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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été mise en ligne le 21 octobre 2007
Sa note : 16/20

LINE UP

-A. Frigstad
(chant)

-S. Nedland
(chant+claviers)

-E. Fuglestad
(guitare)

-K. Wikstøl
(basse+chant)

-S. Reinhardtsen
(batterie)

TRACKLIST

1)The Latter Rain
2)In the Midnight Hour
3)Det Rakner!
4)October's Monody
5)Their Spirits Ride With The Wind
6)I Total Triumf
7)The Titan
8)As I Wither
9)Morning Sun
10)Sorgenfri

DISCOGRAPHIE

The Latter Rain (2007)
AEnigma (2013)
Currents (2018)

In Vain - The Latter Rain



Déposez vos chaussures. Ici, c’est propre, beau, presque rien ne manque. In Vain déboule de Norvège sous l’étiquette bien connue de « newcomers », plaçant The Latter Rain sous le signe d’un metal extrême progressif, frôlant les genres sans jamais s’y brûler. Après deux EP’s autoproduits, hall immanquable à toute réelle production, The Latter Rain ne badine pas et prend vie au DUB Studio (Green Carnation, Blood Red Throne, …). On pourrait ne pas être impressioné, mais quand on sait que le projet s’est forgé à l’aide d’une vingtaine de guests dont Jan K. Transeth (In the Woods...) et Kjetil Nordhus (Green Carnation, Trail of Tears)... Une belle introduction qui ne fait qu’annoncer une musique aussi ouverte que de très bonne facture.

In Vain produit une musique difficilement classable, entre black, dark, rock ou encore death mélodique. Mais l’on s’accordera tous sur le fait que ce premier album est marqué en tout point de structures progressives, rappelant parfois Opeth, November et quelques autres combos de qualité. Jouant sur plusieurs tableaux, In Vain parvient à suivre un fil invisible garantissant l’unicité des idées, la solidité du socle et la qualité d’expression des compositions. Le titre "Otober’s Monody" s’amuse à switcher de l’acoustique au progressif en passant par un black metal où s’exprime un chant extrême. N’hésitant pas à couper les titres, à imposer de surprenants breaks, à trouver à chaque recoin de compo une nouvelle mélodie, chaque titre raconte à sa façon une histoire pleine de remous et de vie, parfois triste, parfois plus coquette. Alors que l’on s’amusera sur "Morning Sun", il y aura de quoi baisser le front sur "Their Spirits Ride With The Wind", avant de s’emporter avec le vivifiant et charismatique "I Total Triumph", pivotant autour d’un profond et inattendu saxophone.

Si un certain classicisme des rythmiques et mélodies enchevêtrées peut apparaître ici et là, l’ensemble se savoure, tout au long de cette heure de musique qui en réjouira plus d’un. In Vain ne tombe pas dans l’étalage technique mais prouve bien que les musiciens qui le composent savent de quoi ils parlent, alliant beauté, précision et structures labyrinthiques. Les chants clairs et parlés améliorent encore la sauce, et l’on ne doute pas que chaque nouveau titre sera aussi bon que le précédent, sauf peut-être lorsque l’on s’arrête un instant sur "Det Rakner !", qui derrière sa façade impulsive, laisse transparaître quelques faiblesses d’inspiration. Mais avec plus d’une heure de musique, ce qui est déjà un pari pour un premier album, il y a toujours quelques baisses de tension.


In Vain donne en tout cas l’impression d’être un aventurier de la musique, autant ouvert que sûr de lui, aussi bien destructureur de tensions que conteur d’histoires solides. The Latter Rain consiste en la première perle de ce groupe, naviguant entre violence et distinction, entre impulsion et sensibilité. Une très belle pièce.


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