17509

CHRONIQUE PAR ...

115
Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mars 2017
Sa note : 12/20

LINE UP

-Mario Lérida
(chant)

-Jose Luis Corrales
(guitare)

-Juan Miguel Ramirez
(basse)

-Francisco Llévenes
(batterie)

TRACKLIST

1) Rebirth
2) This World
3) Ahora Mando Yo
4) Dualitas
5) #Shit
6) Eternidad
7) Jugando
8) Dance-Core Party
9) Ups & Downs
10) Hasta Fallacer
11) Love Song
12) Hate Song

DISCOGRAPHIE

Dualitas (2016)

Bolu2 Death - Dualitas
(2016) - electro metalcore flamencore - Label : Necromance Records



Avouez-le, du pays de Cervantes, vous ne connaissez que très peu de noms estampillés metal. Bien sûr, il y a le gros poisson, Avulsed le brutal, les non moins connus troubadours Mägo De Oz et, pour finir, les tendancieux Haemorrhage. Mais tous ces groupes ne datent pas d’hier puisque leur formation remonte à une période comprise entre 1989 et 1991 [ndlr :Angelus Apatrida, formé en 2000, va adorer cette introduction]. Il serait peut-être temps de se faire une petite mise à jour et se pencher sur un groupe un peu plus récent et moderne. C’est le cas de Bolu2 Death.

Leur nom sonne déjà très étrange, autant à la vue qu’à l’oreille, et tout le monde aura pris le temps de se demander comment cela se prononce. Sûrement « Boloutoudèss » [ndlr : plutôt Boloudos Death, a priori]. Après, niveau signification, on n’en sait pas plus [ndlr : on vous laisse chercher comme des grands mais sachez d'emblée que le terme « boludo » n'est pas très flatteur]. Ce qu’on sait en revanche, c’est que le quatuor a vu le jour en 2009 à Huelva, modeste ville de l’extrême-sud de la péninsule ibérique [ndlr: cent-cinquante-mille habitants tout de même...]. Forte de six musiciens à ses débuts, la formation a vu partir certains de ses membres au fur et à mesure de la sortie de ses albums: Aviate en 2011, et Mastica Tus Dientes deux ans plus tard. Un chanteur-guitariste et un claviériste en moins, il ne reste que les fondations et le service syndical minimum requis pour former un groupe de metal digne de ce nom. Relativement au genre qui concerne Bolu2 Death, les plus perspicaces d’entre vous auront fait le rapprochement entre Huelva, l’Andalousie et l'une des musiques les plus influentes dans ce coin de l’Espagne: le flamenco.
Et bien, c’est ce point qui parait intéressant a priori, car les Espagnols réclament ni plus ni moins la paternité d’un style nommé très astucieusement « flamencore ». Oui, encore un style auquel on a accolé le suffixe « core », pour rester dans la tendance actuelle. Les plus avides d’originalité vont donc se ruer sur l’album. Mais ils seront certainement très déçus. Effectivement, n’en attendez pas trop de ce Dualitas, car vous trouverez très peu de traces du style en question. Si dans les précédents opus, Bolu2 Death en incorporait un minimum, ici on le voit presque totalement disparaître, excepté à de rares moments dans "Eternindad" et "Hasta Fallacer". On est donc très loin des Ojos de Brujo, d’une Nina Pastori ou encore d’un Radio Tarifa. Sans passer par quatre chemins, et au grand dam de beaucoup de personnes, on se rapprochement nettement d’un mélange d’Attack Attack!, d’Attila, d’Eskimo Callboy et d’un Skip The Foreplay, le tout avec d’énormes relents emmuriens.
Le dernier mot a certainement fait détaler près de 90% des lecteurs, et c’est compréhensible. Car pendant les quarante minutes que forment les douze titres, vous entendrez principalement des bass drops, des riffs lourds, des breakdowns et beaucoup d’éléments electro/dubstep, souvent pesants ("Ahora Mando Yo", "Jugando A Ser Dios" et "Dance-Core Party" notamment). Le groupe tentera même un passage hardcore old-school sur "#Shit". Mais ce qui est vraiment frappant, c’est le quasi mimétisme avec Emmure, aussi bien au niveau du timbre de voix utilisé qu’au niveau des harmoniques ("This World", "Dualitas", "Jugando A Ser Dios", "Love Song", "Hate Song"). Alors oui, les gars se rattrapent et se différencient avec l’utilisation de la langue hispanique sur une bonne majorité des chansons, mais ils se vautrent aussitôt en la mélangeant avec de l’anglais dans les autres. Et cela donne des phrases du genre « I wanna fuck la libertad ». On vous fera grâce des paroles stéréotypées type « Haters gonna fucking hate » et autres « We live in this […] world […] where haters are fashion victims », et on vous dira surtout que, comme Emmure, c’est un groupe qui ne prétend à rien, si ce n’est de servir de défouloir. Et là, c’est plutôt réussi.


Ce Dualitas de Bolu2 Death est comme un mauvais teaser. On ne vous montre que ce que l’on veut que le spectateur voie, mais dès qu’on pose les oreilles plus en détail sur l’œuvre, tout disparaît. Cet album n’est pourtant pas foncièrement mauvais en soi, mais il reprend trop les poncifs du metalcore sans apporter une grande touche d’originalité. Si le flamenco avait une place plus prépondérante que les passages electro ou breakdowns que le maître du style, Emmure, nous ont déjà balancé une centaine de fois, ce groupe trouverait certainement grâce auprès d’un grand nombre d’auditeurs. À bon entendeur.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3