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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 11 janvier 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Howler
(chant+claviers)

-Graakh
(chant+basse)
 
-Astaroth
(guitare+batterie)
 

TRACKLIST

1) Into Saltation…
2) Weapon to Be Found Only in the Mind of Man
3) Reflexive Transfer of Aether Through City Lights
4) Theory of Distress View
5) Metamorphopsia Diagnosis
6) Dissociative Disorder
7) Stupefying Taste of Henbane. Coma Ritual
8) Personification of Adventurer. Overdose
9) Withdrawal

DISCOGRAPHIE


Virvel av Mokerhatet - Metamorphopsia
(2016) - black metal - Label : AvantGarde Music



Un nom de groupe bien compliqué que voilà, et l’impression n’est que renforcée par les titres de chansons à rallonge, matez un peu. Il vient d’Ukraine, ok, on connaît un peu. Pas mal de groupes plutôt true, des fois adulés, des fois un peu limite idéologiquement. Là, la maison de disque fait référence à Ved Buens Ende et à chaque minute imprévisible, néanmoins dans les frontières raisonnables que le black metal ne saurait franchir. Euh… On a connu plus compréhensible comme discours promo.

Un groupe compliqué donc. Même son label n’arrive pas vraiment à l’expliquer. Pourtant tout commence avec une intro toute en ambiance comme aime si bien à le faire le black metal. Nous allons cependant bien vite comprendre ce qui décontenance tant ceux qui cherchent à en faire la promo. Effectivement, le groupe semble être un maniaque de la surprise. Car si les riffs purement black metal répondent à l’appel, il n’est pas rare d’entendre le tremolo rassurant de la guitare ; il faut s’attendre à entendre très régulièrement des rythmiques pour le moins atypiques, voire foncièrement dérangeantes dans une sortie dite de metal noir. D’autant qu’il faut ajouter à cela des interventions presque décalées des claviers, pas vraiment là où on les attend de prime abord. Le discours du label prend là un nouveau jour et nous commençons à percevoir ce qui a pu le mettre dans l’embarras.
Chaque titre va proposer ce mix entre traditionalisme rampant et folie étalée à la face du monde. Les deux ont le mérite de cohabiter sans vraiment prendre le dessus l’un sur l’autre, ou inversement. Le tout se fait en bonne intelligence et respecte son temps de parole. C’est ainsi que les enchaînements, pour impromptus qu’ils soient, sont toujours fluides et étonnamment cohérents. Ved Buens Ende dans tout ça direz-vous ? Prenez "Theory of Distress View", on y retrouve des éléments du Written in Waters des Norvégiens franchement fous eux pour le coup. Arythmie, dissonances, contre temps et autres syncopes peuplent ce titre qui dérange. Virvel av Mokerhatet semble proche du but lorsqu’on arrive à ce stade de la chronique, d’autant plus que le talent pour les compositions se ressent dans chaque titre. Pas vraiment de reproche, des éléments invitant à penser que le black fou est un modèle du genre.
Fort heureusement pour le chroniqueur vicieux, vient toujours son moment préféré : la douche froide. Oh oui, qu’il est doux de refroidir les ardeurs des lecteurs ! Ne vous inquiétez pas, cela ne vient pas de la technique des membres du groupe, largement à la hauteur pour soutenir leurs ambitions dichotomiques. Ils manient les tempos avec brio et ne s’en laissent pas compter lorsqu’il s’agit de passer de l’un à l’autre. N’attendez pas de virtuosité cependant, le propos est plus à la diversité et aux changements qu’à l’apologie instrumentale pure. Non, ce qui va clocher c’est cette batterie. J’écris batterie, parce qu’à priori, il s’agit d’un batteur. Mais pourquoi un tel son ? Que peut expliquer cette volonté de répliquer une boîte à rythme sonnant mal ? Cela casse les efforts constants et fournis du groupe et les guitares doucement synthétiques entérinent cet état de fait, malheureusement.


Faut-il châtier ou applaudir ? Tempérons les extrémismes en imposant un calme salvateur. Oui, la culture consciente du porte-à-faux est à louer et donne un cachet inimitable au groupe, même si Ved Buens Ende plane de loin, ou éventuellement un Angst Skvadron également. Il faut toutefois apposer un bémol en terme de réalisation via cette batterie affreuse, non pas dans son exécution forcément, mais sa sonorité. Et il faut également avoir en tête la possible difficulté d’accès du message véhiculé, pas pour tous, loin de là. Pourtant, l'attrait pour cette musique différente est palpable. A conseiller aux aventureux. Et on espère vertement un successeur à la batterie digne. Oh que oui, ce serait drôlement chouette ça.


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