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CHRONIQUE PAR ...

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Fishbowlman
Cette chronique a été mise en ligne le 30 décembre 2007
Sa note : 8/20

LINE UP

-Eddie Vedder
(chant)

-Stone Gossard
(guitare)

-Mike McCready
(guitare)

-Jeff Ament
(basse)

-Matt Cameron
(batterie)

TRACKLIST

1)Can't Keep
2)Save You
3)Love Boat Captain
4)Cropduster
5)Ghost
6)I Am Mine
7)Thumbing My Way
8)You Are
9)Get Right
10)Green Disease
11)Help Help
12)Bu$hleaguer
13)1/2 Full
14)Arc
15)All Or None

DISCOGRAPHIE

Ten (1991)
Vitalogy (1994)
No Code (1996)
Yield (1998)
Binaural (2000)
Riot Act (2002)

Pearl Jam - Riot Act
(2002) - rock Grunge - Label : Epic Records



Plus les années passent et plus Pearl Jam déçoit. L'arrivée de l'ancien batteur de Soundgarden, Matt Cameron, n'avait pas vraiment apporté le coup de fouet espéré sur Binaural. Matt Cameron chez Pearl Jam, on a beau essayer de se faire à cette idée (un peu comme Robert Trujillo chez Metallica dans un autre style), y'a rien à faire, il est difficile de s'habituer à cette association, de se dire que le batteur fait partie intégrante de l'identité du groupe. Son image restera associée à Soundgarden.

Fidèle à sa routine de sortir un album tous les deux ans, Pearl Jam continue de creuser un peu plus sa tombe à chaque album et de patauger dans un grunge-rock vaguement Neil-Youngien d'un autre âge, sans vie. Les hardos, nostalgiques de la hargne des trois premiers albums, ont lâché l'affaire depuis belle lurette. Reste les amateurs de rock (on va dire « indé » pour faire simple) qui continuent d'acheter les albums du groupe, plus par fidélité que par réelle conviction. L'espoir de retrouver le Pearl Jam qu'ils ont tant aimé jadis semble s'être envolé à tout jamais.

A sa sortie, Riot Act avait été plus ou moins annoncé comme un retour vers le son de No Code. Quand un groupe rame et tourne méchamment en rond, il est toujours bon de comparer le nouvel album à un ancien, peut-être pour se rassurer que tout n'est pas entièrement perdu. Et même problème que pour Binaural, Riot Act contient trop de titres, Pearl Jam a du mal à faire le tri, à retenir l'essentiel et à écarter ce qui apparaît comme anecdotique. Binaural avait encore l'avantage de contenir quelques morceaux très forts, ce qui lui permettait de faire la balance avec les morceaux médiocres. Alors que sur Riot Act, rien de particulièrement mauvais, mais on est bien en peine de trouver un morceau qui se démarque de la masse. Moyen quoi, Riot Act surpasse le pire de Binaural mais n'égale pas ses meilleurs moments. Rien de nouveau non plus, malgré l'utilisation régulière de claviers apportant une coloration 70's pas déplaisante.

Grossièrement, on a affaire à du No Code facile d'accès ; l'esprit d'aventure ayant complètement disparu. Encore et toujours les mêmes mélopées acoustiques ("Thumbing My Way" par exemple), oubliées aussi vite qu'elles ont défilé. Et pour les morceaux électriques, Eddie Vedder et sa bande apparaissent tellement à l'agonie, poussifs, incapables d'exprimer un semblant d'émotion... même les rares cris d'Eddie Vedder semblent forcés et manquent de conviction. Quand Pearl Jam tente d'accélérer les tempos ("Green Disease", "Save You", "Ghost"...), on cherche en vain un semblant d'étincelle, sans parler de la hargne, totalement absente... Il n'y a rien à dire face à un tel vide... toujours avoir à affronter ce terrible remplissage, ces éternels titres bouche-trous comme on en trouvait à la pelle sur Binaural.


On retiendra surtout l'excellent single "I Am Mine", très classique mais dont la mélodie se retient facilement, ainsi que l'acoustique pépère "All Or None" et les envolées de Vedder sur le refrain saupoudré de claviers de "Love Boat Captain". Oui, ça fait léger. Pour le reste, la flamme qui animait Pearl Jam à ses débuts est définitivement éteinte et ne semble pas prête de se rallumer.


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