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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 30 avril 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Emil Englund
(chant) 

-Rikard Olsson
(guitare)

-Fredrik Nygren
(basse)
 
-William Blakmon
(batterie)

TRACKLIST

1) Enemies Of Reason
2) Känslan (Post Patch Anxiety)
3) Pillars Of Filth
4) Choice Of A Lost Generation
5) From Graduation To Devastation
6) Dedication
7) Violent Hours (For A Veiled Awakening)
8) The 02666 Heritage
9) The Great Destroyer
10) Down And Out
11) In The Name Of Suffering
12) Lost On A Straight Path
13) Forsaken
14) Collapse
15) Lack Of Humanity
16) Svart Hål
17) I Don't Need You / Dead And Gone

DISCOGRAPHIE


Gadget - The Great Destroyer
(2016) - grindcore - Label : Relapse Records



Et bien ! S'il y en a bien un qu'on avait presque totalement oublié, voire pas connu du tout ou uniquement dans les catalogues du registre, c'est bien Gadget. Dix ans sans rien. Autant dire un projet musical terminé. Et alors? Et alors rien. Ou plutôt tout. Tout ce qu'on va se prendre en pleine tronche avec ce nouvel opus intitulé The Great Destroyer, titre, qui à lui tout seul, aurait pu servir de chronique.

« Ha Ha Ha » dix sept titres pour vingt sept minutes de musique. J'aime toujours découvrir la track-list des albums de grind, il faut tant d'inspiration pour trouver de quoi donner un nom aux quelques secondes qui composent les pistes joués. La petite minute de "Enemies Of Reason" suffira à dézinguer tout sens du courtois raisonnable et nous faire immédiatement nous interroger sur la si longue période de silence du groupe. Le son est d'une puissance folle et ne fait rien de moins que mettre au premier plan la violence et l'énergie que va envoyer le groupe sur The Great Destroyer. "Känslan" et "Pillars Of Filth" font même monter encore un peu plus la tension. L'album n'a pas tourné depuis cinq minutes que le KO est déjà prononcé. Un KO technique et punchy as fuck.
Soulignons le son de la guitare et surtout de la basse, ultra claquante et percutante, dont la profondeur globale démultiplie la portée du moindre riff ! « Et ça désosse mémé ! », que le groupe use du registre le plus grind possible ("Violent Hours (For A Veiled Awakening)" ou "Forsaken" au riff trémolo de dingue) ou qu'il lève un peu le pied dans les compositions au tempo moins rapide, laissant apparaître une espèce de sludge lourd ("In The Name Of Suffering" ou "From Graduation To Devastation" sur le riffing principal avant d'exploser). En bref ça tabasse sans vergogne, sans concession et sans pitié. Le résultat est pour une fois bien meilleur que ce qu'on pouvait espérer dans ce cas de figure, l'attente de nouveau matériel d'un groupe sans composition depuis un bout de temps laissant imaginer les fantasmes les plus absurdes.
Ajoutons à The Great Destroyer un sublime artwork à l'image choc et des paroles matraques (qu'il faut bien évidemment parfois décrypter, ou directement découvrir sur le site du groupe) et l'on finit par comprendre que l'on écoute une des grosses sorties de ce début 2016. Cessons d'essayer de placer Gadget derrière les grosses légumes du genre : il convainc définitivement et il mérite toute sa place aux coté des monstres Nasum, Brutal Truth ou autre Rotten Sound. Et justement, si Rotten Sound revient également avec un album énorme, on ne peut qu'apprécier le réveil de ces deux dinosaures qui montrent individuellement et globalement que le grind a encore beaucoup de choses de qualité à éructer.
Le groupe hurle dans "Choice Of A Lost Generation" : « History repeats itself , Idiots on parade, Half a generation Led astray ». Cela pourrait largement résumer le message et la piste à suivre pour se bouffer intégralement ce nouvel album. Attendu trop longtemps par certains, ou une très bonne façon de découvrir le groupe et le registre pour les autres. Sans aucun doute, l'une des sorties notables et remarquables de cette année.


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