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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mai 2016
Sa note : 17/20

LINE UP

-Garrison Lee
(chant)

-Jesse Cash
(guitare+chant)

-Sean Price
(guitare+basse)

-Alex Ballew
(batterie)

TRACKLIST

1) Alpha Seed
2) Pulse
3) Dreamwalkers
4) Frostbite
5) Hybrid Earth
6) Rebirth
7) Ultraviolet

8) Spirits Away
9) Prometheus
10) Crimson
11) Augment
12) Dementia

DISCOGRAPHIE

Impulse (2011)
Augment (2013)
Drift (2016)

Erra - Augment
(2013) - metalcore progressif et mélodique - Label : Tragic Hero Records



Deux ans après nous avoir laissé sur le fessier, nous sommes enfin en capacité de pouvoir nous relever et déguster la nouvelle offrande des Américains. En passant de Impulse à Augment, Erra reste dans le thème de la croissance et de la progression. Espérons que ça ne soit pas un thème qui portera préjudice à cette formation et qu’elle n’errera pas dans les limbes du metalcore.

Après ce jeu de mot foudroyant, entrons dans le vif du sujet. Si Impulse était une tuerie, Augment commence à se rapprocher de la perfection. Voilà, c’est dit. Et c’est un sceptique – à tendance réticente – aux premières écoutes qui vous écrit. Il n’est finalement pas si aisé d’écouter du metalcore progressif. A fortiori du Erra. Et pour cause, tandis qu'Impulse se dévoilait plus ou moins facilement à son auditeur, Augment demande maintes réécoutes attentives afin de pouvoir en appréhender toutes les couleurs. Pourtant la recette n’a pas foncièrement changé en deux ans, c’est évident, et on reconnaît instantanément la patte caractéristique du groupe dès les vingt premières secondes de "Alpha Seed". L’artwork était quand même un indice raisonnablement significatif pour nous orienter sur cette voie. Un même thème mais des couleurs moins sombres, et même plutôt lumineuses. Un album édulcoré même.
Qu’entendre par là ? Augment nous présente ici une musique plus aérée, plus claire, encore plus teintée de mélodies qu’il ne l’avait faut auparavant, et arrive parallèlement à nous sortir de bons riffs agressifs et saccadés, ainsi que des breakdowns qui plaquent violemment au sol. Le tout dispersé gracieusement, sans tomber dans la lourdeur et la répétition. Plus puissant par moments, il délivre une technique encore plus aphrodisiaque couplée à de superbes mélodies, notamment grâce aux soli qui se font plus nombreux ("Rebirth", "Ultraviolet" et "Dementia"). Mais la véritable performance vient de Jesse Cash. Il est parvenu à améliorer encore un peu plus son timbre de voix, donnant plus de puissance et de maîtrise à ses envolées lyriques, ce qui n’était pas chose aisée au vu de celles sur Impulse. Vous ne pourrez passer à côté puisque toutes les chansons, à l’exception de l’infâme interlude éponyme, et la très moyenne "Prometheus", nous gratifient de son talent. Et certaines comme la fin de "Spirits Away" ou les refrains de "Hybrid Earth" ou "Alpha Seed" sont particulièrement délectables.
Autre avancée notable : il semblerait donc qu’Erra possède un bassiste. Certes, on voyait l’ancien se dandiner dans les sessions studio du précédent opus, mais hormis son apport capillaire notable, son rôle s’arrêtait plus ou moins là. Fini l’emploi fictif et place au jeu désormais, avec le passage de Sean Price à la basse, tout en gardant sa place de guitariste. Et on sent la différence. Il se permet même un petit plaisir solitaire sur "Pulse" (2’21). Pour dédouaner Adam Hicks, on mettra aussi ça sur le compte de la qualité d’enregistrement et du mixage qui font aussi partie des points qui ont été améliorés durant ces deux ans de travail. Bizarrement, et à l’instar de l’œuvre précédente, la deuxième partie de l’album (comprenez après "Ultraviolet") est un niveau en deçà de la première partie, car les chansons ont du mal à s’extirper de la masse. Enfin, à l’arrivée ce sont tout de même douze chansons pour plus de cinquante minutes d’un excellent metalcore progressif auquel on a le droit. Et certains titres sont d’ores et déjà des classiques du groupe.


Augment est donc, sans aucun doute, un album beaucoup plus mature et abouti que le déjà excellent Impulse. Le titre a été trouvé à merveille car, non-contents d’augmenter leur niveau de jeu, ils sont parvenus à trouver un équilibre entre puissance, technique et mélodies, tout en accentuant les parties que le public avait adoré, et réclamait sûrement. Une manière, simple mais efficace, d’élargir leur audience finalement.


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