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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 septembre 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Nick Holmes
(chant)

-Gregor Mackintosh
(guitare+claviers)

-Aaron Aedy
(guitare)

-Stephen Edmonson
(guitare)

-Waltteri Väyrynen
(batterie)

TRACKLIST

1) Fearless Sky
2) Gods of Ancient
3) From the Gallows
4) The Longest Winter
5) Medusa
6) No Passage for the Dead
7) Blood & Chaos
8) Until the Grave
9) Shrines (bonus track)
10) Symbolic Virtues (bonus track)

DISCOGRAPHIE


Paradise Lost - Medusa



Quand je lis « Medusa », je pense à Anthrax, époque Spreading the Disease. Du coup, ça me prépare à replonger dans un univers de vieux, et, selon Greg Mackintosh, commandant en chef du projet Paradis Perdu, il faut remonter le temps si l’on veut correctement appréhender le dernier Paradise Lost qui se situerait « entre Gothic et Shades of God ». Forcément, quand je lis ça, j’ai la même réaction d’allégresse qu'un Dominique Strauss-Kahn à qui l’on proposerait de plonger dans une piscine entièrement remplie de femmes nues et plantureuses. Mais en même temps, des annonces comme ça…

… c’est un peu l’histoire de l’album « le plus heavy/de la maturité », etc. etc. Des promesses, toujours des promesses, et en général pas grand-chose. Greg aurait-il dérogé à la règle ? Pas vraiment, mais il n’a pas totalement menti non plus. Bon, de Shades of God, aucune trace, soyons clairs.  Rien qui ressemble de près ou de loin à "Crying for Eternity" ou "As I Die". En revanche, pour ce qui est de Gothic, on ne peut pas lui donner tout à fait tort. Écoutez "From the Gallows" et comparez-la à "Falling Forever". Y a pas un petit lien de parenté ? Un énorme, même, non ? La première partie de Medusa est en effet une sorte de rebobinage temporel, tant Nick and co proposent un doom gris, râpeux, solidement campé sur les fondamentaux de tout bon doom-death. Seuls quelques éléments stoners, notamment sur la fin de l’initial "Fearless Sky" nous rappellent que The Plague Within est passé par là. Conclusion, l’espace de quatre morceaux, je chiale de bonheur et me remémore l’époque bénie où j’enlevai, de mes petits doigts boudinés et fébriles, le plastique de la K7 de Gothic pour découvrir cet album à la pochette si étrange (moche ?). Les fans du Paradise Lost plus policé en seront certainement pour leur frais, mais pour ma part, je jubile et ose même espérer que Medusa soit un album entièrement dédié au gothic doom-death des familles, fermenté dans une barrique de chêne sentant le rance à des millions de kilomètres à la ronde.
Le hic ? Je sais que cet espoir est totalement infondé, vu que je les ai entendues, les purg… pardon, les morceaux moins emballants, puisqu’il s’agissait des teasers de l’album. Donc je sais qu’à un moment donné, ça va merder, et ça merde pas plus tard qu’au quatrième titre. "The Longest Winter", premier extrait, propose peut-être un visage plus conforme à ce qu’est Paradise Lost aujourd’hui, mais diantre, quel manque d’entrain… Chant clair fatigué, mélodies usées jusqu’à la moelle, cet Hiver Le Plus Long fait cependant moins mauvaise figure que le titre éponyme, d’une fadeur extrême. "No Passage For the Dead" est lui marqué du sceau de la première époque du groupe, mais ne possède pas le même charme que les trois morceaux initiaux. Mais bon, le pire est passé. "Blood and Chaos" relève un peu le niveau avant que des frissons reviennent enfin me parcourir l’échine avec un "Until the Grave" empreint d’un mélancolie toute paradiselostienne. Les deux bonus tracks ? Comme le corps de  l’album. Moitié standard/froid/bof ("Shrines"), moitié émotion (le bien beau refrain de "Symbolic Virtues").


Finalement, c’était peut-être voulu. « Manage expectations. » Sortir des extraits pas super folichons m’a fait penser que l’album serait un désastre. Du coup, je prends le fait que la moitié des titres soient d’un très bon niveau – pour tout amateur de vieux doom-death, vénérable et misérable, s’entend – comme une bonne nouvelle. Moitié brillante réminiscence des anciens temps kvltes, moitié travail bâclé fait sans trop d’envie (je ne dis plus « travail de  fonctionnaire », sinon MFF va encore me taper sur les doigts…), Medusa ne séduit pas totalement, mais sa grise mine captive tout de même. Sûrement un album fait pour les fans hardcore qui ne doutent jamais de rien et pour  les vieux doomsters nostalgiques (pléonasme). Ça aurait pu être pire.
 




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