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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Kavus Torabi 
(chant+guitares+harpe+percussions)

-Melanie Woods 
(chant+glockenspiel+percussions)

-Emmett Elvin
(chant+claviers)

-Josh Perl 
(saxophone alto+clarinette+chœurs)

-Oliver Sellwood
(saxophone baryton)

-Chloe Herington 
(basson+saxophone alto+chœurs)

-Charlie Cawood
(basse)

-Ben Woollacott
(batterie)

Guests :

-Bob Drake
(chant sur "High / Aflame", "The Germ Inside et "Feel The Sorcery")

-Maxence Dels Aucells
(fujara sur "High / Aflame")

TRACKLIST

1) High / Aflame
2) The Germ Inside
3) I Am Lost
4) The Deathless
5) Foul temple
6) Vision Of The Bent Path
7) I Must Set Fire To Your Portrait
8) Lowered Into Necromancy
9) A Dream About A Dream
10) Secret Words
11) Feel The Sorcery

DISCOGRAPHIE


Knifeworld - Bottled out of Eden
(2016) - rock prog psychédélique brillant, dissonant et fou - Label : Inside Out Music



fDans la scène progressive, Knifeworld fait figure d’ovni. Ovni dans sa composition avec pas moins de huit membres au sein du groupe. Ovni dans les instruments employés qui laissent libre court aux saxophones mais aussi au basson et autre clarinette. Ovni aussi par rapport à son approche des morceaux qui oscillent entre passages presque dissonants et d’autres beaucoup plus légers et mélodiques. Ovni enfin dans sa filiation avec le psychédélisme et le prog punk des Cardiacs. Pour autant, si le précédent disque, The Unravelling, avait été un succès avec cette approche rafraîchissante, qu’en est-il de ce Bottled Out of Eden une fois la surprise passée ?

Car s’il y avait bien une chose qui s’avérait fort plaisante lors de l’écoute de The Unravelling, c’était bien cet aspect à part, cette fusion entre le rock progressif, le psychédélisme et des instruments pour le moins étonnants. Kavus Torabi, maître à penser du projet, propose cette fois-ci de changer peu l’approche du groupe en élaborant des morceaux résolument plus pop, tout en gardant le grain particulier de Knifeworld. Ainsi, les pistes se déroulent la plupart du temps entre cinq et six minutes, permettant assez de développements sans trop s’étendre. Ceci s’explique notamment par la rapidité d’écriture de l’album : là où The Unravelling avait mis plus d’un an à être composé, Bottled Out of Eden a été enregistré en neuf jours seulement. Et cela se ressent sur l’immédiateté et l’efficacité des compositions à commencer par l’opener "High/Aflame" avec son refrain imparable et sa rythmique entraînante. D’autres morceaux suivront cette logique comme "The Germ Inside" et ses bois festifs ou la positive "Feel The Sorcery" et ses jolies notes de piano. Toutefois, bien que plus immédiats, ces morceaux gardent toujours des lignes de chants inhabituelles et envoûtantes (à grand renfort de chœurs) ainsi que des twists bien amenés.
Mais Knifeworld ne se contente pas de faire seulement des morceaux à forte tendance addictive, il sait aussi raconter subtilement des histoires à l’image de la géniale "I am Lost" qui commence par une voix féminine agrémentée d’une basse pleine de groove et de sax pour passer à un moment bien plus aérien et finir avec un dernier tiers lourd et groovy. Une véritable réussite. Et c’est bien lorsque les Anglais tentent de raconter des histoires qu’ils savent nous surprendre avec des morceaux plus épurés montant lentement en puissance comme la lente "Deathless" avec ses percussions lourdes et ses arrangements qui enrichissent le morceau au fur et à mesure ou encore la plus simple et très émouvante "Foul Temple" et son utilisation subtile des instruments à vents. Dans le chapitre des réussites, il nous faudra aussi mentionner le très bon "Lowered in Necromancy," morceau mettant en avant une guitare à la mélodie alambiquée qui débouchera sur un final tout en légèreté et poésie. Finalement, il n’y a pas grand-chose à reprocher à ce Bottled out of Eden, peut-être quelques morceaux moins marquants ("A Dream About a Dream", "I Must Set Fire To Your Portrait" et sa structure étrange), mais ce sera bien tout.

Bien que la surprise soit moins présente sur ce dernier recueil, Knifeworld réussit brillamment son coup en proposant un album plus immédiat, plus pop, sans pour autant délaisser la recherche de mélodies originales et efficaces. Bottled out of Eden présente tous les aspects du voyage réussi et agréable, nous guidant de sa main accueillante à travers le rock progressif brillant et légèrement dissonant des Britanniques. Knifeworld reste un groupe unique dans la sphère progressive qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui mérite largement qu’on lui laisse sa chance.


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