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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 14 août 2015
Sa note : 11/20

LINE UP

-Chris Rowden
(chant+guitare)

-Karl Hartwig
(guitare)

-Aaron Pickersgill
(basse)

-Francis Keil
(batterie)

TRACKLIST

1) Unfending Grey
2) Riverbeds Hewn in Marrow
3) The World Inherited
4) The Chords that Thrum Beneath the Earth
5) Every End is Fated in its Beginning
6) The Waves Forever Shatter Upon Our Shores
7) Carried Apart by the Ceaseless Tides

DISCOGRAPHIE

Cloak of Ash (2015)

Hope Drone - Cloak of Ash



Certains groupes aiment bien annoncer la couleur d'emblée. Pas de faux-semblant, on conclut directement. D'autres préfèrent ménager (un peu) le suspens, façon sainte Nitouche qui ne s'assume pas. Hope Drome fait croire un instant qu'il est un groupe de black metal, abrasif certes, mais classique. Sauf qu'évidemment ce coté abrasif n'est que le reflet de sa véritable personnalité : post black. Et ce caractère post se manifeste lui, sans aucun faux-semblant, à peine quelques minutes après le début du disque.

Résultat, nous passons d'un monde post-apocalyptique à une ballade onirique en l'espace d'un changement de rythme. Le papillon a battu de l'aile et voilà qu'inversement à la loi du chaos, le calme s'installe pour une longue plage éthérée. Caractéristique de tout ce qui est post. En l'occurrence, le post qui s'en rapproche le plus énormément ici est le post rock. Si vous aimez Red Sparrowes vous devriez retrouver des atmosphères connues. Ou tout autre groupe de post rock en fait. Car les longs aller-retours sur la corde unique de guitare typiques du genre son présents ici à foison. Tissant leur fils pour la Nature, ils installent le côté planant qui peut fasciner, voire hypnotiser. Ce qui est le cas.
Toutefois, ce n'est que pour mieux placer le blast qui fera ressortir la crudité black metal du groupe. Bien sûr, on se rapproche d'un Wolves in the Throne Room qui adore arborer son approche sylvestre de la musique sur fond de blasts rapides cependant jamais vraiment agressifs. Car c'est une autre caractéristique du groupe, et du genre, l'ambition clairement déclarée semble-t-il de ne pas être brutal malgré des atours de brutalité. La musique a beau être rapide et rugueuse, elle n'en demeure pas moins respectueuse de nos tympans, tant et si bien que jamais nous n'avons besoin de nous réfugier derrière une grimace du visage pour nous protéger des assauts des compositions. Ce qui rappelle également Deafhaven qui est sans doute le groupe le plus proche de Hope Drone.
C'est d'ailleurs probablement ce qu'on peut éternellement reprocher à ces groupes, leur manque de volonté d'en découdre. Car s'il est indéniablement beau et captivant de s'éterniser sur des paysages musicaux qui confinent plus à la contemplation et la réflexion qu'au véritable voyage sonore, notre for intérieur demande à être bousculé, ne serait-ce que pour sortir de la léthargie qui rôde, monstre corrosif ennemi le plus assidu du post quelque chose. Hope Drone n'échappe pas à la règle, et ça n'a rien d'étonnant étant donné l'application avec laquelle il suit à la lettre les règles du genre. Les parties blastées le sont à toute berzingue, tandis que les longues plages atmosphériques sont effectivement longues.


L'ensemble semble forcément long et c'est là toute la limite de ce type de musique. Que vous y accrochiez et vous serez fatalement happés par un monde qui vous semblera hautement attirant, laissant libre court à votre insatiable désir d'égarement. Ne trouvez, ne serait-ce qu'un instant, le temps trop long et vous ne pourrez occulter la bonne heure et quart que dure l'album. Trop long.


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