17557

CHRONIQUE PAR ...

87
Malice
Cette chronique a été mise en ligne le 14 novembre 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-John Wesley
(chant+guitare)

-Sean Malone
(basse)

-Mark Prator
(batterie)

TRACKLIST

1) by the light of a sun
2) a way you'll never be
3) to outrun the light
4) the revolutionist
5) nada
6) the silence in coffee
7) unsafe space
8) sun.a.rose
9) epic
10) pointless endeavors

DISCOGRAPHIE


John Wesley - A Way You'll Never Be
(2016) - rock prog - Label : Inside Out Music



Après un Disconnect imparfait mais absolument sympathique, John Wesley revient sur la scène rock avec une toute nouvelle offrande : le brûlant A Way You'll Never Be. Et si l'univers musical du guitariste est toujours aussi reconnaissables, il se pare, ici, d'atmosphères toutes nouvelles, plus sombres et vénéneuses, plus brutales et incisives. Plus complexes aussi, en hommage volontaire au rock progressif des années 70. Un beau programme en perspective, couplé à une belle ambition. Le mieux, c'est que ça marche.

Il est tortueux, cet album. Pas évident d'accès malgré une première piste efficace, qui semble presque inviter l'auditeur à s'installer confortablement et à se reposer sur ses acquis tout en savourant le son. Heureusement (!), l'impression est trompeuse : l'écoute de A Way You'll Never Be n'a rien d'aisé. En effet, les ambiances qui sont chères à Wesley sont atypiques, tantôt rudes ou réconfortantes, tantôt optimistes ou sombres. Bref, un double tranchant frais et fort bien maîtrisé (les 2 premières tracks de l'album illustrent parfaitement ce mode de fonctionnement). L'album en devient nébuleux, aux premières écoutes, mais se laisse apprivoiser au fur et à mesure des séances. Car il y en a, des choses, dans A Way You'll Never Be, à remarquer. Il y en a, des détails savoureux qui ne se dévoilent qu'avec le temps. Ce serait trop facile, sinon.
Par exemple, il y a les ambiances. Elles sont tour à tour torturées ("sun.a.rose" et son refrain entêtant), mélancoliques ("the silence in coffee"), énergiques et apaisées, parfois, au détour d'un accord ou l'autre. La voix de John, expressive à souhait, y contribue sans pour autant éclipser le reste. En effet, les compositions d'A Way You'll Never Be font la part belle à une guitare qui en dit tout aussi long que son propriétaire, en l'accompagnant ou seule (comme tout au long de "unsafe space"). Quant à la section rythmique, elle n'est pas en reste et complète les thèmes à merveilleuse (la partie instrumentale de "nada", groovy et prenante, en est un bon exemple). Il va s'en dire que le tout est très bien exécuté, technique sans pour autant donner l'impression à l'auditeur d'un égotique étalage de virtuosité - effort appréciable s'il en est.
Hélas, A Way You'll Never Be n'est pas exempt de défaut. C'est un album complet, mais qui aurait pu gagner à perdre quelques minutes. En effet, si l'opus fait la part belle aux passages instrumentaux, la sauce ne prend pas toujours. C'est le cas pour "a way you'll never be" ainsi que pour "to outrun the light". De plus, la cohérence de l'opus lui joue parfois des tours : certains passages se ressemblent et contribuent à l'impression de longueur qui s'en dégage (les refrains de "to outrun the light" et "the revolutionist" suivent une ligne de chant très similaire, ce qui est d'autant plus infortuné que ces deux pistes se suivent). Rien de rédhibitoire mais tout de même, cela reste à souligner. La perfection est dure à atteindre, de toute façon. Ce serait trop simple, autrement.


A Disconnect s'est succédé A Way You'll Never Be et le moins que l'on puisse dire, c'est que cet album vaut le coup d'oreille. Plus sombre que son prédécesseur, il s'en dégage une impression d'équilibre, de maturité et de sincérité : on a envie de s'y attarder, de le faire tourner jusqu'à bien l'avoir en tympan pour mieux l'apprécier. L'hommage est réussi, finement ouvragé et surtout d'une belle originalité malgré quelques défauts. Je ne saurais que conseiller aux amateurs de musique - progressive ou non - d'y jeter une oreille. Après tout, John Wesley n'en est de loin plus à son coup d'essai et cela s'entend.
Ce serait trop absurde, sinon.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4