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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 décembre 2015
Sa note : 12/20

LINE UP

-Sture
(chant+guitare)

-Strom
(guitare)

-Hváll
(basse)

-Steingrim
(batterie)

TRACKLIST

1) Haust
2) Sólverv
3) Geitaskadl
4) Ætti Sitt Fjedl
5) Når Byane Brenn
6) Storm Frå Vest
7) Fridom Med Daudens Lang

DISCOGRAPHIE

Pitch Black Brigade (2006)
I Krig (2007)
Milorg (2009)
V (2011)
Welcome Farewell (2013)
Sólverv (2015)

Vreid - Sólverv
(2015) - black metal - Label : Indie Recordings



CCC, Wineyard, Decline… A mon tour de goûter aux joies de Vreid, le groupe post-Windir,  auquel je ne m’étais jamais intéressé jusqu’alors, peut-être par crainte de ne pas entendre une musique aussi parfaite que celle entendue sur 1184, ou peut-être parce que je suis une buse, tout bêtement. Ce qui est clair, c’est que quand j’ai vu les notes données pas mes prédécesseurs (Dick mettant un 14… c’est une générosité inouïe de sa part…),  j’ai penché pour la deuxième hypothèse, celle de la buse.

C’est que dans les chroniques, il y avait plein de mots alléchants: « rock », « prog », « thrash », bref, des genres qui peuvent clairement faire bon ménage avec le black metal et lui donner une saveur spéciale. Sur cet aspect, la première écoute de Sólverv est absolument décevante : d’accord, il y a bien quelques chtites nappes de clavier de ci, de là, on a aussi le droit deux fois à quelques instants de batterie donnant dans le « cymbale/caisse claire », sans toucher la grosse caisse (comme sur "Materal" d’Enslaved), mais les rêves de grandeur et majesté s’évaporent immédiatement. Une fois la déception acceptée, assimilée, digérée, que reste-t-il ? Le néant ? Non. Il reste un album de black metal mélodique sympathique, joué sur un tempo enlevé, même si Vreid ne rechigne pas à casser le rythme de temps en temps. C’est d’ailleurs de ces ruptures de rythmes fréquentes que naît le titre le plus abouti de l’album, "Geitaskadl", qui sait tenir en haleine l’auditeur du début à la fin. Son voisin de droite, "Ætti Sitt Fjedl" est, en revanche, le maillon faible de Sólverv : chœurs trop mièvres, mélodie plate, il s’avère être assez soporifique.
Pour le reste, on navigue entre plaisir, quand même, et frustration. Plaisir, parce que nos amis norvégiens ne sont pas des manchots et ne sont pas non plus tombés de la dernière pluie, ce qui se ressent. Le black metal produit est l’œuvre de musiciens ayant le sens de la mélodie et de la structuration des morceaux et, en ce sens, Sólverv, brosse l’amateur de black facile d’accès, pas trop regardant sur la prod, dans le sens du poil. Frustration, parce qu’on a la curieuse sensation que le groupe s’est auto-limité. La fluidité des enchaînements et l’à-propos des quelques variations proposées, que ce soit variations de rythme ou d’ambiance ("Storm Frå Vest", par exemple, sent le trve black façon early Stayricon, tandis que "Fridom Med Daudens Lang", en bon titre final, possède un côté épique/ambient bien crédible) nous donnent la fâcheuse impression que les gars auraient pu sortir un album d’une toute autre envergure, mais qu’ils se sont imposés eux-mêmes un certain classicisme, classicisme qui a tendance à faire de cette œuvre, un « album de plus ». Dommache.

 
Pour leur septième travail, Vreid semble avoir fait sien le dicton « qui peut le plus peut le moins ». Sólverv est un album classique et bien fait qui fera passer un bon moment aux fans de black metal abordable, mais ne devrait pas non plus les retenir pendant des années. Il est fort à parier que bon nombre d’entre eux préféreront retourner du côté des précédentes productions du groupe, parce qu’avec Sólverv, il n’y a rien de vraiment nouveau sous le soleil, ni sous la funeral moon non plus d’ailleurs.
 
 



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