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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Andi Deris
(chant)

-Michael Weikath
(guitare)

-Sacha Gerstner
(guitare)

-Markus Grosskopf
(basse)

-Dani Löble
(batterie)

TRACKLIST

CD 1
1)Intro
2)The King For A 1000 Years
3)Eagle Fly Free
4)Hell Was Made In Heaven
5)Keeper Of The Seven Keys
6)A Tale That Wasn't Right
7)Mr Torture
8)I Could Fly
9)Power

CD 2
1)Future World
2)The Invisible Man
3)Mrs God
4)I Want Out
5)Dr. Stein
6)Occasion Avenue
7)Halloween

DISCOGRAPHIE


Helloween - Live In Sao Paulo
(2007) - mélodique speed metal - Label : SPV



Quel culot, tout de même. Sortir un double CD estampillé Keeper Of The Seven Keys était déjà sacrément gonflé, avec les trois cinquièmes du line-up d’origine partis sous d’autres latitudes, le créateur du concept y compris. Mi-figue mi-raisin, The Legacy ne rendait qu’à moitié honneur, il faut l’avouer, à l’ambition des citrouilles. Pas stressé pour autant, Helloween boucle aujourd’hui la boucle de la nostalgie avec un témoignage live qui redresse nettement la barre. Histoire de conclure l’aparté sur une note exceptionnelle. Genre grands seigneurs. Le pire, c’est que ça marche.

Et quoi de mieux, pour finir le cycle des Keepers, qu’un petit best-of des familles ? C’est là qu’Helloween fait preuve de goût, car la set-list de ce Live In Sao Paulo ressemble très fortement à ce que pourrait être la meilleure combinaison possible des titres des Allemands. Bien entendu, c’est tout un pan de leur riche carrière qui passe littéralement à la trappe (la période post-Keepers jusqu’à Master Of The Rings, en gros) mais soyons honnêtes : face à la ribambelle de tubes issus du cycle des Keepers, il n’y a pas de regret à avoir.

Ce sont donc les meilleurs morceaux du dernier opus qui ont été choisis, révélateurs d’une certaine tendance pseudo-progressive prise par la musique du groupe ces dernières années. "The King For A 1000 Years" parle de lui-même : le morceau le plus alambiqué de la carrière d’Helloween fait ainsi figure d’ouvreur, magistralement interprété. Idem pour "Occasion Avenue", dont la partie centrale, trop longue, est un peu moins ennuyeuse en concert que sur album. Probablement grâce à la contribution latine – comprendre : très vivante – du public brésilien. Ambitieux programme, n’est-ce pas ? Et que dire alors de ce fabuleux "Keeper Of The Seven Keys", au souffle épique toujours aussi majestueux près de vingt ans plus tard ? Et de ce "Halloween" que l’on croyait définitivement disparu ? Quatre gros morceaux comme ceux-là, ça sent le clin d’œil. Que les fans en profitent, ça ne se reproduira pas de sitôt.

Mais que serait Helloween sans ses hymnes happy-metal ? Ca tombe plutôt bien, ici ils sont tous rassemblés. La plupart, comme de par hasard, provient d’une certaine trilogie bien connue : "Future World", "I Want Out", "Dr Stein", "Mrs God"… Mais aussi "Power", seul extrait de Time Of The Oath, ou encore "Mr Torture", et ses riffs grassouillets de la période The Dark Ride… Tout est là. Ces morceaux sont taillés pour le live et l’excellente production de Charlie Bauerfeind les rend plus sautillants que jamais. Dernière surprise, la douce "A Tale That Wasn’t Right" qu’Andi Deris s’approprie à merveille.

Sur cet épineuse question, votre serviteur ne sera pas aussi vindicatif que bien des nostalgiques de la période Kiske. Andi Deris a un style totalement différent, mais il parvient sans nul doute à donner une autre personnalité aux titres jadis chantés par le blondinet à la voix d’or. En constante amélioration, ses performances surpassent sur un titre comme "Eagle Fly Free" celles du High Live, dont il n’avait d’ailleurs pas à rougir. Les pointes de voix de "Occasion Avenue" ou de "The King For A 1000 Years" sont par exemple rendues à la perfection. Les versions ainsi revues et corrigées de "Future World" ou de "I Want Out" valent le coup d’oreille. Il suffit d’écouter le public de Sao Paulo l’acclamer pour constater que sa présence est de toute façon bel et bien acceptée.

Ses compères ne sont pas en reste, et l’effectif rajeuni du groupe montre une grande solidité. Dani Löble ne craint personne en double grosse caisse, tandis que Sacha Gerstner remplace admirablement Kai Hansen, que ce soit pour sa capacité à reproduire les soli d’antan ("Halloween", "Keeper Of The Seven Keys", etc.) ou pour sa propension à en composer ("The Invisible Man", "The King For A 1000 Years"). Plus important, Helloween reste fidèle à sa réputation de groupe communicatif et avenant. L’échange avec le public sur "Future World" prête nécessairement à sourire.


Que dire de plus ? Excellent dans l’interprétation, dans la production, dans le rendu énergique du live, malgré les nombreux samples, et surtout dans la set-list, il est incontestable que ce double album doit figurer dans la discographie de tous les Hello-fans. Même ceux qui, comme votre dévoué chroniqueur, ont été déçus par The Legacy, trop mercantile et empli de morceaux bouche-trous pour être totalement honnête, vont être ravis à l’écoute des nombreux joyaux de ce live. "If I Could Fly" aurait peut-être pu être avantageusement remplacé par un "How Many Tears", et alors c’eût été la perfection. Mais ne chipotons pas. L’autre bonne nouvelle, c’est qu’après avoir ainsi bouclé la boucle, les Allemands ont désormais une pression d’innovation pour leur prochaine parution. Espérons qu’ils relèveront le défi avec le même brio.


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