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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mai 2017
Sa note : 16/20

LINE UP

-Mark Huckridge
(guitare+claviers+programmation)

-Brad Whyte
(guitare)

-Liam Edwards
(batterie)

TRACKLIST

1) Actual Landscapes 
2) Shakma 
3) Pale Force 
4) Graverobber 
5) Crystal Trap 
6) Meta 
7) Prince O
8) Darkjewel 
9) Professional Weapon


DISCOGRAPHIE

Mystic Bronze (2017)

Gallops - Mystic Bronze
(2017) - rock post rock instrumental math-rock - Label : Blood & Biscuits



Conseillé par Three Trapped Tigers, ma découverte de 2016, je me suis penché sur ce nouveau disque des Gallois de Gallops. Formé au début des années 2010, le groupe a tout d’abord sorti un EP éponyme et un excellent premier album, Yours Sincerely, Dr Hardcore, deux ans plus tard. Puis Gallops s'est séparé, jusqu’à leur reformation pour l’ArcTangent Festival en août 2016 et l'annonce qu'ils étaient bel et bien vivants - un nouvel enregistrement étant prévu pour 2017. Nous y sommes et Bronze Mystic, leur second LP, signe le retour d’un rock expérimental et instrumental possédant beaucoup de charmes et d’ingéniosité. Pourquoi ? Comment ? Explications dans les quelques lignes qui suivent.

À l’image de leurs confrères britanniques Three Trapped Tigers, les Gallois n’hésitent pas à expérimenter dans la sphère du rock. Si le premier titre "Actual Landscapes" ne propose qu’une simple montée post-rock, dès "Shakma" les choses se corsent avec une envie d’aller au-delà des barrières. Sonorités électroniques, passages entêtants, groove apporté par la guitare tourbillonnent pendant près de trois minutes avant de laisser place à un final explosif dopé par un gros riff de guitare bien dansant, des fûts rudement martelés et des sonorités au clavier qui accentuent le tout. Bref, vous l’aurez compris, Gallops expérimente à travers toutes les formes de rock possible. On pensera au post-rock sur de nombreux titres comme "Actual Landscapes", "Crystal Trap" ou "Professional Weapons". Le côté noise ressortira sur des titres comme "Prince O" ou la très lourde "Darkjewel", tandis que le math-rock se ressentira plus sur les mélodies sinueuses de "Meta". Si à cela, on ajoute que d’autres pistes se font plus cinématographiques ("Pale Force" et son développement par couches musicales), on obtient une réalisation où l’ensemble des nuances du rock sont savamment utilisées.
Si Bronze Mystic fonctionne aussi bien, c’est notamment grâce à deux aspects. Tout d’abord, pratiquement tous les morceaux sont construits de tel sorte qu’un break survient à un moment pour changer la donne. "Graverobber" débute calmement pour s’emballer avec une guitare très math-rock pleine de groove, un "Meta" n’hésite pas à afficher d’abord une boucle assez lourde aidée par la batterie pour s’acheminer progressivement vers une fin tout en légèreté où les claviers règnent en maîtres. Ce sont ces changements amenés tout en finesse qui confèrent leur intérêt aux titres. Le second aspect relève davantage de l’habillage : assurée par Jamie Ward, le bassiste des défunts Maybeshewill, la production de l’album est extrêmement limpide malgré la variété des couches sonores utilisées. Et cette clarté va aussi très bien avec le travail incroyable effectué sur les sonorités électroniques. Il faut ici saluer l’apport du claviériste Marck Huckbridge qui donne une couleur très années quatre-vingts au clavier, sans pour autant paraître désuète. Par exemple, l’aspect massif, presque industriel des sons noises de "Darkjewel "fonctionnent à merveille tout comme les airs nostalgiques véhiculés sur "Professional Weapon". Et, même si l’ambiance reste cohérente tout du long, cela n’empêche pas de voir par moments une certaine ressemblance avec les Anglais de Three Trapped Tigers ou le math-rock d’And So I Watch You From Afar (notamment "Crystal Trap" qui n’aurait pas dépareillé sur Heirs).

Bronze Mystic constitue une excellente surprise et prouve que la scène britannique brille toujours lorsqu’il est question d’expérimentation. Si la première écoute du dernier Gallops, frais et entêtant, n’est pas la plus simple, les suivantes révèlent une œuvre au charme rare, aux morceaux variés et bien construits et aux sonorités légèrement rétro maîtrisées de bout en bout. Avec cet album, Gallops signe un retour réussi et nous laisse espérer qu’il ne faudra pas attendre cinq ans pour pouvoir profiter de leurs nouvelles expérimentations.


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