17226

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 16 décembre 2015
Sa note : 13/20

LINE UP

-Alex Stjernfeld
(chant+instruments)

-Victor Wegeborn
(chant+instruments)

TRACKLIST

1) Pale Explosions
2)
Attacus Atlas
3) Probing the Descent of Man
4) Dyatlov Pass
5)
The Black Antlers
6) In Awe Before the Rapture

DISCOGRAPHIE


The Moth Gatherer - The Earth Is The Sky
(2015) - postcore - Label : Agonia Records



Conférence de presse mensuelle des chroniqueurs du prestigieux website Les Eternels.  A mon tour de passer  sous le feu des projecteurs…
-  Monsieur Winter ! Monsieur Winter ! Pourriez-vous nous résumer en un mot votre impression quant au nouvel album de The Moth Gatherer ?
-  Bien sûr : agnnn !
-  Agnnn ?
-  Oui. Agnnn. Avec trois n.

 
Si nous allons sur le website de nos collègues de l’Académie Française, nous pouvons lire pour « Agnnn » la définition suivante :  « Agnnn : interjection exprimant un intense sentiment de frustration comparable à celui ressenti à l’écoute de The Earth is the Sky ». Soyons plus précis et attardons nous un instant, une fois n’est pas coutume, sur la note. 13/20, ce n’est en rien infamant. 13/20 c’est même plutôt pas mal, mais en fait, il y a les bons et les mauvais 13/20. Un peu comme les 0-0 en foot, vous voyez ? Quand une équipe quelconque (exemple : l’OGC Nice) fait 0-0, c’est un bon 0-0. Quand une des meilleures équipes de tous les temps (exemple : l’ASSE) fait 0-0, c’est un mauvais 0-0. Et The Moth Gatherer, c’est l’ASSE, et Agonia Records, Robert Herbin. Vous me suivez ? Non ? Traduisons :  The Earth is the Sky est indigne du potentiel de ce duo scandinave, qui nous avait sorti une perle en guise de premier album et qui, là, nous la joue un peu dilettante. Si leur capacité créative s’était soudainement éteinte, il n’y aurait pas grand-chose à dire. On ferait un rapide constat, on baisserait tristement la tête en ôtant son chapeau, comme pour les enterrements. Le problème, et c’est de là que naît cette frustration, c’est que les Muses n’ont pas abandonné The Moth Gatherer qui démontre à nouveau sa capacité à engendrer des mélodies puissantes et mélancoliques, dans un registre toujours proche de celui de Neurosis, avec une touche ambient post-rock additionnelle plus prononcée.
Il suffira d’écouter "Pale Explosions" pour en être absolument convaincu : lourdeur metalcore, quelques beats un peu électro et des phrasés tristes, beaux à mourir. Et quand nos gars décident de se la jouer ambient ou post-rock, eh ben c’est pas compliqué : ils te pondent un truc comme "Dyatlov Pass" et tout le monde applaudit. « Alors c’est quoi le problème, ducon ? » Le problème, et arrête de m’appeler ducon s’il te plaît, c’est que, comme beaucoup de types doués, le duo nous jette quelques morceaux à la face et oublie deux choses. Une : que six morceaux, pas tous très remplis, c’est un peu léger, et deux : qu’un bon album doit avoir une STRUC-TURE. Une colonne vertébrale quoi, et dans ce sen,s The Earth is the Sky tient plus de la limace que du vertébré. Deux morceaux de metalcore, suivis de deux titres post/ambient instrumentaux, derrière lequel on trouve le titre le plus raw de l’album, "The Black Antlers", sludge un peu déjanté sur lequel règne l’esprit de Marilyn, avant de revenir et de clore le tout avec un nouveau morceau instrumental post-rock, c’est un peu du n’importe quoi. La qualité de la matière première saute aux oreilles, mais la cohérence de l’ensemble est inexistante. Quant au contenu, on l'aurait aimé un poil plus riche. Bref, agnnn.


The Earth is the Sky est une collection de bons, voire très bons titres, composés par des musiciens brillants, mais ce n’est pas un album. L’absence de fil conducteur y est criante, et c’est vraiment dommage. Mais alors vraiment, vraiment. Ceci dit, ne vous abstenez pas et venez savourer la qualité de composition du duo suédois, il en vaut la peine.
 



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5