17413

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mai 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Spleen
(chant)

-Raido
(guitare)

-Dies
(guitare+claviers)
 
-Robin
(basse)
 
-JC Reiss
(batterie)

TRACKLIST

1) Protogonos
2) Annuit Coeptis
3) Völuspá
4) Etemenanki
5) Virtù & Fortuna
6) Magnus Frater Spectat Te
7) Requiem Aeternam Deo
8) Alma Mater
9) Qohelet
10) Doxa
11) Ordo Ab Chao
12) Para Doxa
13) Nocte & Nebula
14) Eschatos

DISCOGRAPHIE

République (2016)

Malevolentia - République
(2016) - black metal Orchestral - Label : Epictural production



Engagé. République. Grec. Latin. Platon ? Commode ? Malevolentia cherche clairement à passer un message au travers de son titre d’album et ses chansons. Intelligentes, à tout le moins profondes, voilà le type de palabres que les Belfortains veulent partager. Ambition forte. Adossée à une musique à l’avenant ? Évidemment une des interrogations qui va nous turlupiner. Musique ? Quelle musique ? Mystère ou black metal symphonique ? Vous l’aurez compris : on orchestre, on lyrique, on s’envole. Black metal symphonique donc.

Groupe prometteur dont le premier album a laissé dans son sillage bonnes critiques et ventes par-delà la simple estime, Malevolentia revient armé d’un concept et d’un album qui ont eu tout le temps de mûrir dans la tête de son principal géniteur, Dies, occupé également à ses autres émanations musicales. Plus haut, plus loin, jusqu’au bout de l’extrême limite. N’est-ce pas trop loin toutefois ? Péché d’ubris pour reprendre une langue qui sied manifestement à la troupe. Pour tenter l’analyse, autant se lancer dans les compositions. Une heure, voici qui attend l’auditeur. Réparti sur quatorze titres, pas de saga à rallonge donc, on n’excède guère les sept minutes. Orchestrations. Le terme a caressé l’introduction de cette chronique, le voici désormais pleinement lâché. Bourré d’orchestration, certitude évidente. Car les claviers grandioses occupent une place prépondérante dans l’art ici délivré. La leçon est magistrale et que celui qui n’aime pas l’exercice se taise à jamais, car il n’aura pas droit de cité ici-bas.
Bourré. Oui, toutes les compositions débordent littéralement d’orchestrations. On dépasse le simple cadre du symphonique pour s’arrimer à la grandiloquence orchestrale. Résultat, on pense à ceux qui ont eu le loisir et la richesse de s’enticher de véritables orchestres. Ne cherchez pas la référence norvégienne évidente car c’est plus du Cradle of Filth de Damnation and A Day dont on se rapprocherait. Pourtant, Malevolentia va bien plus loin en collant des plans de cuivres multiples partout. Et de chœurs. Et de vents. On pense aux voisins Furia ou Anorexia Nervosa. Ce qui permet la transition sur les riffs. On pourrait croire que l’avalanche de grands ensembles limite la présence des instruments plus classiques ou les simplifie à l’extrême. Fort heureusement et de manière très intelligente, point de cache misère. Les riffs sont consciencieusement travaillés, froids et épiques comme ils se doivent pour accompagner ces chœurs et symphonies, car il ne faut pas se tromper, ils sont bien des accompagnateurs plus que des créateurs de musique ici.
Le plus beau des compliments qu’on puisse leur faire probablement, c’est qu’ils s’écouteraient déjà fort agréablement seuls. Compliment idiot qui a tendance à devenir une exception lorsqu’on traite des groupes qui misent (tout) sur leur grandiloquence. Ajoutez à cela une batterie qui oscille parfaitement entre la furie du blast et les mid tempos plus adaptés aux plages de calme relatif. Cette variété de tempos qui se retrouvent évidemment dans le grand orchestre est la base des respirations indispensables d’une musique aussi chargée. Cette intelligence dans la diversité rythmique nous garde à flot et entérine la puissance des chansons. Petit bémol toutefois. Au niveau technique. La batterie sonne comme une boîte à rythme. Dommage. Cependant que cela n’occulte pas la performance qui se dégage de cette bande originale (ce n’est pas moi qui le dit, mais le groupe lui-même dans sa promo). Nul doute que le film qui l’accompagnerait serait une œuvre grandiose mettant aux prises d’immenses armées médiévales teintées de magie. Oui, très metal.


Album réussi, indubitablement. Entrée fracassante du black symphonique et au-delà dans les charts de 2016. Bien sûr, le pré-requis initial sera une tolérance à l’orchestration. Pourtant moi-même n’étant pas un grand fan de la chose, je cède aux sirènes. Du bel ouvrage que voilà. Des limites ? Son aspect bien trop touffu. Cependant, celui qui se lancera dans l’aventure partira plus que prévenu, donc pas de surprise dans un album excessivement homogène, à écouter d’une traite.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1