1474

CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Michael Sadler
(chant+claviers)

-Jim Crichton
(basse+claviers)

-Jim Gilmour
(claviers+chant)

-Ian Crichton
(guitare)

-Brian Doerner
(batterie)

TRACKLIST

1)That’s As Far As I’ll Go
2)Back To The Shadows
3)I’m Ok
4)Time To Play
5)My Friend
6)Trust
7)It’s Your Life
8)Footsteps In The Hall
9)Ice In The Rain
10)You Were Right
11)On The Other Side

DISCOGRAPHIE


Saga - Trust
(2006) - pop rock - Label : Inside Out Music



Encore un nouvel album de Saga, la routine, Network était sorti il y a moins de deux ans et on pouvait craindre à nouveau un Network bis vu les délais rapides que tient Saga entre deux albums. Network était loin d'être parfait mais contenait quand même de bonnes choses ; il rassurait surtout après la déception de Marathon. Avec Trust, Saga semble avoir été à l'écoute des fans.



Déjà, Christian Simpson a été contraint de quitter le groupe à cause de problème de santé. Son remplaçant, Brian Doerner, a été batteur dans un groupe de heavy metal canadien, Helix. Vu son parcours, on pouvait dès lors s'attendre à un cogneur comme Christian Simpson. Même pas, Brian Doerner s'adapte sans problème au style de Saga. Plus technique que Christian Simpson, son jeu ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de Steve Negus. En fait, je vois très peu de différences entre les deux batteurs, comme si Saga avait tenu à ne pas trop dérouter les fans, parfois déçus par le jeu "bourrin" de Christian. Saga avait été énormément critiqué également pour le son de Network, la batterie "rouleau compresseur" enregistrée "live". Sur Trust, la batterie est davantage en retrait, plus subtile, ce qui correspond à l'orientation un peu plus prog que d'habitude, moins heavy.

A première vue, rien de nouveau à l'horizon. Depuis Full Circle, Saga est plus ou moins devenu un groupe de fonctionnaires, appliquant éternellement la même recette sur album et jouant un paquet de vieux titres en live, pour faire plaisir aux fans nostalgiques. Ils ont passé l'âge de prendre des risques ! Surtout que les deux premiers titres ("That's As Far As I'll Go" et "Back To The Shadows") sont assez bons mais ne figurent pas parmi les meilleurs ; "That's As Far As I'll Go" contient même des boucles de synthés modernes qui deviennent vite redondantes !

Mais au fil des écoutes, l'album dévoile peu à peu toute sa richesse, si bien que l'absence de nouveautés devient vite un faux problème. Avec Jim Crichton en renfort pour les claviers (comme au bon vieux temps) et la légèreté "disco-funk" qu'on retrouve sur pas mal de titres, Saga semble vouloir renouer (pour la énième fois diront certains) avec ses débuts, comme ils avaient déjà essayé de le faire sur Marathon. Ainsi disparaissent les quelques morceaux lourdingues de Network. La pochette a de la gueule aussi, elle fait oublier le pauvre collage de collégien sur Network. On a le droit à la "Gilmourerie" habituelle sur "My Friend", un morceau acoustique assez réussi avec un refrain... comment dire... moyen-âgeux ? Quelques mélodies simples en apparence et accompagnées d'arrangements bien chiadés derrière ("I'm OK"), "On The Other Side" avec son intro à l'accordéon et ses claviers vintage, c'est le genre de morceau irrésistible qu'on ne pensait plus retrouver sur un album récent de Saga.

Les claviers sont de la fête et la guitare sert d'accompagnement, intervenant toujours au bon moment : c'est vraiment agencé à l'ancienne, comme sur Silent Knight. Ian Crichton occupe rarement l'espace sonore avec ses gros riffs comme comme c'était souvent le cas dans le Saga moderne. Il n'est par contre pas avare en cavalcade en tout genre, ajoutant une bonne dose de groove aux rythmes presque dansants de "Time To Play" et "Ice In The Rain". Deux titres plus heavy et efficaces : "Trust", assez atmosphérique, et "You Were Right", ce dernier étant le plus rapide de l'album, très jouissif toujours. On se dit une fois de plus que Saga pourrait même plaire à une partie du public metal-prog.

Mais la signature de Saga chez Inside Out (une filiale de SPV) ne risque pas de changer grand chose à l'affaire : généralement classé dans le rock progressif, Saga se fiche pourtant pas mal des étiquettes et a toujours mélangé diférents styles (prog, FM, heavy, pop). Leur musique ne s'adresse pas directement aux fans de prog (nombreux sont ceux qui ne prennent pas leur musique au sérieux), ni aux fans de metal-prog (trop "vieillot" et pas assez métallique pour eux), donc aucune chance d'espérer une quelconque reconnaissance en France, et ce malgré la qualité indéniable de ce Trust.


Il doit exister une recette miracle chez Saga pour réussir à garder autant d'énergie et d'inspiration après tant d'années et seize albums au compteur. Pas de doute, les avis sont unanimes, c'est l'album que l'on attendait depuis House Of Cards, cinq ans quand même ! Réussiront-ils à faire aussi bien la prochaine fois ? C'est tout le mal qu'on leur souhaite.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7