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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 25 avril 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Marco Benevento
(chant)

-Alessandro Pace
(guitare)

-Andrea Chiodetti
(guitare)

-Francesco Sosto
(claviers)

-Francesco Giulianelli
(basse)

-Giuseppe Orlando
(batterie)

TRACKLIST

1) Ishtar
2) Fall of Heroes
3) Two Horizons
4) New Babylon
5) Lost Soldiers
6) 17
7) Until We Fail
8) Martyrdom
9)
Nimrod (The Eerie Tower / Omelia / Collapse / Inno al Dolore)

DISCOGRAPHIE


The Foreshadowing - Seven Heads Ten Horns
(2016) - doom metal gothique - Label : Cyclone Empire



N’en déplaise aux trve evils of unholy darkness, la Bible, dans le genre source d’inspiration métallique et imagerie fantastique, ça défonce quand même assez sérieusement. Des quatre bêtes de Daniel aux visions d’Ézéchiel, en passant par l’Apocalypse – qui pour info signifie « révélation » et pas « fin du monde », il y a de l’epicness à revendre. En bons connaisseurs, les gars de The Foreshadowing ne s’y sont pas trompés et y ont puisé une partie de l’inspiration de leur quatrième effort. Ils ont bien fait de s’en remettre aux Écritures Saintes puisque sortir un troisième album consécutif proche de la perfection tiendrait du miracle…

Et, autant le dire tout de suite, le miracle n’a pas eu lieu. Saint Tristan, patron du doom metal, devait être occupé à autre chose. Seven Heads Ten Horns se contente d’être un bon album, la faute à une première partie d’œuvre correcte mais pas transcendante. Si le type de pochette est à nouveau différent – cette fois-ci, on s’approche du monde pictural de Septicflesh les Italiens ne changent pas la recette du contenu. Du gothic doom léché, mélancolique et peaufiné, formidablement chanté par Saint Marco, dont l’organe vocal reste bien en place – place… Saint Marco… z’avez compris ? – pas de bouleversement de ce côté. En fait, l’unique changement réside en l’apparition d’un titre long d’un quart d’heure, "Nimrod", cassant la sacro-sainte structure couplet/refrain/couplet jusqu’alors systématiquement respectée par les artistes. Les sept autres vrais titres – l’excellente introduction "Ishtar" bien sûr mise à part – obéissent toujours, eux, à la structure classique du morceau rock. Du coup, c’est encore une fois sur la qualité des mélodies associées aux couplets et aux refrains, ainsi que sur l’enchaînement entre les deux composantes des chansons, que repose l’impression globale produite par l’œuvre. Côté couplet, rien à redire. Parfaitement soutenus par la section rythmique, ils passent presque tous sans aucun souci l’examen. Les transitions sont elles aussi irréprochables et constituent toujours un des grands points forts de The Foreshadowing. Vous l’aurez donc compris, c’est du côté des refrains que le bât blesse. Si celui de "Fall of Heroes" est sympa, on qualifiera celui de "Two Hoirzons" de correct.
En revanche, les refrains de "New Babylon" et de "Until We Fail" ne sont pas bons et sentent le mauvais Paradise Lost. Dans le cas du dernier titre cité, le mal est plus général. Il s’agit d’un des titres les plus faibles composés par le groupe. Au rayon des déceptions, signalons également que les musiciens de semblent pas être prêts à composer des morceaux aux structures plus ambitieuses : Nimrod se contente d’être un enchaînement de plusieurs mini-morceaux, et l’on se serait volontiers passé du premier d’entre eux, qui s’essaye sans bonheur à une ambiance post-rock. Bref, en comparaison avec Oionos et Second World, le niveau a baissé. Mais heureusement. Heureusement. The Foreshadowing reste The Foreshadowing, à savoir un groupe capable de fulgurances mélodiques dignes du meilleur Depeche Mode et du meilleur Paradise Lost unis sans faille. Paradoxalement, la première grosse satisfaction vient du titre le plus doux et plus mainstream, "Lost Soldiers" dont la beauté et la fragilité font hérisser les poils des gros bras velus de l’auditeur. Dans un registre plus attendu, "17" est une vraie merveille, tout à fait dans la ligne des deux albums précédents : mélodies de très, très haut niveau, parfaitement soutenues par la rythmique et les fantastiques lignes de chant. "Martyrdom" n’est pas en reste et l’utilisation finale de chœurs féminins (enfantins ?) est surprenante et parfaite : cette petite innovation ponctue parfaitement cette petite perle. Autre grand moment : la troisième et surtout la dernière partie de "Nimrod", qui rappelle d’une certaine manière les fins d’albums de Summoning. Des chœurs magistraux transportent le fan vers des cimes émotionnelles atteintes uniquement par les très grands. L’album est inégal, c’est un fait, mais bordel, quelle classe…


Seven Heads Ten Horns est plein de bonnes choses et The Foreshadowing enchaîne ainsi avec un troisième opus consécutif de qualité. Certains titres sont d’ailleurs véritablement exceptionnels et on pourrait dire que l’utilisation des chœurs est encore meilleure que sur les œuvres précédentes.  Les Italiens consolident ainsi leur position de référence incontournable du gothic doom. Vous attendez un « mais » ou un « cependant » ? Est-ce bien nécessaire ?



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