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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 10 février 2008
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Charly Steinhauer
(guitare+chant)

-Kai Pasemann
(guitare)

-Olly Keller
(basse)

-Roland Jahoda
(batterie)

TRACKLIST

1)Second Over Third By Force
2)Paralyzed
3)Monument
4)Portrait In Grey
5)Hyperspeed Hallucinations
6)Bridge To Silence
7)Infected
8)Disconnected
9)Cyberspace Romance
10)Electrify

DISCOGRAPHIE

Electrify (2008)
Riot Squad (2009)
Tales of the Weird (2012)

Paradox - Electrify
(2008) - power thrash - Label : AFM Records



Selon toute vraisemblance, l'année 2008 sera placée sous le sceau du thrash. Tandis que les jeunes loups continuent leur percée, on devrait en principe assister au grand retour (scénique ou discographique) de pointures comme Testament, Death Angel, Heathen et autres Forbidden. Au milieu de ces légendes, on en aurait presque oublié la nouvelle offrande d'un groupe moins clinquant mais dont le come back fait vraiment chaud au coeur : Paradox, qui revient aux affaires avec l'excellent Electrify.

4 albums en 20 ans : une carrière aussi atypique que celle de Paradox mérite bien un bref résumé. Apparus sur la scène thrash à la fin des années 1980, les Allemands sont très rapidement catapultés au rang de grand espoir de la catégorie grâce à 2 opus fulgurants, qui leur vaudront bon nombre de distinctions honorifiques. Avec son légendaire sens de la modération, l'hebdo anglais Kerrang ! ira même jusqu'à les qualifier de nouveaux Metallica. Malheureusement, en proie aux difficultés habituelles (changements incessants de line-up, querelles avec le label, motivation en berne), Paradox jettera l'éponge un peu hâtivement. Le groupe fera un premier come back remarqué en 2000, avec un Collision Course en phase avec son époque et unanimement acclamé. C'est alors qu'une incroyable série de décès viendra frapper l'entourage proche du leader Charly Steinhauer, qui lui-même frôlera la mort en raison d'une grave infection intestinale. Enfin sorti d'affaires et de nouveau animé par le feu sacré, celui-ci a finalement réactivé son bébé, bien décidé à rattraper le temps perdu.

Loin de se contenter de remettre ses vieilles recettes au goût du jour, Paradox a visiblement choisi d'aller de l'avant. Pour illustrer une histoire qui a pour fil rouge Internet et son influence sur les gens, Steinhauer (qui s'est chargé en personne de la production, laissant le mixage au renommé Jacob Hansen) a donc opté pour un son moderne. La batterie sonne ainsi très synthétique, rappelant les combos de cyber metal comme Mnemic. On a également l'impression que Paradox s'est cette fois inspiré de groupes plutôt récents, comme System Of A Down. On retrouve certains aspects de l'œuvre des Arméniens à travers des harmonies vocales (l'interlude "Paralyzed" ou le pré-refrain de "Monument"), ainsi que sur plusieurs gimmicks de guitare comme au début de "Bridge To Silence". Maintenant, le groupe n'a pas non plus viré sa cuti, et on retrouve aussi les influences traditionnelles comme Metallica, idole parmi les idoles de Charly Steinhauer. Ecoutez le passage « It's not the same, it fades away » sur "Portrait In Grey" : on jurerait entendre James Hetfield !

En revanche, niveau qualité de composition, Paradox ne doit rien à personne et vient une nouvelle fois de frapper un grand coup. Le groupe nous offre 10 titres de haut niveau, et en prime très variés. On retrouve bien sûr l'habituelle spécialité de Paradox, à savoir un thrash nerveux mais accessible, agrémenté de refrains catchy très power metal dans l'âme. Avec des brûlots comme "Second Over Third By Force", "Monument" ou "Infected", Steinhauer nous prouve qu'il n'a absolument rien perdu sa patte. Mais plus que par le passé, Paradox a cherché à varier son propos. Témoins de cette volonté, des morceaux tels que l'imparable mid tempo saccadé "Portrait In Grey", un "Hyperspeed Hallucinations" qui porte très bien son nom avec sa rythmique à la Iced Earth, ou l'excellent "Bridge To Silence" et son refrain tourmenté. Plus étonnant encore, il y a même une power ballade très réussie avec "Cyberspace Romance" ! Autre point fort de cet album, un agencement des titres vraiment bien conçu : c'est bien beau de disposer de très bons titres, encore faut-il les placer dans le bon ordre. C'est le cas ici, avec en dernière position un "Electrify" assez classique, mais dont le refrain très cool referme l'album en douceur.


Avec Electrify, Paradox affiche une forme éclatante et s'offre un retour par la grande porte. Et comme le disait de vieilles pubs pour La Poste de sinistre mémoire, « Pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle » ! En combinant une base old school avec une vision plus moderne du thrash, et en y rajoutant des éléments heavy pas désagréables du tout, les Allemands s'offrent un joli créneau qui devrait leur garantir un avenir radieux. Espérons maintenant que leur prochaine sortie sera un peu moins espacée dans le temps !


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