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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 30 avril 2017
Sa note : 16/20

LINE UP

-Jean-Baptiste "JB" Le Bail
(chant+guitare)

-Kevin Verlay
(guitare)

-Ludovic Veyssière
(basse)

-Kévin Paradis
(batterie)

TRACKLIST

1) Golden Sacrament
2) Carcosa
3) The Pact : To The Devil His Due
4)
Upon This Intimate Madness
5) Khimba Rites
6) Tentacion
7) Orgasmic Spiritual Ecstasy
8) Transsubstantiation
9) Emphatic Illusion
10) Lwas
11) Nganda

DISCOGRAPHIE

Ages Of Decay (2008)
Witnessing The Fall (2010)
Profane (2013)
Abreaction (2017)

Svart Crown - Abreaction
(2017) - death metal - Label : Century Media



Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Ce proverbe bien connu pourrait s’adapter à la carrière de nombreuses formations et notamment à celle qui nous intéresse ce jour : Svart Crown. Les Niçois ont en effet su gravir les échelons depuis leurs débuts, après une démo pleine de promesses parue en 2006. Ces dernières se sont concrétisées par un Profane aux très grandes qualités. Quatre ans plus tard, le groupe revient sur le devant de la scène pour nous présenter son dernier méfait.

On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. C’est donc une fois de plus JB Le Bail, seul membre originel encore en activité, qui s’est chargé du travail de composition et s’affirme toujours comme le leader incontesté de la troupe. Il a dû faire face à deux départs, ceux de Nicolas Muller et de Clément Flandrois, remplacés par une paire de Kevin, Paradis et Verlay, aux postes de batteur et guitariste. Ces arrivées n’ont en rien bouleversé l’ensemble. Svart Crown entend encore martyriser le monde à grands coups de black death metal sombre au possible. Il y parvient d’ailleurs aisément, tant les dix morceaux et l’instrumental "Emphatic Illusion" sont ici travaillés, fignolés, jusqu’à obtention d’une quasi-perfection. Le son rend le tout encore meilleur, alliant parfaitement puissance et agressivité. Comparaison n’est pas raison, mais l’on décèle à l’écoute d’Abreaction, quelques similarités avec des grands nom du metal extrême. Behemoth vient (un peu) à l’esprit, mais les connaisseurs retrouveront également des passages évoquant Immolation. Comment en effet ne pas s’en rendre compte, à l’exemple de l’excellent riff final de "Upon This Intimate Madness", qui aurait pu sans mal figurer sur un disque des New-Yorkais ? Loin de se contenter d’inspirations venues d’ailleurs, les Sudistes parviennent à utiliser des codes bien connus, les agencer intelligemment pour aboutir à des œuvres marquées du sceau de la réussite.
Qui veut aller loin ménage sa monture. C’est ainsi que Svart Crown, pour durer et faire de cet album un disque vers lequel on reviendra avec plaisir a su varier son discours musical. Les Français ne se contentent pas d’exécuter un black death implacable, ils s’amusent à distiller çà et là des passages avec une ambiance sombre, évoquant des rituels vaudous. Les orchestrations apportent en effet une plus-value non négligeable à l’ensemble, faisant naître une cohérence et une consistance supplémentaire à une œuvre déjà bien dense. Des parties plus posées, comme le morceau éponyme ou sur "Transsubstantiation", pour ne citer qu’elles, plongent l’auditeur dans un univers inquiétant et savoureux à la fois. Et que dire de l’instrumental "Tentacion", très réussi, qui esquisserait presque la musique d’un western orageux ? Les Méridionaux ont peaufiné leurs pièces, qui sont minutieusement polies comme de noirs diamants. Les joaillers niçois offrent de véritables bijoux de noirceur, qui contenteront certainement les friands de musique extrême. Les riffs mémorables sont nombreux et bien que le tout soit d’une qualité homogène, certains titres sortiront légèrement du lot. Pour ma part, il s’agit de "The Pact: To the Devil His Due" et de "Upon This Intimate Madness". Le recueil s’achève dans une fureur et une violence qui auront marqué de leur empreinte la totalité d’Abreaction.


Comparaison n’est pas raison. Or, lorsque l’on voit le succès remporté par une formation comme Gojira, l’on est en droit de se demander si Svart Crown ne mériterait pas d’être un peu plus exposé qu’il ne l’est aujourd’hui. Certes, la musique des Niçois est plus violente et extrême que celle des Bordelais, mais nul doute qu’avec un enregistrement de cette qualité, ils devraient faire succomber de nombreux aficionados du monde entier. Alors allez de ce pas écouter Abreaction et propagez la bonne parole.


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