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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 26 mai 2017
Sa note : 14/20

LINE UP

-Matvei Fedorenchik
(chant+programmation)

-Maxim Chapliuk
(guitare)

-Nikita Zvontsov
(clavier+programmation)

-Ilya Matusevich
(batterie)

TRACKLIST

1) My Nightmares Turned Into Reality
2) Who Are You, Mr. Brooks?
3) The Helping Hand
4) My Hard And Long Way Home
5) The Pursuit Of The Dream
6) Born To Find Myself
7) Johne Doe
8) Unfair And Cruel Fate
9) Hate Unleashed

10) My Inspiration
11) Rest In Peace, My Friend
12) Let Me In
13) Viateo

DISCOGRAPHIE


Dead Silence Hides My Cries - The Symphony Of Hope



Faisons la liste des pays disposant d’un droit de liberté d’expression tout à fait grandiose. Corée du Nord, Arabie Saoudite, Érythrée, Chine, Cuba et. . .OH un pays européen : la Biélorussie. Que peut donc proposer d’intéressant ce pays dans le thème du metal, lui qui est encore tenu d’une poigne de fer par un Loukachenko, étroitement lié à son grand cousin qu’est la Russie ? Eh bien, mine de rien, quelques groupes qui attirent l’attention.

Parmi ceux-là : Dead Silence Hides My Cries. Si Opeth a Mikael Akerfeldt, si Hypocrisy a Peter Tägtgren, et si Veil Of Maya a Marc Okubo, il semblerait que DSHMC possède également son homme à tout faire, incarné ici en la personne de Matvei Fedorenchik. Tout d’abord, c’est lui qui est à l’origine de la fondation du groupe en 2008, dans la capitale de son pays, Minsk. Ne se contentant pas de ce statut de fondateur, il endosse en outre le poste de bassiste, d’auteur et de compositeur des paroles, du chanteur « extrême » (comprenez voix metal, et non voix claire), ainsi que du rôle de programmateur et producteur. Ni plus, ni moins. Pour l’anecdote, c’est bien lui qui a produit entièrement ce Symphony Of Hope en à peine quatre mois, mettant entre parenthèse sa vie sociale et sentimentale pendant ce laps de temps. En résumé, le groupe aurait pu s’appeler Fedorenchik’s Project. Mais quand on aime, ça ne compte pas.
Qu’importe, on est loin du projet solo qui, en général, se situe plus dans la catégorie « metal prog » ou « black metal ». Dead Silence Hides My Cries officie dans un genre un peu plus . . . commercial, même si celui-ci reste à nuancer et préciser. Il s’agit bien d’un metalcore/post-hardcore, mais auquel on doit absolument accoler l’étiquette de « symphonique ». Le titre de l’album ne nous ment donc pas. Car comme le dit le roi Matvei lui-même dans une interview, chacune de leurs chansons est une symphonie. Et ça, si vos conduits auditifs ne l’ont pas discerné grâce à l’omniprésence du clavier, qui a une part active dans la composition et non pas un simple rôle de bouche-silence, vous pourrez l’assimiler quand vous saurez les influences majeures dont se réclame le groupe biélorusse : Hans Zimmer, Steve Jablonsky, John Williams et Clint Mansell. Les plus cinéphiles d’entre vous auront percuté : ce sont quatre des plus célèbres compositeurs de musiques de films. D’où les noms des chansons "Where Are You Mr. Brooks ?" et "The Pursuit Of The Dream", toutes deux inspirées de films américains de la deuxième moitié des années 2000.
Au reste, et au-delà de ces influences un peu hors du commun, notamment pour le style dont il est question ici, on passera difficilement à côté du poids influent de la vague post-hardcore/électro emmenée par les têtes de gondoles We Came As Romans ("Rest In Peace, My Friend"), Attack Attack !, ou Capture The Crown ("My Hard And Long Way Home"), voire même du Buried In Verona à leur début ("John Doe"). "Unfair And Cruel Fate" et "Hate Unleashed" se détachent quand même un peu plus de la masse par un rythme plus intense et une meilleure percussion. Pour autant, vous ne passerez pas à côté du chant clair, présent dans chaque chanson quand vient l’heure du refrain. Et si vous croyez que c’est cette caractéristique qui est désagréable, vous vous fourvoyez. Non, la vraie erreur, c’est ce débit si particulier qu’ont les deux vocalistes. Les phrases courtes et concises sont débitées de manière atrophiées souvent deux mots à la fois, ce qui donne un faux rythme et peut amener de la frustration, niveau fluidité.
Si le côté « core » n’apporte donc rien d’exceptionnel et d’attirant chez ce groupe, il convient de préciser que celui-ci n'est pas passé loin de la séparation. En cause justement, l’écriture et la sortie de cet album qui s’est faite sous la pression du label Artery Records. C’était la condition sine qua non pour continuer l’aventure, et à l’arrivée, ça a payé. C’est là que prend la signification du mot « Hope » dans le titre de l’opus. Il n’est finalement qu’un album rempli d’espoir pour la suite de leur carrière, dans un pays où les labels ne sont déjà pas bien nombreux – pour ne pas dire inexistants. The Symphony Of Hope pourrait presque ressembler à une complainte, comme pouvait le laisser entrevoir cette pochette fascinante de mélancolie et de froideur. La formation y a donc mis une bonne partie de son cœur et de son âme, et si vous n’en êtes toujours pas persuadé vous pouvez jeter une petite oreille sur "My Inspiration" et "Rest In Peace, My Friend", respectivement dédiées à l’ex petite-amie et la défunte grand-mère de Fedorenchik.


Ces quarante-deux minutes de Symphonies d’Espoir sont donc touchantes si on connait le contexte dans lequel elles ont été composées. En nette évolution, dans tous les sens du terme, par rapport à The Wretched Symphony, en 2010, Dead Silence Hides My Cries a traversé pas mal d’épreuves et va continuer d’en baver puisqu’après la sortie du disque, trois membres vont quitter le navire. Aujourd’hui, parmi les quatre membres, plus aucun n’est originaire de la fondation. Même Matvei. . .



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