»

Le départ laisse présager du meilleur : "Last Purple Sky" et "You Better Breathe While There’s Still Time" sont catchy, puissantes sans être inutilement violentes – et même si la voix de Brennare n’est pas des plus agréables, il est mixé suffisamment bas pour qu’elle ne perturbe aucunement le bon déroulement de Moons and Mushrooms. Comme son prédécesseur Black Brick Road, la parole est donnée au rock et moins au metal, seule la production rappelle aux heavy-heads qu’il s’agissait autrefois (il y a bien longtemps) d’un groupe de doom-metal. Au final, on a davantage l’impression d’écouter un dark-Audioslave avec un Cornell enroué. On remontrait presque au grunge ! L’excellente "Island Earth" ne cache pas son côté Nirvana alors que "Head On Phantom" serait plus inspirée par Alice In Chains.

Car en écoutant les pistes s’enchaînées, il ressort vite que Lake of Tears n’est pas si «moderne» que ça. Les réminiscences du rock 70s sont nombreuses, les soli de guitares semblent en retard de 30 ans et on pense d’abord à Midnight Oil ou au post-punk avant de songer à Paradise Lost ou au goth-prog, auquel on les associe souvent à tort. La patte goth’ qui les caractérisait précédemment n’a plus lieu d’être et n’est encore cité qu’à cause du chant lancinant et monocorde du chanteur. Les guitares très claires et la basse clinquantes ont pourtant bénéficiées d’un mixage intelligent, mais on ne peut s’empêcher d’être circonspect devant le curieux milk-shake qu’est Moons and Mushrooms. On ne sait pas vraiment où le groupe veut en venir, notamment dans sa décision de pop-iser ses chansons tout en gardant une base dark typiquement suédoise.

"Children of the Grey" est la seule piste du disque qui témoigne du passé metalik des quatre hommes (n’oublions pas que le guitariste a tout de même joué dans Tiamat). Les rapprochements avec ce dernier furent d’ailleurs légion – en effet, certaines des pistes sentent fort la sauce doom-goth, les attaques puissantes et les gros riffs en moins. Une histoire de violence manquée. De pertinence aussi, et à ce titre la clôture "Planet of the Penguins" est un concentré de tout ce qu’il y a de plus mauvais chez Lake of Tears. Un manque d’inspiration certain, une tendance à ralentir certains morceaux qui auraient nécessités une approche plus urgente. La palme est décernée à la ballade "Like a Leaf", censément touchante mais franchement nulle, pas aidée par la manie du batteur de rajouter des crashs à chaque phrase qui finit par vite être saoulante.


Si Moons and Mushrooms n’est pas désagréable à écouter ("Last Purple Sky", "You Better Breathe…" et "Island Earth" sont des réussites), il n’est pas non plus marquant. Le groupe a perdu des plumes dans sa tentative de redirection et il est clair qu’il va perdre avec une bonne partie de ses auditeurs les plus chevronnés. Un groupe de metal de plus qui perd son public… Espérons qu’il en trouvera un autre, sitôt que sa musique se sera réellement posée, et que Lake of Tears aura réussi à répondre à la question que tout le monde se pose : pourquoi une fillette beuglerait-elle sur du grind-metal ?


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