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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Saud Ahmed
(chant+clavier+programmation)

-Dan Hatfield
(guitare)

-Ryan McGee
(guitare)

-Tony Morick
(basse)

-Andy Baxter
(batterie)

TRACKLIST

1) Fap Fap
2) Uber Douche
3) Cool Story
4) Kthxbye
5) Stoke Stokely (ft. Kody Hale from Hail To The King)
6) Hey Zeus
7) Idahoe
8) The Celebration

9) Ugly Biddie
10) Pac'alypse

DISCOGRAPHIE

FSU (2013)

(2013) - hardcore death metal deathcore - Label : Auto-production



Qu’est-ce que c’est que ce titre chelou encore ? FSU ? Bon, on va regarder sur Google. Ah mais ça doit être la Fédération Syndicale Unitaire ! Attends, non, ils ne sont pas français. Du coup. . . Fuck Shit Up ? Ok, donc les gars sont vulgaires d’entrée de jeu. Puis, quand on regarde la pochette, ce groupe ressemble plutôt à un gros trip ou une mauvaise blague. N’ai-je point raison ?

Oui et non. Tout d’abord, The Holy Guile n’est pas un nouveau-né dans le monde du deathcore. Car, avant de s’appeler de la sorte, il existait sous le nom de The Crimson Armada. Et il a fait ses preuves avec un EP et deux albums entre 2007 et 2012, avant de spliter. Mais ce n’était pas une vraie fin. Car son leader et sa tête pensante, Saud Ahmed avait déjà un projet parallèle en tête. C’est à ce moment qu’il décide de s’y consacrer à plein temps et d’annoncer que TCA ne sortira plus d’album. The Holy Guile est donc rebâti sur des ruines un minimum solides, surtout qu’Ahmed va emporter dans son carcan son fidèle guitariste Dan Hatfield. Et la deuxième chose qu’il va faire pour marquer le lien avec son ancienne formation, c’est de reprendre le nom d’un de ses anciens albums, Guardians, sorti en 2009, et d’en faire une suite, sous forme d’EP, intitulée Guardians 2.0. Tout le monde a suivi jusque-là ?
Bien. Maintenant, si l’on se penche de plus près sur cet album au nom délicat, on se rend compte que ce n’est pas une nouveauté totale. C’est simple, les quatre premiers titres ne sont rien de plus que l’EP Guardians 2.0 dans son intégralité, mais tout de même remasterisés. C’est donc le seul changement à ce niveau de l’album, le son et la production étant d’une qualité incomparablement supérieure à la première. The Holy Guile sonne désormais beaucoup plus deathcore que son ancêtre aux sonorités plus gentillettes car plus metalcore. Et ça, il ne faut pas aller bien loin dans l’album pour se rendre compte du potentiel destructeur des natifs de l’Ohio. Car c’est un réel point fort de leur musique. Le problème, c’est qu’il n’est pas toujours utilisé à bon escient. Entendez par-là que nombre de chansons n’apportent rien à l’album, si ce n’est une démonstration maladroite de puissance et de technique, comme "Uber Douche", "Stoke Stokely" et "Hey Zeus".
Au final, entre les trois titres précédemment cités et les quatre premiers loin d’être nouveaux, on se retrouve avec quatre véritables chansons, dont seulement deux sortent du lot. Deux vraies tueries en l’occurrence, qui sont l’émanation et la quintessence de ce que The Holy Guile sait produire. Le combo "Idaho"/"The Celebration" va ravir les fans de core, car absolument tout y passe : du rythme, des riffs intenses et difficilement oubliables, des syncopes,  des bassdrops, une technique loin d’être inintéressante, et le tout accompagné par un flow lyrique très enjoué made in Saud Ahmed. Et c’est d’ailleurs un élément à ne pas laisser de côté, car c’est l’autre point fort de la formation, qui lui donne une particularité lui permettant de se hisser hors du panier rempli de groupes core, formatés et uniformisés.
Et ce dernier n’hésite d’ailleurs pas à se servir de son instrument singulier, (plus que de son discret clavier d’ailleurs), que ça soit sous forme de chant rappé, ou de sa puissante et écorchante tessiture screamée, pour dénoncer un peu tout ce qui lui passe par la tête. Que ça soit les très corrosives "Ugly Biddie" et "Stoke Stokely" qui dénoncent le comportement de certains groupes, ou "Fap Fap", "Cool Story" et "Hey Zues" plus axées sur la religion, Saud Ahmed ne met aucune barrière. Un grand coup de chapeau à lui pour l’écriture de "Kthxbye" dans laquelle on peut déceler le nom de pas moins de dix-sept formations, malicieusement cachées dans le texte, dont un fantastique « Heaven shall burn through the eyes of the dead ». En outre, "Idahoe" peut être considérée comme une brève biographie du groupe.


Quand on décortique bien cet album, on se rend vite compte que c’est comme un trailer. Les deux clips représentant les deux meilleurs titres, on a du mal à trouver de l’intérêt dans les autres, qui sont trop peu garnis. Alors oui, c’est technique, c’est solide, mais ça ne mène nulle part, et c’est dommage, car on sent qu’il y a du potentiel. Copie à améliorer pour la prochaine fois.



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