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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 03 juin 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Bradley James "Dez" Fafara
(chant)

-Michael Colin "Mike" Spreitzer
(guitare+programmation+basse)

-Neal Tiemann
(guitare+basse)

-Austin D'Amond
(batterie)

TRACKLIST

1) Testimony of Truth
2) Bad Deeds
3) My Night Sky
4) This Deception
5) Above It All
6) Daybreak
7) Trust No One
8) Feeling Ungodly
9) Retribution
10) For What It’s Worth
11) House Divided (bonus)
12) Evil of Swift Wings (bonus)

DISCOGRAPHIE

DevilDriver (2003)
The Last Kind Words (2007)
Beast (2011)
Winter Kills (2013)
Trust No One (2016)

DevilDriver - Trust No One
(2016) - thrash metal melodeath moderne - Label : Napalm Records



Devildriver est le groupe frustrant par excellence. Après un début en trombe, les Californiens se sont trouvé une formule entre agressivité et mélodie qu’ils déroulent à l’envi. Et finalement, si certains morceaux sont hyper accrocheurs, les albums peinent à convaincre sur la durée. La formation revient avec Trust No One, qui ne révolutionnera donc rien. Les amateurs seront-ils au moins contents de leur nouvelle dose ?

Devildriver, c’est du thrash moderne mâtiné de death et de mélodies. C’est une musique basée sur la puissance, portée à bout de bras par Dez Fafara (Coal Chamber), son chanteur déchaîné. On notera aussi la batterie, souvent furieuse qui fait la part belle à la caisse claire… Première interrogation dès le départ. "Testimony Of Truth" ne démarre pas sur les chapeaux de roues. Un changement chez Devildriver ? Car toutes les œuvres commencent habituellement pied au plancher… En effet, le titre d'ouverture se révèle moins rageur. La déception commencerait à poindre chez l’auditeur si le final de ce testament n’était pas aussi travaillé et réussi, plein d’intensité ! Cependant, on remarque rapidement ce qui cloche : le batteur a changé ! Si on retrouve l’utilisation de la double pédale façon mitraillette, on regrettera les roulements de caisse claire de John Boecklin… Hélas, quand on base tout sur l’énergie, il faut tenir la distance. C’est un peu le souci de ce Trust No One. Le collectif est plutôt efficace, sans être génial, dans les parties rapides et agressives. Mais quand les pistes se font plus lentes, c’est moins pertinent. On appréciera quand même les efforts d’ambiance sur "My Night Sky". Un peu de variété ne fait pas de mal...
Histoire de nous frustrer encore plus, Devildriver balance comme à chaque fois une pure tuerie où sa musique est sublimée. Il faut savoir l'apprécier car il y en a rarement plus d'une par réalisation. Plus mélodique, elles est très au-dessus du lot et on a l’impression que la section d'Outre-Atlantique pourrait nous en pondre d’autres si celle-ci se sortait un peu les doigts. Ironiquement, la perle de l’enregistrement s’appelle "This Deception". Ce sera la seule chanson à vraiment transporter l’auditeur. À lui prendre les tripes. C’est de l’efficacité pure, avec des leads travaillés et prenants. Tout s’enchaîne rapidement et nous met une claque. Le solo est super efficace et bien foutu… Bref, on pourrait écrire la même chose pour chaque LP. Car les solos sont rares dans l'œuvre du groupe. Par flemmardise ? Quelle frustration pour l’auditeur de se prendre cette constatation à chaque réalisation : Devildriver a un formidable potentiel qu’il n’exploite pas totalement. C'est manifestement sans forcer que le gang de la Côte Ouest nous sort des compositions efficaces, mais calibrés. On s'en sort avec un bon album, après avoir espérer l’album de l’année.


Dans dix ans, Devildriver sortira un best-of et ce sera une méga tuerie. Pour le moment, les Nords-Américains se contentent de sortir des disques sympas, calibrés, mais jamais sensationnels. L’amateur de thrash moderne et rageur en restera frustré, tout en écoutant Trust no One de temps en temps, histoire de se prendre à rêver en écoutant "This Deception". Tout est dit, non ?


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