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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 17 août 2017
Sa note : 10/20

LINE UP

-Marcie Michelle Free
(chant)

-Bruce Gowdy
(chœurs+guitare+claviers)

-Guy Allison Steiner
(chœurs+claviers+percussions)

-Larry Antonino
(chœurs+basse)

-Jay "Schellen" Schellenbaum
(batterie)

TRACKLIST

1) The Only One
2) Four Eleven
3) Driving Into The Future
4) Get On Top
5) See If She Floats
6) She Can't Go Home
7) Point Of View
8) Ice Cold Sunshine
9) When Love Is Here
10) Sunlit Sky
11) Someday Somehow

DISCOGRAPHIE

Can't Go Home (2017)

Unruly Child - Can't Go Home
(2017) - hard FM - Label : Frontiers Records



On n'a pas trop envie de dire du mal d'un album d'Unruly Child. D'abord parce que sa chanteuse, Marcie (ex-Mark) Free a un parcours personnel un peu compliqué et aussi en souvenir des belles choses que le guitariste Bruce Gowdy a commises avec Lenny Wolf au sein de Stone Fury dans les années quatre-vingts. On n'en a pas envie, mais après avoir écouté Can't go Home, la dernière livraison de la formation californienne, il est difficile de faire autrement.

Que les amateurs d'AOR (adult-oriented rock) se rassurent: l'une des formations les plus réputées du genre n'a pas profité des trois années qui suivirent Down the Rabbit Hole, le LP précédent, pour virer sludge ou post black metal. D'ailleurs, ses membres le voudraient-ils qu'ils en seraient probablement incapables, non en raison d'insuffisances techniques difficilement décelables mais d'un état d'esprit que l'on pressent en totale incompatibilité avec tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à de l'âpreté, de la tension, de la noirceur. Rien que de très normal, certes, pour un groupe s'adonnant à un rock léché destiné à abreuver les stations de radio grand public au pays de l'Oncle Sam et de Bon Jovi. Là où ça devient problématique est que le dernier nommé sonne comme un farouche gang hardcore en comparaison de Unruly Child sur Can't go Home. En effet, pas une seule de ses onze pistes n'échappe à la mièvrerie. Les choix de production contribuent fortement à ce résultat, le rendu ultra policé de chaque instrument ôtant d'office toute capacité d'accroche. Entre des claviers à la fois envahissants et anecdotiques (il ne s'agit pas, hélas, d'une contradiction), une batterie synthétique au possible, une basse fantomatique et surtout une guitare d'une mollesse consternante, le quintet donne l'impression d'avoir enregistré cette nouvelle réalisation dans l'unique but de la diffuser dans les maisons de retraite - à l'heure de la sieste, pour ne pas effrayer les pensionnaires. Quelle semble loin l'époque où Gowdy dynamitait le premier effort de Stone Fury à coups de riffs bien sentis, dans la noble lignée d'un Jimmy Page ! L'œuvre manque tellement de peps que le seul titre un tant soit peu vigoureux qui y figure, follement intitulé "Point of View", rappelle Def Leppard époque Hysteria tandis que le reste fait songer à du Giant dévitalisé: on a connu plus énergique !
Si encore la qualité d'écriture était au rendez-vous... Malheureusement, les compositions, bâties dans le strict respect de la doxa couplet-refrain, n'offrent aucune aspérité, ne réservent aucune surprise, ne révèlent aucune trouvaille digne d'être signalée. Les mélodies interchangeables se succèdent dans une morne parade, donnant chaque fois le sentiment d'avoir déjà été entendues ailleurs et ne retiennent guère l'attention. Rien ne vient rompre la ronronnante routine qui s'installe dès le morceau d'ouverture, accentuée par une sorte de low mid tempo lénifiant qui baisse encore d'intensité sur la chanson-titre, une ballade qui pourrait faire office de générique d'une série pour ados US des quartiers huppés de LA. Quant aux solos, leur brièveté et leur absence d'originalité les rendent tout simplement inutiles. Le chant mélodieux et dénué de toute scorie de Mercie Free rétablirait un semblant d'équilibre si son orientation « zéro défaut » ne contribuait également à l'atmosphère aseptisée qui émane du recueil. Pour achever le tableau et les dernières velléités d'indulgence de l'auditeur, la section nord-américaine farcit tous les refrains de chœurs aussi automatiques que doucereux, validant une étape supplémentaire dans son imparable démonstration de fadeur.


Expurgé de toute trace d'imagination, lisse, sans saveur, Can't go Home évoque l'enveloppe trop parfaite et le goût insipide d'un brugnon de supermarché. À l'instar de nombreux produits estampillés hard fm sortis de l'usine Frontiers, le millésime 2017 d'Unruly Child échappe néanmoins à la médiocrité grâce à l'exécution sans reproche de ses interprètes. Un maigre point positif qui ne suffira pas à faire rêver ceux qui ont (re)découvert récemment le genre sous ses meilleurs aspects avec les tubes étourdissants et autrement plus dynamiques de The Night Flight Orchestra.


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