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CHRONIQUE PAR ...

87
Malice
Cette chronique a été mise en ligne le 31 août 2015
Sa note : 10/20

LINE UP

-Sebastien
(chant+guitare+claviers)

-Chris
(chant+claviers)

-Lauris
(guitare)

-Mark
(basse)

-Nico
(batterie+claviers)

TRACKLIST

1) I'm a Mess (but I'm Free)
2) We Come From the Stars
3) Even Terminators Can Cry
4) Cycy Stardust
5) Fucked Up Serendipity
6) (Interstellar)
7) My Uncomforter
8) I Just Want Something to Happen Tonight
9) As Blackbirds Say
10) Blue Diamond
11) What Remains

DISCOGRAPHIE


The Morganatics - We Come From The Stars
(2015) - rock - Label : M&O Music



Composer une bonne chanson est difficile : pour ce faire, il faut une mélodie intéressante, des arrangements soignés, une production équilibrée... autant de qualités qu'il est difficile de rassembler lorsque l'on en est à son premier essai. Heureusement, ce n'est pas le cas de The Morganatics, groupe parisien dont We Come From The Stars est le second album. Il est reconnu que composer de belles choses est ardu lors d'un premier opus mais souvent, passer l'étape du deuxième album est tout aussi délicat. L'effort manifeste des Français leur aura-t-il suffi à ne pas tomber dans l'inefficacité ? Pas entièrement, pas vraiment. Mais tout n'est pas à jeter non plus, loin de là.

La première impression qui se dégage de We Come From The Stars est une impression curieuse, peu engageante ; c'est que, si la musique des Parisiens est pêchue et bien produite, elle est également brouillonne, peinant à garder l'attention de l'auditeur au fur et à mesure des compositions. La faute à des pistes trop longues ("As Blackbirds Say", forte de 12 minutes de répétition, en est le plus triste exemple), aux refrains qui, sans être laids pour autant, ne prennent que trop rarement. En effet, les morceaux qui parsèment We Come From The Stars font presque tous plus de cinq minutes et se terminent régulièrement par des accords et paroles répétées jusqu'à saturation. Parfois la sauce prend (comme sur "Blue Diamond") mais cela reste rare. Et les divers changements rythmiques qui interviennent en pleine track, loin de casser cette monotonie, y ajoutent une impression de confusion trop rarement efficiente. Le pont de "Fucked Up Serendipity" et ses choeurs pseudo-spatiaux en est d'ailleurs un exemple flagrant.
Ceci dit, une fois les pistes les plus chaotiques passées, on ne peut s'empêcher de remarquer que We Come From The Stars est parsemé d'idées intéressantes. Les rythmes sont souvent efficaces, certaines mélodies ("Even Terminators Can Cry", les lignes de cordes sur "Cycy Stardust") sont très bien trouvées et la plupart des lignes de chant se montrent d'une efficacité surprenante ("Cycy Stardust", les harmonies de "What Remains"). Plusieurs des compositions, si elles étaient plus courtes, seraient sans doute bien plus percutantes ("I Just Want Something to Happen Tonight", notamment, tient la route un moment mais traîne trop en longueur). De plus, on sent derrière les morceaux une énergie sincère qui ajoute au capital sympathie du groupe. Mais cela ne suffit pas : si le dernier opus de The Morganatics n'est pas un mauvais album, il faut hélas une bonne dose de persévérance pour s'en rendre compte. Si l'on considère la musique de We Come From The Stars comme du rock, style censé se montrer efficace avant tout... la constatation fait mal.

Au final, il aurait suffi de peu de choses pour que la magie opère : raccourcir la majorité des morceaux et supprimer les breaks inopportuns auraient sans doute suffi à faire de We Come From The Stars un bon album. Car l'énergie est là, la volonté est là, les voix sont là, la qualité de production est là... mais ce n'est pas pas suffisant, et c'est bien dommage. Le second album des Morganatics reste donc plus décevant que réellement entraînant, ne révélant sa saveur qu'au bout de nombreuses écoutes et ce sur une petite sélection d'instants seulement. Espérons que leur prochaine opus sache se départir du superflu pour revenir à l'essentiel : la musique des Parisiens (ainsi que certaines oreilles) ne s'en portera que mieux.


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