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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 09 juin 2015
Sa note : 13.5/20

LINE UP

INFECTED SOCIETY :
-Brédin
(chant)

-Fack
(guitare+programmations)

-Gauth
(basse)

ANAL PENETRATION :
-Nydoom
(Tout)

VxPxOxAxAxWxAxMxC :
-Franz Stockreiter
(chant)

-Werner Kniesek
(guitare)

-Wolfgang Ott
(basse+programmations)

TRACKLIST

INFECTED SOCIETY :
1) Organ burst 
2) Everybody's guilty
3) Acid-disfigured whore 

ANAL PENETRATION :
1) Cunts to the slaughter
2) Bummed in eden 
3) Fuck off

VxPxOxAxAxWxAxMxC :
1) Mucus of a giant anal papilla (live) 
2) The daily shower of a concentration camp prisoner (live)

DISCOGRAPHIE


VxPxOxAxAxWxAxMxC + Anal Penetration + Infected Society - Snuff fetish infection (Split) (réédition)
(2015) - grindcore - Label : Kaotoxin



- Boucher/Tripier  'Au bon ragoût' bonjour !
- Bonjour Monsieur,  j'ai un gueuleton à la bonne franquette ce soir, il me faudrait quelque amuse-bouche pour l'occasion. Que proposez vous dans les abats pour accompagner le tord boyaux prévu ?
- Hé bien ma chère, laissez moi vous proposer une petit assortiment bien goutteux de trois morcifs de bidoche, c'est un panier que l'on ressort pour fêter les retrouvailles des bestiaux qui avaient fait la tournée européenne des squats.
- Ha ok, ça ressemble quand même à de la remballe vot'truc là ! Un vieux panier dégarni en K7 redécoupé CD pour l'occasion ?
- Tout à fait ma petite dame, laisser moi vous détailler le tout.... 
»


Et bé ! Le monde du grind est bien vivant. Une sortie K7 écoulée à 500 exemplaires voit sa réédition au format CD (rien que ça). Même s'il est également possible de se procurer une édition digitale sur le bandcamp du label, la réédition CD fait un peu office de cerise sur le gâteau dans le puits sans fonds des éditions de splits, EPs, démos et autres matériels que les groupes de grind peuvent proposer pour exister. Clairement, le double enjeu est de proposer du collector et de faire promotion à tout va des trois groupes qui, réunis, donnent tout de même de la gueule à la release. Puis de grappiller quelques cents à réinvestir si possible. Trois petits phénomènes du gore/porno/grind présentés sous leur meilleur hospice (si si ça s'écrit ainsi) en huit titres et quinze minutes pour confirmer, séduire, vomir, rire et gigoter sa carcasse. Honneur aux franchouillards d'Infected Society qui correspondent parfaitement à l'image du mouvement grind français (très vivant quoiqu'on en dise) : engagés (ou plutôt désengagés), contestataires et franchement très punk dans l'approche bruyante (musicale) de leurs compositions. On sent bien la macération et la colère du trio. Les morceaux sont bien construits et la réalisation est génialement dégueulasse, il faut bien le dire ; mettant ainsi de suite à contribution l'oreille mielleuse que l'on porte sur le disque.
On peut ainsi naturellement enchaîner par le fou dingue des Pays bas : 
Nydoom et son simple Anal Penetration. Cette fois il n'y a plus d'équivoque et le défoulement du mec prend toute sa mesure dans les trois séances de catharsis gore proposées. Une fois de plus, hormis un son de programmation peut être trop cheap, le cliché snuff explose à nos oreilles : c'est violent, bourrin, jusque boutis-te et parfois même bruitiste , ça met mal à l'aise et c'est agréable... Et puis ça dure moins de quatre minutes. De la bonne « défoulade »! On finit, déjà,  par le haut (de cœur) du panier : VxPxOxAxAxWxAxMxC (copié/collé mon ami !) et ses deux compositions live plutôt bien produites. Paradoxalement, ces deux compos perdent un peu de l'abjecte que sait donner le groupe sur ses démos, autres matos « studios » et autre iconographie (quel joli mot pour ce qu'on en voit). Le coté live et donc humain émerge de la tripaille et colorise les compositions que l'on s'enfile d'habitude moisies et noircies. Même si ça reste de la très bonne came, manque le visuel qui pourrait équilibrer le ressenti. Une solution toute simple est alors de se feuilleter le livret CD (le cadeaux Bonux) et tout devient fluide (dans son sens le plus organique possible). Le grind ça se voit, mais ça ne s'écoute pas live (même si on peut croire - à tort- que pas mal de release sont le fruit d'une unique prise studio).

« - Alors ma p'tite dame, elle me le prend mon panier dégarni ou elle se contente de tripes sous vide ?
- Oh oui alors ! Ces huit tranches bien grasses sauront combler les palais râpeux de mes convives, et puis ça s'accompagne très bien avec la villageoise. C'est finalement une très bonne idée de proposer de nouveau ce met à gourmet.
- Bien, vous faites le bon choix. Ce panier Snuff Fetish Infection a le goût que l'on attend lorsqu'on veut s'enfiler ce type de barbaque. Pas de surprise, mais pas de déception, et puis l'écrin boitier cristal ça à plus de gueule qu'une clé USB et puis c'est aussi plus dure à s'enfiler 
». 


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