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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Domenik Papaemmanouil
chant+guitare+claviers)

-Alex Katsiyiannis
(guitare+chant)

-Christos Kyrkilis
(claviers)

-Stratos Haidos
(basse)

-George Kanavaris
(batterie)

TRACKLIST

1)Soulrain
2)Stunned To The World
3)Empty Haven
4)Lullaby Of The Gods
5)Lasser
6)Live With It
7)Summerlonging Angels
8)S.E.P. (Self Extinction Project)
9)Riot Of Oblivion
10)21

DISCOGRAPHIE

Soulrain 21 (2004)
Self-Exile (2006)

Wastefall - Soulrain 21
(2004) - metal prog - Label : Sleazy Rider



Ayant découvert Wastefall avec Self-Exile (comme la plupart des gens) et ayant pris une sacrée claque (comme la plupart des gens), il fallait maintenant s'intéresser au reste de la discographie du combo grec qui monte qui monte. Soulrain 21 a été l'album de la révélation dans le pays d'origine du groupe, ouvrant la voie pour la carrière internationale qu'ils sont en train de commencer (rappelons qu'ils ouvrent pour Pain Of Salvation sur la totalité de leur tournée européenne cette année). Et à l'écoute de cet album fabuleux, on comprend très vite pourquoi le public grec a complètement craqué... car si Self-Exile est un très bon album, Soulrain 21 est pour sa part énorme.

Ce qu'il y a de bien avec les groupes de metal prog qui n'ont pas encore perdu leur inspiration, c'est que chaque album est une surprise. Soulrain 21 est vraiment très différent de Self-Exile, et comme ce dernier est l'album que vous avez le plus de chances de connaître, le jeu des contrastes et des ressemblances semble indiqué... Première chose, évidente : le son n'a pas grand-chose à voir avec ce qui viendra ensuite, à part le côté néo/thrash des guitares qui sont encore plus violentes. Mais le chant n'est pas mixé du tout de la même manière : il se fond aux instruments au lieu de tout dominer, et en général l'aspect propre de la prod de Self-Exile est absent, le tout sonnant cru tout en étant lisible et carré. Le jeu des musiciens est aussi différent : l'ancien bassiste slappe pas mal et la dose de groove est conséquente... le couplet de "Stunned To The World" enchaîne les ambiances funk-metal à la Faith No More et les gros riffs à la Rage Against The Machine avec bonheur, Domenik balançant un flow rap-agressif étonnant. Le refrain voit l'homme atteindre le point de rupture de sa voix tout en faisant passer l'émotion avant tout (comme toujours), et les riffs qui suivent pourraient faire jouir un public de hardcoreux. Bluffant!

Wastefall pourra toujours être taxé de clone de Pain Of Salvation par certains, le fait est qu'on reconnaît immédiatement la patte du groupe, et ce malgré l'évolution de style évoquée plus haut (à laquelle il faut ajouter un batteur très sobre et n'ayant rien à voir avec la moissoneuse-batteuse qui joue sur l'album suivant). L'approche est précise et pensée, et les ambiances distillées par la paire Papaemmanouil/Katsiyiannis sont très typées. On trouve sur Soulrain 21 beaucoup de plans semi-contemplatifs ou les accords tenus de guitare servent de terrain de jeu au chanteur surdoué, les riffs écrasants et les breaks incongrus servant de liant à la sauce. La part de métal est très forte : écoutez la partie centrale de "Empty Haven" et vous comprendrez... et quand les riffs en twin lead laissent place à une partie orientale où le chant de Domenik se fait à la fois imprécatoire et agressif, auréolé de guitare et de cithare, c'est juste très beau. Concernant les interludes instrumentaux, l'intro "Soulrain" est une très jolie entrée en matière superposant les mélodies de guitare et de violon avant de balancer méchamment la sauce mais "Lullaby For The Gods" ne présente pas vraiment d'intérêt, sauf pour les accros aux musiques de Final Fantasy.

L'album part sur les terres de l'ambient-electronica avec succès dans un "Lesser" hypnotique et torturé, qui repart dans le metal-prog sans prévenir à mi-chemin. Ce titre est presque emblématique du groupe : l'émotion passe avant tout et c'est pour ça que c'est bon. "Live With It" présente ainsi superbe une mélodie d'intro qui laisse place à des riffs néo-hardcore monstrueux... et quand le groupe lâche la pleine puissance à la fin c'est presque indescriptible tant c'est intense. On trouve aussi deux chansons acoustiques sur le disque : si "Summerlonging Angels" est assez quelconque (Angra a fait la même en mieux), la ballade "21" - dédiée aux vingt et un enfants morts dans un accident de car qui a retourné la Grèce - est jolie de bout en bout, le choeur final collant même limite le frisson. En fait cet album montre un Wastefall capable d'assurer dans tous les domaines : la pièce géniale de dix minutes qu'est "Riot Of Oblivion" lie ambiances arabes et sirtaki-métal (!!) avec un succès insolent, tout en confirmant une fois encore les points forts habituels de l'album : puissance (c'est l'album de prog-metal le plus violent que je connaisse avec Train Of Thought), facilité désarmante à enchaîner les ambiances, intensité émotionnelle fantastique et interprétation sans faille. Que c'est bon...


À part un instrumental et une ballade en-dessous du lot, Soulrain 21 propose donc une musique époustouflante de maîtrise et de qualité, surtout pour un deuxième album. Si Self-Exile est un très bon recueil de chansons, ce disque est tout simplement le manifeste d'un groupe qui n'a certainement pas fini de nous faire vibrer. Soulrain 21 est un achat obligé pour tout fan de métal prog qui se respecte, que cela soit dit! Allez, je me le remets...


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