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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 30 mai 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jon Howard
(chant)

-Nick "SinniK" N.
(guitare)

-CRS
(guitare)

-Stelios Nanos
(basse+claviers)

-Giannis "Joni Moas" Moisidis
(batterie)

TRACKLIST

1) Rumors About Steps Secure
2) The Weakened's Rest
3) Wreck Age
4) Corridors Swirl
5) Downcast Parade
6) Guiding Blight

7) Ceased The Days
8) Last Solace Attempt

DISCOGRAPHIE


SlavEATgod - The Skyline Fission



Je suis face à un écueil. Comment aborder la chronique d’un groupe grec sans tomber dans les banalités médiatiques actuelles liées à la crise de la dette ou sans évoquer quelconque référence au patrimoine ancestral et mythique d’un des berceaux de la civilisation occidentale ? Pas évident, vous le confirmez. Et bien si je commençais par Threat Signal plutôt ?

Mais pourquoi donc Threat Signal me direz-vous? Quel rapport entre les Canadiens et l’Attique ? Une tournée internationale peut-être ? Non, c’est plutôt du côté du chant qu’il faut se tourner pour trouver le lien entre les deux formations. Jon Howard étant au chômage technique depuis le dernier album éponyme de 2011, il a donc décidé de faire passer le temps avec nos amis de la péninsule hellène. Un renfort d’une aide non-négligeable pour un pays en crise (et zut, première faille dans l’engagement). Créé en 2007, SlavEATgod – dont vous apprécierez le jeu de mot à double sens imprégné de religiosité – est un projet initié par le guitariste rythmique au surnom étrange de « CRS ». Trois ans plus tard sort le premier album intitulé Blank Core Inn qui est plutôt salué positivement par la critique nationale et internationale. Et maintenant le moment délicat : comment définir le style pratiqué par les Athéniens ? Aussi fourni que le nombre de divinités présentes dans la mythol. . . Décidément, ce n’est vraiment pas évident de tenir sa parole.
Plus sérieusement, si l’on devait se risquer à caractériser précisément de quoi est composé cet album, on devrait chercher de plusieurs côtés. Tout d’abord vers celui du metalcore progressif, qui comporte déjà lui-même son lot de catégories (du deathcore en passant par les influences djent). Mais aussi dans celui du thrash, du death mélodique type In Flames, du groove à la Lamb Of God et même du cyber à la Sybreed ("Wreck Age"). SlavEATgod est ce qu’on pourrait appeler vulgairement du metal moderne, c’est-à-dire une combinaison de styles divers, assez bien agencés et parfaitement (trop ?) mixés. Certains y sont peut-être allergiques (et ça se comprend), voyant là-dedans une nouvelle vague éphémère, à l’instar du metalcore. Mais c’est une réalité évidente sur laquelle il faut compter aujourd’hui et sur laquelle il faudra désormais s’appuyer de plus en plus. Symbole assez fort qu’un groupe appartenant à ce pays antique fasse preuve de modernité afin d’essayer de se faire connaître aux yeux de tous. Un début de piste, messieurs les politiciens ?
Et cet effet de modernisme est bien évidemment dû à la production de qualité de The Skyline Fission. Le lieu de mixage et de mastering de ce dernier n’est d’ailleurs pas anodin, puisque c’est dans les studios de Woodward Avenue, en Ontario que tout s’est joué, endroit familier au Signal de Menace. Un son épuré et clair mettant parfaitement en valeur le côté progressif et djenty, permettant ainsi de profiter au mieux du timbre de la basse et des moments un peu plus pêchus, comme les titres "Downcast Parade" et "Guiding Blight" ainsi que des moments frissons un peu plus aériens et atmosphériques que le clavier procure, parfois par l’intermédiaire de passages electro qui, aussi surprenant que cela puisse être, ne sont pas si dérangeants que ça. "Downcast Parade" paraît être le meilleur condensé possible de cette galette dans lequel on a le droit à des passages (vocaux et instrumentaux) aussi posés que dévastateurs.
Autant la présence de Jon Howard est un facteur avantageux pour SlavEATgod, autant il peut aussi se révéler être une sacrée épine dans le pied. Il est indéniable que le frontman a progressé en trois ans et a encore amélioré la qualité et le spectre de sa voix. Sauf qu’il pourrait être agréable de varier un peu plus sur la durée. En effet, on a vite l’impression que c’est le même refrain qui revient durant tout l'enregistrement. Le motif en lui-même n'est pas mauvais, mais on avait déjà Dragonforce qui s’occupait de jouer ce rôle de clonage d’une chanson à l’autre. Autre point faible, et pas des moindres : la longueur de l’album dépasse à peine la demi-heure, et ce en prenant en compte l’intro "Rumors About Steps Secure" et l’outro "Last Solace Attempt". Ce qui revient à six véritables chansons pour moins de trente minutes. Un peu juste tout de même. Ne faites pas passer la Grèce pour un pays de vacanciers, les gars, quand même !


The Skyline Fission est donc un disque plutôt correct sans véritable gros défaut, si ce n’est sa courte durée. Un groupe sans réelle originalité ou créativité mais avec une efficacité bien effective. Un potentiel à étoffer et une œuvre à étirer. Il va aussi falloir se créer une véritable identité quand Jon Howard reviendra au bercail. Car, de là à dire que SlavEATgod est un sous-produit de la marque Threat Signal, il n’y a malheureusement qu’un petit pas.


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