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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mars 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Mohammad Rayan Balouni
(chant+guitare+production)

-Amir Chaouch
(guitare)

-Liam Ruddell
(basse)

-Kareem K
(batterie)

TRACKLIST

1) Silence The Sensor
2) Ethereal
3) Krypton
4) Trade Lie Census

5) Where Secrets Remains
6) Shelter
7) Got The Gift
8) Mirrors
9) The Hunt
10) Never Been Clear

DISCOGRAPHIE


Coat Of Arms - A Shade Of Red



Vous en avez assez d’entendre parler des pays du Golfe Arabique en termes peu élogieux à travers les divers médias qui entourent, voire envahissent, notre quotidien ? Et bien venez faire une cure de désintoxication du côté des Eternels, cela vous fera le plus grand bien. Car ici, ils sont accueillis de la meilleure des manières. Notamment le groupe Coat Of Arms, qui avait déjà été victime de ma curiosité après leur album de 2013.

Avec sa première sortie Sun & Satellites, la formation basée à moitié à Dubaï et au Qatar avait su retenir l’attention du chroniqueur exotique que je suis. Réussissant à faire un amalgame intéressant de plusieurs genres, pas forcément liés, ou en tout cas très rarement associés jusqu’alors, cet album montrait donc qu’il ne fallait pas forcément rester sur une vue européano-centriste pour faire de belles découvertes. Deux ans après, ce cocktail revient sur la table, et a pris en consistance ainsi qu’en goût. Passant d’une grosse demi-heure à une petite quarantaine de minutes, l’album a gagné un quart en termes de durée, et même si la quantité n’est pas forcément gage de qualité, ici elle l’est.
A n’en point douter, Coat Of Arms est un groupe qui aime évoluer et progresser dans sa musique. Car si on prend un peu de recul, on se rend compte que la musique actuellement proposée est à des années-lumières de celle de This Is Manslaughter, en 2011. A Shade Of Red porte plutôt bien son nom, car s’il n’apporte pas des nuances de rouge à l’oreille, on peut peut néanmoins y distinguer quatre éléments majeurs, dont le metalcore progressif, pouvant être considéré comme base principale, et des influences piochées allègrement dans le djent, l’industriel et même le néo-metal (qui n’en a plus que le nom depuis le temps). Tout cela peut inciter à la technicité, mais cela reste plutôt soft de ce côté, préférant se concentrer sur une musique groovy et un minimum mélodique.
Si dans ma précédente chronique, je listais un nombre étendu de groupes qui ont fortement influencé nos Emiratis, on peut désormais affirmer qu’ils ont réussi à se forger leur propre sonorité. Et on peut fortement l’imputer à son maître à tout faire, Mohammad Bailuni, encore une fois derrière la production de l’album, mais aussi derrière la programmation et le chant. C’est ce dernier qui est le gros point fort et le symbole du progrès de Coat Of Arms. Beaucoup plus puissant et maîtrisé, il a nettement pris en galon, et sa palette semble même s’être élargie, mêlant la voix scream qu’on lui connaissait (à la limite du pig squeal type exhale), à sa voix claire magistrale. Tout semble désormais tourner autour de lui. En résulte logiquement "Shelter", entièrement chantée en voix claire, que l’on pourrait immédiatement classer dans la catégorie néo-metal.
Rassurez-vous tout de même, si vous y êtes allergiques, il existe quand même des chansons entièrement screamées, comme les deux derniers titres, même si ce ne sont pas les meilleurs. Non, si vous voulez entendre les tueries, vous devrez vous tourner vers le début de l’album avec le single "Silence The Sensor" et sa multitude d’éléments indus éparpillés, "Krypton", qui représente la quintessence de COA, ou la très rentre-dedans "Trade Lie Census". Restent quand même de petites traces d’influences actuelles, comme dans "Got The Gift" et "Mirrors" et la forte ressemblance avec Subversion. Et ce n’est pas un hasard si c’est un groupe de metal moderne. Il reste à voir si la tournée internationale au Portugal, en Allemagne et au Sri Lanka, après la sortie de cet album leur permettra de le diffuser au mieux (Moyen-Orient oblige) et d’acquérir de l’expérience.


Avec ce A Shade Of Red, Coat Of Arms continue sur sa bonne lancée. Très peu de fausses notes sur cet album, mais il manque un gros grain de folie et d’originalité à leur musique pour se distinguer un peu plus désormais. Car le tsunami du metal moderne peut vite faire des ravages, surtout quand on habite un endroit côtier comme eux.


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