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CHRONIQUE PAR ...

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Bigtonio
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Anders Friden
(chant)

-Bjorn Gelotte
(guitare)

-Jesper Strömblad
(guitare)

-Peter Iwers
(basse)

-Daniel Svensson
(batterie)

TRACKLIST

1)Embody The Invisible
2)Ordinary Story
3)Scom
4)Colony
5)Zomble Inc
6)Pallar Anders Visa
7)Coerced Coexistence
8)Resin
9)Behind Space
10)Insipid 2000
11)The New Word

DISCOGRAPHIE


In Flames - Colony
(1999) - melodeath - Label : Nuclear Blast



C.O.L.O.N.Y prend place au sein de la discographie de In Flames comme le sixiéme album des suédois, juste après l’excellent Whoracle. Et malheureusement pour ses détracteurs et concurrents, le quintet scandinave ne commet pas la moindre erreur sur cet opus plus que marquant qui ne manquera pas encore une fois de nous éparpiller au plafond. In Flames reste l’un des rares groupes à la discographie quasi sans bourde, et se révèle ainsi comme le distillateur sûr d’un néo death métal mélodique de perfection, genre dont il est encore actuellement la référence absolue.

Autant le dire tout de suite, chaque album d'In Flames se solde en général par une grande beigne musicale en pleine face. C.O.L.O.N.Y ne faillit pas à cette règle et vous régalera de sa puissance riffesque et de son énergie phénoménale. Certes on pourra peut être reprocher a cet opus son manque relatif d’originalité. L’album ressemble en effet encore beaucoup à Whoracle tant par les atmosphères dark distillées que par la recette magique des chansons. Riff exterminateur, couplet death, refrain plus clair ultra mélodique et chorus guitaristique de folie, tels sont les ingrédients imparables du succès d’In Flames. Cette galette reprend donc cette recette et nous assène une fois de plus une leçon du genre.

Le côté percutant et la rémanence mnésique de l’album sont assurés par quatre hymnes dantesques dont vos cerveaux ne pourront bientôt plus se passer. "Embody The Invisible" ouvre les hostilités en grande force en révélant la toute puissance de la musique distillée par In Flames. Elle prouvera aussi les progrès constants de Friden au chant qui réalise une performance fantastique sur l’ensemble du CD. Vient ensuite une chanson mythique dans la discographie des Suédois : "Ordinary Story", dont les riffs extraterrestres et les couplets en voix claire d’une part, et la virtuosité des soli et l’incroyable atmosphère d’autre part vous promènerons sur les sentiers de la perfection. "Zombie Inc" puis "Insipid 2000" finiront de formater votre oreille aux sonorités diabolique d’In Flames.

Chose rare, dans ce genre de musique, ce CD ne présente aucun déchet et fait preuve au final d’une grande homogénéité. C’est d’ailleurs à n’en pas douter la très grande force des Scandinaves. A aucuns moments ils ne nous laissent respirer avec une mauvaise chanson qui nous ferait retrouver notre sens critique. Ils nous assomment à grands coups de riffs, nous percutent a coups de soli, nous charment avec leur vocaux tantôt puissants tantôt émouvants, nous pulvérisent enfin avec leurs exécutions instrumentales sans faille. Car petit à petit au fil des albums, tous les musiciens d’In Flames se transforment en véritables virtuoses. Mais toujours au service de la mélodie, ils évitent le dangereux écueil de la démonstration technique gratuite. J’en veux pour exemple la fantastique chanson "Zombie Inc.". Aux alentours de la 2:15, In Flames nous montre un parfait condensé d’efficacité avec deux guitares. Durant trente secondes, les deux six-cordes vous feront pleurer de bonheur sur un thème techniquement assez simple, mais transcendentalement inspiré.

La production de cet album frise encore la perfection. Tous les instruments sont parfaitement audibles et ce malgré les nombreuses pistes superposés. "Coerced Existence" illustre parfaitement ce fait. Le refrain fait preuve d’une extraordinaire abondance de voix, mais chacune d’entre elles reste parfaitement distinctes. Il est même possible de retranscrire les parties guitares (pourtant très distordues) d’après le CD tellement sa production reste limpide. On notera encore une fois la très bonne utilisation des claviers par les Suédois, qui malgré l’abondance des parties guitares, ne réduisent pas leur keyboardist au rôle de fournisseur de bières pour les autres membres du groupe lors des prestations live. La batterie de Daniel Svensson recruté depuis peu (en remplacement de Björn Gelotte qui quitte la batterie pour la guitare au sein du groupe) et la précision de Peter Iwers à la basse (rôle en retrait il est vrai au sein du quintet) apportent à l’ensemble de solides fondations rythmiques qui nous calent confortablement au cours de notre voyage musicale tout au long de l’écoute de ce superbe CD.


En définitif donc, un très bon album auquel on ne pourra faire qu’un seul reproche, celui de jouer la carte de la continuité de Whoracle, le précédent album, sans proposer d’innovations majeures. Reste à savoir si la chronologie doit intervenir dans le jugement d’un album, ce dont je ne suis pas entièrement persuadé. C.O.L.O.N.Y reste pour moi un très bon opus qui n’atteint toutefois pas la perfection d’un Reroute To Remain.


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