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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Fat Mike
(chant+basse)

-El Hefe
(guitare+trompette)

-Eric Melvin
(guitare)

-Erik Sandin
(batterie)

TRACKLIST

1)60%
2)USA-Holes
3)Seeing Double At The Triple Rock
4)We March To The Beat Of Indifferent Drums
5)The Marxist Brothers
6)The Man I Killed
7)Benny Got Blowed Up
8)Leaving Jesusland
9)Getting High On The Down Low
10)Cool & Unusual Punishment
11)Wolves In Wolves' Clothing
12)Cantado En Espanol
13)100 Times Fuckeder
14)Instant Crassic
15)You Will Lose Faith
16)One Celled Creature
17)Doornails
18)60% (Reprise)


DISCOGRAPHIE


NOFX - Wolves In Wolves' Clothing
(2006) - punk - Label : Fat Wreck Chords



Tu es jeune, tu aimes éprouver du kif ? Du fun ? Ou même faire des trucs de ouf ? Tu es donc un djeunz et tu aimes la musique de RebElZ. Pour toi la musique elle est trop violente et elle fait fuir tes renps' car ils sont trop relous et has been. Tu apprécies donc NOFX car NOFX c'est du punk rock et c'est violent « boum boum » mais quand même mélodique parce que bon, faut pas que ça fasse mal aux oreilles non plus. Pourquoi écrire une telle intro ? Tout simplement car NOFX c'est ça, enfin, c'était ça. Le groupe a maintenant plus de 20 ans de bouteille et ses membres approchent sérieusement les 40 ans (si ce n'est déjà dépassé).

NOFX maintenant c'est de la musique d'une diversité hors norme pour du punk rock et ça forcément, ça fait fuir le djeunz RebElZ. Car oui, il suffit d'entendre "60%", formidable chanson d'ouverture sur un ton bluesy surprenant (ou pas, NOFX a déjà flirté avec le genre sur White Trash, Two Heebs And A Bean) et qui voit Fat Mike, le séculaire leader, bassiste du groupe, clamer qu'il n'est pas là pour nous amuser, mais que c'est simplement sa vie. De la nostalgie ? Le blues ? Peut-être qu'il se fait rattraper par l'âge et que les conneries sont plus derrière lui que devant maintenant. En tout cas, une chose est certaine, le groupe continue de nous étonner après un The War on Errorism qui était lui-même étonnamment peu accessible (comprendre qu'il fallait plusieurs écoutes pour l'apprécier pleinement). Et le groupe continue de poursuivre son développement même après une bonne douzaine d'albums. C'est en soi déjà remarquable que de ne pas manquer de souffle après une si longue carrière dédiée au punk rock. Et ce souffle se retrouve donc dans une musique toujours plus diversifiée.

En plus du blues initial, NOFX va voir du côté de la montée en puissance sur "The Marxist Brothers" s'il y est, de l'espagnol sur la très bien nommée "Cantado en Español", du gros délire avec l'hilarante "Instant Crassic" dont les paroles valent leur pesant de cacahuètes et même du poignant acoustique sur "Doornails" avec ses paroles emplies d'une mélancolie poignante. Il y a bien évidemment aussi de la place pour du bon vieux punk rock mélodique, c'est la base du fonds de commerce de notre troupe préférée, mais toujours dans un mid-tempo tout à fait soutenable. Point de « boum boum » sauf sur "You Will Lose Faith". Autre nouveauté, les choeurs nettement plus nombreux avec de nombreuses interventions du toujours très mauvais chanteur Eric Melvin et du plus acceptable El Hefe en backing vocals ou en soutien. Le chant puisqu'on y est, toujours assuré par Fat Mike évidemment dont on peut noter quelques progrès, mais ce n'est pas là le point le plus important, est bourré de bonnes idées. On sent réellement que Fat Mike « expérimente » avec ses moyens au chant pour proposer des mélodies entraînantes et originales. Il y a quasiment sur chaque chanson une bonne idée à ce niveau.

Après 20 ans, il y a de quoi dire bravo en clapant des 2 mains. Nos gaillards régalent les tympans de leurs fans et pourront pourquoi pas s'en attirer de nouveaux vers des horizons plus éloignés du public punk rock puisque la qualité de l'interprétation est somme toute de bon niveau et surtout les compositions font montre d'un réel talent d'écriture de part leur diversité et leur recherche. Chaque riff, ligne de basse, de chant ou partie de batterie sonne juste. Y a-t-il des choses qui clochent alors ? Oui, quand même. Si NOFX se diversifie, il en oublie que le punk rock doit bénéficier d'un rythme soutenu, et cela n'arrive que sur une piste. Léger. D'un autre côté, il y a beaucoup de compensation ailleurs. On peut aussi reprocher au groupe de ne pas sortir LA chanson qui tue. Il y a du très bon, c'est certain, mais il n'y a pas de titre mythique comme "The Separation of Church and Skate" sur le précédent album ou "Theme From a NOFX Album" sur Pump up the Valuum. Malgré ces absences, il y a toujours ce goût de reviens-y sur l'album, ce qui prouve le niveau élevé de la galette ici présente.


Alors ? Alors toujours du (très) bon NOFX, avec moins la patate mais avec des plaisirs plus variés. Le fan a de quoi être décontenancé, mais cela reste du NOFX. Un achat hautement recommandable en tout cas.


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