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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-David Coverdale
(chant)

-Mickey Moody
(guitare)

-Bernie Marsden
(guitare)

-Pete Solley
(claviers)

-Neil Murray
(basse)

-Dave Dowle
(batterie)

TRACKLIST

1)Come On
2)Bloody Mary
3)Ain’t No Love in the Heart of the City
4)Steal Away
5)Keep On Giving Me Love
6)Queen Of Hearts
7)Only My Soul
8)Breakdown

DISCOGRAPHIE


Whitesnake - Snakebite (EP)
(1978) - hard rock blues - Label : Geffen Records




Après le split de Deep Purple en 1976 suivi de la mort (malheureusement prévisible) de Tommy Bolin, David Coverdale décide de prendre un nouveau départ. La notoriété acquise grâce à son passage chez le Pourpre Profond fait de lui un frontman très demandé maintenant qu’il est sur le marché. Mais lassé du grand cirque du rock n’ roll des 70’s, des solos de 20 minutes sur scène et des excès en tous genres, David a d’autres priorités : le blues et la soul.


Entouré de musiciens de session il enregistre donc deux albums solo assez intimistes et confidentiels (termes politiquement corrects pour désigner un flop commercial), totalement anachroniques à l'époque où le punk voit le jour. Dans un style proche des racines de la musique black chère à son cœur, sa voix est accompagnée de piano, de choristes, de guitares jamais agressives, de cuivres, d’un harmonica, d’une chorale gospel… Ces influences blues et soul se retrouveront d’ailleurs en filigrane tout au long de la carrière de Whitesnake, comme en toile de fond, véritable supplément d’âme qui donnera du sens au gros rock du Serpent Blanc et lui permettra de se démarquer de la masse. Mais l’appel du rock, du vrai, se fait vite sentir. Coverdale décide de monter une formation avec son compère guitariste Mickey Moody afin de se produire sur scène. Le guitariste Bernie Marsden et le bassiste Neil Murray notamment intègrent rapidement la formation. Ce line up devient vite un vrai groupe qui prend le nom du 1er album solo de David : Whitesnake.

Le premier enregistrement du groupe est l’EP qui nous intéresse ici (j’y viens enfin !), Snakebite . Comme prévu, les premières compositions du groupe sont bien plus rock que ce que proposait DC en solo. Le morceau d’ouverture "Come On" envoie la sauce de façon efficace, mais c’est sur scène qu’il prendra vraiment toute sa dimension. "Bloody Mary" est un boogie sympa au piano et "Steel Away" permet à Moody de faire une démonstration de ses talents à la guitare slide, sa grande spécialité. Le dernier morceau enregistré lors de ces sessions est une reprise d’un vieux blues réarrangé pour l’occasion, et qui avait été utilisé pour auditionner les membres du groupe. Ce "Ain’t No Love in the Heart of the City" absolument sublime justifie à lui seul l’intérêt de ce mini album tant l’émotion qui s’en dégage est palpable. Le chant de Coverdale est si poignant qu’il donnerait des frissons même à un trve black metalleux misanthrope. Le groupe s’est totalement réapproprié cette chanson qui deviendra un de ses classiques incontournables sur scène, et ce aujourd’hui encore.

Pour compléter ce mini album, la maison de disque décide bizarrement de faire du remplissage en rajoutant au disque quatre extraits de Northwinds , le deuxième album solo de Coverdale qui était sorti seulement quelques mois plus tôt. La différence est assez nette, notamment au niveau de la production de Roger Glover (ex qui vous savez à l’époque, et qui se lançait alors dans une carrière de producteur), beaucoup plus soft, ronde et douce que celle de Martin Birch , plus péchue et rêche sur les titres de Whitesnake. Parmi ces chansons quelque peu anachroniques on retiendra surtout la magnifique ballade "Only My Soul" typique de Coverdale (dans la lignée de "Soldier Of Fortune" ou "Blindman") sur laquelle sa voix poignante fait des merveilles. "Breakdown", le dernier titre, est celui qui se rapproche le plus de ce que sera Whitesnake, avec son gros groove qui tache. A noter qu’il existe également une version de l'EP avec uniquement les quatre nouveaux morceaux, mais qu’elle est évidemment introuvable depuis fort longtemps.


Ce Snakebite au format un peu bâtard est donc un drôle de produit. La présence du seul enregistrement en studio de "Ain’t No Love in the Heart of the City" justifie à lui seul son existence. Mais cet EP permet aussi aux fans d’avoir une trace des toutes premières compositions du groupe en tant que tel, et de son premier séjour en studio. Il donne ainsi un aperçu de ce que sera vraiment Whitesnake, qui trouvera son style et son identité dès son premier véritable album, l’excellent Trouble .


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