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CHRONIQUE PAR ...

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Dr Gonzo
Cette chronique a été mise en ligne le 18 janvier 2008
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Dave Wyndorf
(chant+guitare)

-Ed Mundell
(guitare)

-Jim Baglino
(basse)

-Bob Pantella
(batterie)

TRACKLIST

1)4-Way Diablo
2)Wall Of Fire
3)You're So Alive
4)Blow Your Mind
5)Cyclone
6)2000 Lightyears From Home
7)No Vacation
8)I'm Calling You
9)Solid Gold
10)Freeze And Pixelate
11)A Thousand Stars
12)Slap In The Face
13)Little Bag Of Gloom

DISCOGRAPHIE


Monster Magnet - 4-Way Diablo
(2007) - rock stoner "a little thrashy psycho garage" - Label : SPV




Dave Wyndorf n’est pas mort, mais il a bien failli. Et pour prouver à la face du monde et peut-être aussi à lui-même qu’il est encore bien vivant, il décide de rameuter ses copains pour enregistrer en condition presque live 4-Way Diablo. Ce nouvel album offre un son plus direct et agressif mais reste dans un terrain relativement connu. Le signe qui ne trompe pas: la pochette est aussi moche que les précédents albums.


Tout heureux donc d’être revenu d'une overdose (aux drogues tout ce qu’il y a de plus légales, soit dit en passant), le frontman de Monster Magnet se permet même de chanter avec "You're So Alive" la vie et les oiseaux qui gazouillent – « «Goddamn, life is good and nature is a wonderful thing/The sweet sight of you huffin' and puffin' is enough to make a birdie sing» »- le temps d’une tranche de rock alliant un sens certain du groove et quelques passages fortement inspirés du "Dirty Deeds Done Dirt Cheap" d’AC/DC. Mais une fois cet hymne à l’existence clamé haut et fort, c’est à une fournée de power-rock/punk-garage au goût plus qu’amer qu’aura droit l’auditeur innocent.

Dave Wyndorf choisit donc d’enchaîner les morceaux « in your face » et fait dans l’archi-classique. Ses récentes mésaventures redonnent l’urgence et la rage qui manquaient aux derniers albums du groupe, et ce 4-Way Diablo apparaît comme un sursaut après de longues années où une certaine lassitude a pu transparaître. À cela s’ajoute une production sèche et nerveuse, qui reste toutefois à quelques années-lumière de leurs débuts cradingues ; Monster Magnet semble tenir à ses penchants catchy tout en gardant une touche plus déprimante et moins lisse que sur Monolithic Baby ou Power Trip. Mais sans cette composante dépressive limite morbide ("I’m Calling You" aurait pu n’être qu’un morceau passable s’il ne sentait pas si fort le malaise vécu), il faut reconnaître que les trois-quarts de l’album seraient sans relief ni saveur.

Entre hard pop digne d’Aerosmith dans leurs meilleurs jours (le refrain sur "Slap In The Face") et riffs acides qui auraient dû figurer sur le dernier album des Stooges, 4-Way Diablo se pose comme un instant de rock’n’roll succulent et fort couillu, mais rien de plus. La reprise de "2000 Light Years From Home" des Rolling Stones passe pour anecdotique (seul un travail sur le son est à noter, et encore la guitare électrique gâche ici un peu l’atmosphère) et les tentatives de retrouvailles avec le psychédélisme sonnent parfois creux – l’instrumental "Freeze & Pixelate" est en revanche une incontestable réussite. Beaucoup d’effets sont assez dispensables : les couilles posées sur la table ont eu raison du grain de folie qui permettait à Monster Magnet de se démarquer.

On peut accorder à ce septième album de Monster Magnet le tour de force de sortir un album à la fois profondément mélancolique, donnant néanmoins la pêche, ce qui n’arrive pas souvent admettons-le. Le reste du groupe assure et délivre le lot de breaks, de rythmiques lourdes, de solos pertinents, et de swing qui s’impose. Et swinguer avec amertume comme le font si bien "Solid Gold" ou "A Thousand Stars" est un luxe que peu de groupes peuvent se permettre, et le groupe de Wyndorf réaffirme ainsi une certaine altitude par rapport au commun de la production actuelle.


En conclusion de ce disque, "Little Bag Of Gloom" apporte le point final à cette débauche désespérée d’exubérance et d’adrénaline. Il est assez difficile de concevoir comment Wyndorf pourrait revenir avec crédibilité à cette forme de rock excessif ; il tourne avec ce morceau la page avec sincérité, et le désenchantement semble avoir pris définitivement le dessus sur l'irresponsabilité et la fureur de vivre.


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