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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 23 février 2016
Sa note : 17.5/20

LINE UP

Sûrement perdu en pleine taïga.

TRACKLIST

1) Albente Caelo
2) Lunae Candentia
3) Noctis Magicae
4) Aestate Noctes
5) Imber
6) Suscitatio
7) Tenebris Mysterium
8) Stella Diurna
9) Aestas Nova

DISCOGRAPHIE

Solstitium (2015)

Nord Frost - Solstitium
(2015) - black metal ultra ambiant et atmosphérique - Label : Auto-production



Voilà un album auquel je ne m’attendais pas du tout à accrocher. Il est vrai que ce n’est clairement pas le genre de metal à propos duquel j’étais voué à écrire une chronique, ce créneau étant plutôt réservé à notre ami Lotus, mais une fois n’est pas coutume, c’est moi qui m’en occuperai. Après tout, la diversification et l’ouverture d’esprit ne sont-elles pas des qualités qu’un bon chroniqueur se doit de posséder ?

C’est donc sur un excellent site de téléchargement (oui je sais, c’est mal !), plus ou moins connu par la communauté, que Nord Frost s’est montré à la face du monde. L’artwork a tout d’abord été un facteur important, avant que la vue du pays d’origine de la formation ne finisse de piquer la curiosité d’un Djentleman habitué à des musiques plus . . . vivaces. Le Kazakhstan. Plus d’informations sur Nord Frost ? Si vous voulez en avoir, bon courage, car ils n’ont ni Facebook, ni Bandcamp, ni chaîne Youtube, ni quoi que ça soit d’autre. Débrouillez-vous avec cette galette, qui est aussi mystique que ne le sont ses créateurs. D’ailleurs, on ne sait même pas si c’est un one-man band ou pas. Fort probable au demeurant. Mais est-ce si important ? Toujours est-il que l’on a à sa disposition un chef d’œuvre atmosphérique et ambiant, que les internautes qualifient majoritairement de black, mais qui n’en est pas tout à fait un en réalité. Du moins, pas totalement.
La référence au black metal n’est pas non plus galvaudée, car le son saturé des guitares est bel et bien présent et constitue l'un des éléments caractéristiques du style. On peut également entendre de temps en temps des emprunts Burzumesques, notamment au niveau des claviers assez lancinants, tels des gouttes d’eaux s’écoulant lentement et harmonieusement dans le glacial lac Kaindy, perdu au cœur de la forêt kazakhe près d’Almaty, l’ancienne capitale. L’utilisation de la langue latine dans les titres de chansons, avec des mots comme « magicae », « tenebris » ou « mysterium », renforce le sentiment de spiritualité qui s’empare de nous progressivement. Aucun chant pour venir perturber l’atmosphère unique, véritable plongée au cœur d’une brume épaisse et à la fois très mince à travers laquelle l’on perçoit une clarté constante. Car la tristesse n’est pas le sentiment qui domine ici. Ce serait plutôt une certaine mélancolie teintée d’un bonheur étrange et insaisissable. Les bruits naturels, tels la pluie ou l’orage constituent la superbe touche qui font de ce
Solstitium une merveille ambiante.
Y a-t-il des éléments à reprocher à cette sortie ? Très peu au final. Notons néanmoins un léger point noir : le but de cette œuvre étant de transporter l'auditeur dans un monde imaginaire, féérique et mystique, de le plonger dans une véritable transe, il est absolument primordial que cette dernière ne soit nullement troublée. Pourtant les abominables transitions entre les chansons viennent gâcher cet état hypnotique. Une rupture nette qui coupe toute tentative de transcendance, de voyage dans l’au-delà. Elles sont tellement abruptes que ça en fait presque mal aux oreilles. Vous savez, comme cette sensation que l’on a en soirée ou en classe, quand le bruit cesse, et qu'un silence pesant et prenant vient faire siffler vos oreilles. C'est fort dommageable, si en plus on rajoute le fait que les pistes ne soient pas toutes dissociables les unes des autres. Il aurait sûrement été plus judicieux de faire une unique et monumentale piste. Enfin, ne laissons pas ces détails venir ternir la prestation globale monumentale de ce mystérieux kazakhe, cela n'en vaut pas la peine.

Prenez ne serait-ce qu’une heure de votre vie pour vous délecter de Solstitium et de vous abreuver de ses mélodies. Si vous êtes un homme d’affaires ou un trader, faites le tourner juste avant de vous endormir le soir. Il ne manquera pas de vous relaxer et de vous plonger dans un cosmos dont vous ne sortirez qu’au beau matin, avec un bien-être profond, dont l'origine vous sera difficile à expliquer.


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