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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 17 février 2017
Sa note : 18/20

LINE UP

-Mark Soby
(chant)

-Dave Blomberg
(guitare)

-Paul Burnel
(basse)

-Adam Perry
(batterie)

TRACKLIST

1) In Asylum
2) System Overload
3) Real Life
4) Crucified
5) Deper and Deeper
6) Blood of Your Innocence
7) Siren Prey
8) Plating
9) Celestial Mutator


DISCOGRAPHIE


Asylum - Suckling the Mutant Mother
(1991) - hard rock gothique - Label : Houses in Motion



« Dieu a dit : il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches, et tous seront égaux ; mais ça sera pas facile… Et puis il a ajouté : il y en aura même qui seront noirs, petits et moches, et pour eux, ce sera très dur ! » Coluche.

En 1991, sortir un album de rock gothique, même musclé, quelle idée… Sisters of Mercy a signé son arrêt de mort  un an auparavant, avec un Vision Thing pas terrible, terrible, le mouvement goth connaît un déclin très significatif, et l’heure est au metal, qui commence à intégrer doucement des influences goth justement, à l’indus, au grunge, au noisy pop/shoegaze... Nirvana, Faith No More, The Pixies, Ministry, Slayer, My Bloody Valentine. Voilà les noms qui font rêver la jeunesse décadente ! Alors bon, qu’un groupe inconnu sorte un album à la pochette si infâme dont le contenu n’est pas hype pour un sou – à l’époque on disait « tendance » ou « trendy »-, eh bien comment dire : tout le monde s’en bat les parties génitales. Tout le monde ? Non. Car un petit nombre de fan de goth rock résiste encore à l’envahisseur. Un tout petit nombre même, qui voit en ce Suckling The Mutant Mother, ce qu’il est : un album de goth rock de tout premier plan. Un des meilleurs du genre même.
Corrosif, un peu graisseux, magnifiquement emmené par un leader fruit des amours d’Eldritch et McCoy, et surtout – surtout – truffé d’airs plus accrocheurs les  uns que les autres : voilà comment qualifier ce magnifique travail. Là où Vision Thing n’est qu’un succès extrêmement partiel, Suckling The Mutant Mother met dans le mille. Entre Sisters, The Mission et Dawnrazor, ce premier essai des natifs de la Perfide Albion est une tuerie  : "In Asylum", "System Overload", "Real Life", "Crucified" – « aoah ah ah ah Cru-cified » -, "Blood of Your Innocence"... Toutes ces chansons possèdent un refrain en or. "Deeper and Deeper" privilégie un peu plus l’ambiance que la castagne et son aspect plus obscur constitue un superbe trou du milieu. "Siren Prey" marque un léger déclin ? Bah, le groupe en remet une couche avec "Plating" avant que la voix de Mark, plus haut perchée  nous fasse frissonner sur le somptueux "Celestial Mutator" final. Entêtant, heavy sur les bords, rehaussé par des nappes de claviers discrètes mais vraiment bienvenues, notamment sur "System Overload", Suckling The Mutant Mother est un « must », comme on disait également à l’époque.


Allez quoi, oubliez-la, cette pochette immonde ! Comme si c’était la première fois ! Le premier album d’Asylum est un brûlot injustement méconnu, mais, fort heureusement, disponible sur Deezer. Vous aimez le rock gothique ? Réparez vingt-six ans d’injustice et foncez !



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