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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 29 juillet 2015
Sa note : 14/20

LINE UP

-Gavin Grave
(chant)

-Duncan Pardue
(basse)

-Kennon Pearson
(basse)

-Ryan Reedy
(basse)

-Joey Colvin
(batterie)

TRACKLIST

1) Will To Live
2) Alive Within
3) Extinction Level Event
4) Layers Of My Flesh
5) Destroyer
6) Entropy

DISCOGRAPHIE

The Catalyst (2015)

Extinction Level Event - The Catalyst
(2015) - metal prog Djent trio de bassistes - Label : Auto-production



Cette chronique n’aura bien évidemment aucun lien avec un quelconque album d’un éventuel rappeur américain connu sous le nom de Busta Rhymes. Non pas que celui-ci ne soit pas digne d’être chroniqué, mais le groupe américain Extinction Level Event mérite une attention toute aussi grande pour une raison : c’est ce qu’on appelle un « All-bass band » . Explications.

Dans votre tête, l’archétype d’une formation de metal est composé au minimum d’un chanteur, d’un ou deux guitaristes, d’un bassiste et d’un batteur, éventuellement d’un claviériste en plus. Pour vous, la présence d’un guitariste est extrêmement logique et il serait inconcevable de se passer de ses services. Eh bien, le groupe de Winston-Salem a tenté le pari en mettant complètement à part ce genre de « gratteux ». A la place ? Tout simplement trois bassistes. Non, vous n’avez aucun problème ophtalmologique. Trois bassistes qui font tout le taf. Mais alors pourquoi trois quand parfois un seul ne sert pas à grand-chose ? Ne vous y méprenez pas, les basses ne sont pas là juste pour rajouter de la lourdeur et se chevaucher pour ne faire qu’une. Il y en a toujours deux qui font les rythmiques principales, et une qui crée une ambiance, une touche un peu plus atmosphérique et profonde en jouant sur les cordes plus aiguës, amenant donc des petites notes légèrement en retrait, même si elle n’hésite pas à rejoindre ses acolytes lors de passages un peu plus vigoureux.
Sorti au début du mois de mai 2015, The Catalyst est le premier produit de la marque ELE. Six chansons sont donc à l’honneur pour un total de vingt-deux minutes, et un album à deux vitesses. Une première dichotomie se fait avec les trois premiers titres. Relativement calmes et sans véritables coups d’éclat, ils ne laisseront pas une trace indélébile dans votre esprit. Parvenant à créer une certaine continuité, ils auraient même pu former une seule chanson, mais sa longueur aurait pu rebuter. La deuxième partie propose déjà un rythme plus soutenu avec la très bonne "Layers Of My Flesh", ses riffs plus percutants et le jeu complètement désorganisé du batteur. La première véritable bonne chanson ici, même si elle semble se répéter un peu. "Destroyer" n’est pas à écarter, ne serait-ce que pour sa composition qui ralentit le tempo au fur et à mesure. Enfin, l'excellente "Entropy" et son clip aussi décalé que farfelu nous propose quelques mélodies bien sympathiques aux teintes progressives et aux plans un peu plus rentre-dedans.
En ce qui concerne les influences, on en a tout d’abord une première d’une flagrance sans nom : Meshuggah. Pas étonnant pour un groupe qui se revendique djent, c’est sûr. Mais là où le bât blesse, c’est au niveau de la voix qui est la copie parfaite de celle de Jens Kidman. On en vient même à se demander s’ils n’ont pas utilisé de samples du groupe suédois. Tout ça apposé sur les rythmiques syncopées/déstructurées et le son à la fois grave et lourd des basses, on se retrouve en plein dans la période Chaosphere/Nothing des années 2000. Le son étant bien évidemment moins grave chez Meshuggah en raison de la présence des guitares. Sinon, on note un petit rapprochement avec la formation de djent Plurals – la guitare en plus et la voix en moins – et la bande de deathcore technico-progressif Atherial au niveau de la percussion de la basse. Mais de toute façon à quoi bon, puisque les deux dernières citées sont inévitablement inspirées par « le premier groupe ».
Avec cette première sortie, ELE a réussi l’exploit de nous prouver qu’une guitare n’est pas forcément l’élément indispensable pour jouer du metal de bonne qualité. Bon, bien sûr, ça manque un peu de groove et de punch, mais a priori, ce n’est pas dit que le groupe cherche à créer cela. Reste à voir s’ils vont réussir à maintenir leur credo ou s’ils vont finalement succomber à la tentation de rajouter une guitare, d’autant plus qu’un des trois bassistes s’est fait la malle après l’enregistrement de l’EP. Pourquoi ne pas recruter Evan Brewer ?




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