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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 28 juin 2009
Sa note : 20/20

LINE UP

-Fat Mike
(chant+basse)

-El Hefe
(guitare+trompette)

-Eric Melvin
(guitare)

-Erik Sandin
(batterie)

TRACKLIST

1)The Decline

DISCOGRAPHIE


NOFX - The Decline (EP)
(1999) - punk rock - Label : Epitaph



Posé les jambes étendues, croisées au niveau des chevilles, à ressasser les accomplissements déjà effectués avec toute la modestie qui se doit de caractériser un punk rockeur. Voilà comment Fat Mike devait se trouver lorsqu’il eut l’idée de "The Decline". 7 albums, un live, des minis. Tous acclamés ou presque. Mouais, pas mal tout ça mais il pouvait faire mieux. Probablement dans un état second dû à la drogue et l’alcool, il se penche sur sa prochaine création. Les lignes s’amoncellent, les idées fusent de toute part. Tant et si bien que son prochain album ne contiendra qu’une seule chanson. De 18 minutes 26.

Voilà le pari insensé auquel s’attelle Fat Mike lorsqu’il compose "The Decline". NOFX, groupe de punk rock varié, mais conceptuellement ras le front et n’ayant que peu de goût pour les chansons dépassant les 3 minutes va donc faire un titre plus long, et pas qu’un peu. Excessivement long, même pour des standards progressifs, qualificatif que l’on pourrait se laisser aller à accoler à cette chanson, "The Decline" marque ni plus ni moins que rien dans la carrière du groupe pourtant. Il n’a jamais fait pareil auparavant, il ne fera jamais pareil. Un simple aparté donc. Et un putain d’aparté ! D’une ambition absolument démentielle et proche de la vanité, du péché d’orgueil, cette chanson va pourtant s’accrocher au légendaire.

Elle sera une plaie aussi. Car le groupe très peu rompu à un tel exercice éprouvera les plus grandes peines du monde à enregistrer ce pavé monumental et ce n’est que récemment, sur la tournée de 2009, 10 ans après la sortie, qu’il la jouera enfin en entier sur scène. A l’écoute de l’album, on comprend leurs difficultés. La longueur titanesque pour du punk rock a dû être sacrément difficile à digérer pour des musiciens rompus à l’exercice de la rapidité courte. Ensuite, la richesse de la composition a probablement dû les estomaquer. En tout cas, l’auditeur l’est lui la première fois qu’il écoute cet album. Ne voyant la fin jamais arriver, il s’inquiète, ses sens sont désorientés, il ne comprend pas vraiment ce qui se passe.

Mais il sent bien qu’il y a quelque chose qui se passe. Des passages l’accrochent immédiatement - et comment avec de telles mélodies ! - d’autres le contentent en punk rock véloce. Toutefois, cette première écoute est rude. Les suivantes le sont encore, quoique la croûte épaisse se fissure lentement et laisse apparaître le joyau. Car c’est bel et bien d’un joyau aux mille couleurs dont il s’agit. D’estomaqué, on passe à ravi puis ensuite béat pour arriver au stade final du sourire crétin. Bordel de chiottes qu’on prend son pied ! C’est simple, tout est passé en revue. Riff punk rock très simple sur fond de boum boum soutenu, mélodie ravageuse, chant doublé, refrain, passages groove, changements de rythme, changement d’ambiance, assassinat mental permanent.

Les soli de basse ne peuvent laisser de marbre, ils sont merveilleux. Les riffs déboulent, changent et restent toujours à un niveau d’excellence extraordinaire. Le chant est ce qu’il est, c’est-à-dire Fat Mike et ses lacunes, mais l’important n’a jamais été ici chez NOFX et il ne gêne en aucune façon l’écoute. Le groupe fait même le coup des 2-3 minutes ultra calmes avant de repartir pour l’apothéose finale et terminer sur une boucle inlassablement répétée. Boucle qui sera déjà apparue 2 fois en avant pour marquer les refrains et structurer la chanson. Les paroles sont en plus étonnamment sérieuses et justes. Finalement, après de multiples écoutes et bien plus encore, cette chanson s’est installée dans notre vie pour ne plus la quitter. Un sacré coup de génie.


En dégoupillant ce qui est sans aucun doute possible sa plus extraordinaire création, NOFX a mis le monde à ses pieds en s’appropriant le respect et l’admiration d’un public absolument pas punk rock grâce aux qualités incommensurables de "The Decline". En fait, pour votre serviteur, il s’agit même de LA Chanson. Et elle mérite l’écoute de tous, rien qu’une fois, pour essayer. C’est un cercle, la figure parfaite. Seul le son parfois un peu léger (la caisse claire) pourrait y mettre des rides. Mais non.


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