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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 19 février 2016
Sa note : 13/20

LINE UP

-Hth
(guitare+basse+programmation)

-kl. K.
(batterie+programmation)

TRACKLIST

1) Again
2) Through the Darkness of Future Past
3) Kill Again
4) From the Terrifying to the Fascinating
5) That Day Will Definitely Come
6) Soror Mystica
7) Your Flesh Is a Relic
8) The Only One Here
9) The Art to Dissapear

DISCOGRAPHIE


Spektr - The Art to Dissapear



Intituler The Art to Dissapear un album inspiré par Fire Walk With Me, c’est bien vu. Vraiment. Les tours de passe-passe, les « tu me vois, tu ne me vois plus, tu me vois à nouveau, j’ai disparu » sont tellement nombreux et impactants dans le prequel de Twin Peaks qu’on ne peut que louer l’à-propos des membres de Spektr. L’agent Philipp Jeffries, la Black Lodge, Bob et Leland… Que de souvenirs…

Forcément, toutes ces références à un film aussi déroutant, impactant et magistral que FWWM, ça émoustille, d’autant plus qu’en fin de compte, les adorateurs de David Lynch ne semblent pas proliférer parmi les musiciens de metal extrême, à moins que l’univers alambiqué du grand David ne soit pas vraiment moteur de la créativité des artistes métalliques. On les comprend, rendre un hommage sonore de qualité à l’œuvre de Lynch n’est pas chose aisée, mais, comme Windham Hell en son temps, le duo spectral, que la perspective d’utiliser l’alambic n’effraye pas, relève le défi avec son troisième effort. Et comme Windham Hell, le résultat est une œuvre intéressante mais inégale. Le black metal n’y est présent que par un certain grésillement des guitares, et encore : en tout enculage de mouche, les riffs seraient plus à classer dans la catégorie proto black-thrash que dans celle du trve black, ce qui ne les rend en rien moins virulents, "Your Flesh Is a Relic" - assez proche du "Jura" de Thy Catafalque -  en étant une preuve patente. Néanmoins, même si les guitares assument le lead en l’absence totalement assumée de chant, ce n’est pas de leur côté  qu’il faut chercher l’originalité de l’album, mais plutôt dans l’ambientation des deux morceaux les plus longs.
Les six-cordes y ont leur place et y jouent bien leur rôle, mais dans le cas de "That Day Will Definitely Come", c’est plutôt la seconde moitié du titre, à l’ambiance presque lumineuse (notez bien le presque, il est important) qui attire l’oreille. En ce qui concerne le joyau éponyme de l’album, on ne peut pas rester insensible au mélange entre un rythme jazzy totalement en ligne avec la thématique développée tant par Spektr que par Twin Peaks et l’agressivité des six-cordes, qui confère à cette fin d’album une qualité d’ambiance étrange qu’on aurait aimé ressentir sur l’ensemble de l’œuvre. Pour le reste, en effet, et malgré la géniale présence du grésillement du néon de la mystérieuse pièce du motel où Kiefer Sutherland et Chris Isaac vont se restaurer après l’autopsie de Teresa Banks – une sorte de fil rouge en somme,  on a à faire à du classique. Les voix-off références, altérations et autres déformations relatives à FWWM n’y manquent pas, les riffs mordants sont de sortie, mais le blackened indus proposé, moins caverneux que sur Cypher, même s’il n’est pas dépourvu d’un certain charme inquiétant, manque un peu de profondeur, et la différence avec les deux pleines réussites de l’album est assez criante. En résumé, tout comme South Facing Epitaph, The Art to Dissapear est une réussite mineure, mais on attend toujours LA projection metallique de l’esprit génial du réalisateur de Lost Highway, Mulfrançoisholland Drive and co.

Dans le Guide Rouge du monde de la Black Lodge, The Art to Dissapear figurera en assez bonne place. Il propose un garmonbozia plutôt savoureux dont saura se contenter le fan de black-indus nostalgique des scènes tournées à l’envers et montées à l’endroit. En attendant qu’un cuisinier trois étoiles s’aventure de l’autre côté du rideau rouge.



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