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CHRONIQUE PAR ...

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Crafty
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2008
Sa note : 8/20

LINE UP

-Yogi Lang
(chant+claviers)

-Kalle Wallner
(guitare)

-Markus Jehle
(claviers)

-Chris Postl
(basse)

-Manni Müller
(batterie)

TRACKLIST

1)Silenced
2)Breathe In, Breathe Out
3)Where Can I Go?
4)Masters Of War
5)This Is Not A Prog Song
6)I Watch Myself Sleeping
7)Stranger
8)Alone And Scared (bonus)
9)Talk To The River
10)Choose What You Want To Look At
11)Turn Back The Clock

DISCOGRAPHIE


RPWL - The RPWL Experience
(2008) - rock prog pop prog pour vieux - Label : Inside Out Music SPV



RPWL n’est pas un groupe connu en dehors des férus de prog. Pourtant, ils ont déjà à leur actif 4 albums, et un guest de luxe en la personne de Ray Wilson (ex-chanteur) de Genesis qui était venu pousser la chansonnette sur un titre du dernier album. Si vous ne connaissez pas du tout RPWL, il suffit d’imaginer un mix de Porcupine Tree, de Pink Floyd et d’un Coldplay prog. Pas forcément très original, du tout même. Le mélange prend parfois comme il faut, et la qualité de leurs albums n’a cessé d’évoluer au fil du temps. C’est pourquoi après 3 ans de silence studio (mais pas live, loin de là), la curiosité titille. Qu’est-il advenu de nos sympathiques allemands ?

Dès le premier titre, on voit qu'il n'y a pas d'évolution notable, à une exception peut-être : le tout sonne un peu plus agressif, peut-être même metal ? Il est vrai que certains membres se revendiquent de la scène metal, mais pas de chance, ça fait 6 ans que Porcupine Tree et Riverside ratissent la scène de long en large sans laisser grand-chose aux suiveurs. Les salauds ! Enfin bref, il n’y a plus beaucoup d’écart entre RPWL et le groupe moyen de neo prog un peu (beaucoup) quelconque, et c’est bien dommage. Même plus de mélodies accrocheuses, avec un air de reviens-y qui faisait toujours son petit effet. Non là, c’est plat, encore plus que Jane Birkin (pas musicalement hein, hum). Et finalement au fil de l’album on se rend compte qu’il n’y a que la première piste "Silenced" et le Dream Theaterien "Stranger" qui s’aventurent dans l’agressivité, le reste de l’album allant du Porcupine Tree pas très inspiré (Yogi Lang se met à copier Steven Wilson au chant tandis que Markus Jehle s’affaire à copier Barbieri aux claviers, ça devient effrayant) au neo prog classique (qui a dit chiant ?). Pire encore, ils tombent dans tous les travers des groupes de prog, du genre mettre un dialogue en mauvaise qualité en plein milieu d’un titre, comme sur "Where Can I Go", c’est une véritable moumoute qui tombe sur le potage là, non pas que le morceau était excellent, mais ici ça fait gros.

Le reste n’est pas plus gratifiant, oscillant entre guitares et claviers aériens basiques et envolées on ne peut plus prévisibles. "Masters of War" est édifiante à ce titre là (très loin de celui de Dylan dans un contexte assez différent il est vrai). On peut au moins se réconforter en se disant qu’ils ont de l’humour, parce-que dans un album qui semble cumuler toutes les fautes de goût communes au rock progressif et plus particulièrement au néo progressif, ils osent appeler une chanson "This Is Not a Prog Song", comme le mauvais humoriste dirait « ne partez pas déjà, j’ai aussi des histoires sur les blondes ! ». Et le pire c’est que c’est la meilleure chanson de l’album. Pop, énergique, un brin convenue il est vrai, un peu blonde quoi, c’est tout un concept de faire du blonde prog pop, ils devraient d’ailleurs s’y essayer plus souvent. Car après on retombe sur le standard de l’album, des chutes de Porcupine Tree période Staircase Infinities (à l’exception du plus agité "Choose What You Want to Look at"). Et ça dure longtemps en plus, on dépasse l’heure, comme d’habitude avec RPWL, sauf que d’habitude justement on le sent moins passer. Ça fait partie des signes qui ne trompent pas, les bâillements ou bien le fait de regarder combien de pistes reste-t-il sur le CD.


Déception. Evidemment que cet album n’était pas attendu comme le Messie du neo prog, mais quand même, on était vraiment en droit d’attendre autre chose que de la musique pour Dawson (d’ailleurs il y avait une blonde dans la série il me semble). Peut-être que la dispersion des membres autour de leurs projets solo a fini par ternir la qualité des compositions et la faculté du groupe à rester au-dessus de la mêlée. L’expérience RPWL n’est donc pas concluante.


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