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CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
Cette chronique a été mise en ligne le 12 janvier 2016
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ted Leonard
(chant+guitare)

-Alan Morse
(chant+guitare)

-Ryo Okomoto
(chant+claviers)

-Dave Meros
(chant+claviers+basse)

-Jimmy Keegan
(chant+batterie)


TRACKLIST

1) Tides Of Time
2)
Minion
3) Hell’s Not Enough
4) Bennett Built A Time Machine
5) Get Out While You Can
6) A Better Way To Fly
7) The Center Line
8) To Be Free Again
9) Disappear


DISCOGRAPHIE

The Light (1995)
V (2000)
Snow (2002)
Spock's Beard (2006)
X (2010)
The Oblivion Particle (2015)

Spock's Beard - The Oblivion Particle
(2015) - rock prog - Label : Inside Out Music



Après plus de vingt ans et après s’être forgé une solide réputation dans le monde du rock progressif, Spock’s Beard continue son petit bout de chemin. Malgré les départs qui ont émaillé son histoire. Et à l’heure où les californiens nous offrent leur douzième album, The Oblivion Particle, on est en droit de se demander s’ils ont toujours leur place parmi les grands noms du genre.

Vous en connaissez beaucoup, des groupes qui se relèvent sans douleur du départ successif de deux de leurs leaders ? Genesis, vous dites ? Pas mal. Toutes proportions gardées, on peut trouver des points communs entre les deux formations. Avec un démarrage en boulet de canon, puis le départ du leader charismatique (Peter Gabriel chez les anglais, Neal Morse chez les barbus) vers d’autres horizons, suit l’émergence d’un nouveau leader en la personne du batteur qui va se charger également du chant (Phil Collins vs Nick D’Virgilio) et mener les siens vers de nouvelles perspectives. Mais ce dernier finira à son tour par quitter le navire, en 2011 pour NDV, et laissera les rênes aux membres fondateurs, notamment le guitariste et le bassiste, qui engageront batteur et chanteur, et essaieront de relever la tête. La troisième partie de la carrière de Genesis est assez anecdotique, vous en conviendrez, espérons que celle de Spock’s Beard ne le sera pas autant. Pour finir sur cette comparaison pour le moins osée, on signalera que D’Virgilio participera en studio aux enregistrements du dernier album de Genesis. La boucle est bouclée, merci, bonsoir m’sieurs-dames.
Qu’ont donc à nous proposer les comparses d’Alan Morse sur cette douzième offrande? On peut penser à un rock progressif qui mettrait à l’honneur la guitare, la basse et les claviers. Ce serait logique, ce sont les derniers membres originels du groupe. Les choses commencent plutôt bien avec un "Tides Of Time" convaincant, qui propose une intro et des riffs étonnamment catchy, la basse ronflante parfaitement audible virevoltante et sautillante de Dave Meros, des  mélodies agréables, et un refrain prenant. Par contre, le chant de Ted Leonard gêne assez rapidement. Un peu trop nasillard, un peu forcé, il n’arrive pas à pleinement convaincre, en dehors de passages plus intimistes, plus posés. Il faut dire que la comparaison est difficile à tenir avec ses illustres ancêtres. Et cette sensation va se poursuivre au fil des morceaux ("Minion", "Hell’s Not Enough" ou encore la désagréablement répétitive "Get Out While You Can"). Il réussit quand même à convaincre sur la plus pêchue "The Center Line" par exemple.
Comprenons-nous, de la qualité, il y en a. Au niveau des compositions, au niveau des musiciens, au niveau du groupe dans son ensemble. Mais tout cela manque de magie. Il y a quand même plusieurs bons, voire très bons morceaux sur cette galette. À commencer par "Bennett Built A Time Machine", mid-tempo très groovy et souriant, au refrain très pop, sur laquelle le chant est assuré avec brio par Jimmy Keegan, le batteur (tiens donc). Il y a aussi la barrée "A Better Way To Fly" qui, sans être pleinement convaincante, nous ramène aux heures les plus prog de la formation. Et il y a bien entendu le pavé de rigueur, "To Be Free Again", qui offre ses moments de grâce et de grandiloquence, sur lequel les américains nous rappellent qu’ils sont toujours un grand groupe et qu’ils ont toujours des idées et envie de les faire entendre. Et une fois le plutôt sympathique mais loin d’être inoubliable "Disappear" terminé, il y a fort à parier que le fan se jettera plus facilement sur The Kindness Of Strangers ou sur X que sur ce The Oblivion Particle pour reprendre sa dose de Spock’s Beard.


Un album au final un peu décevant après un Brief Nocturnes And Dreamless Sleep qui semblait plus réussi. Une évolution qui ne convainc pas totalement, mais qui a le mérite d’exister. Il y a encore des progrès à faire, mais le quintet n’est pas encore enterré, malgré ses vingt ans de carrière et des départs lourds de conséquences. Et rien que pour ça, et parce qu’on sait de quoi ils sont capables, on ne peut que les encourager.



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