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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 16 septembre 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Tom Davy
(chant)

-Tim Regan
(guitare+chant)

-Greg Jones
(guitare+chant)

-Chris Dagenhart
(basse)

-David Spencer
(batterie)

TRACKLIST

1) Day of Darkness
2) Southwind
3) Sworn to Victory
4) From the Stars
5) The Last One to Fall
6) Truth in Legend
7) The Blessed 
8) Deathstone Rider

DISCOGRAPHIE


Burning Shadows - Truth In Legend
(2017) - heavy metal mélodique true metal pas très bien chanté - Label : Autoproduction



Burning Shadows est un groupe qui m'est sympathique. Déjà parce qu'ils ont décidé de faire un album inspiré par le jeu Skyrim, ce qui est forcément cool pour le gamer que je suis. Le fait qu'ils se définissent comme des nerds sur leur page Facebook est également chouette. La qualité de leur prod alors qu'ils ne sont pas signés est remarquable. Quant à la musique, leur manière de lier avec efficacité le heavy allemand à la Blind Guardian et le heavy US à la Iced Earth est vraiment agréable. C'est donc avec une frustration certaine que je me retouve à leur mettre une note moyenne, rappel d'une réalité douloureuse : le chant, dans le heavy mélodique, c'est important. 

Tom Davy est un problème. Ce n'est pas qu'il soit atrocement mauvais, loin de là : il n'a juste pas le niveau exigé par la musique pratiquée par son groupe. Ses tentatives d'incarner Hansi Kürsch (et un peu Chris Boltendhal) sont louables, mais sa voix manque de précision et d'aigus, son vibrato manque d'amplitude, il est trop souvent approximatif, il ne tient pas assez ses notes... bref il donne un parfum d'amateurisme à la musique d'un groupe qui pour le coup ne sonne pas amateur du tout par ailleurs. Les riffs présents sur Truth In Legends ne rigolent pas, et certaines idées tapent même violemment la face. L'enchaînement entre arpèges malsains et twin leads supersoniques à la Helloween de "From The Stars" est du niveau des ténors du genre, et, après une intro un peu clichesque "Southwind", envoie des plans et des parties instrumentales épiques du meilleur effet. Les deux guitaristes sont extrêmement propres dans leur jeu et les riffs sont tout simplement excellents. Quand les rythmiques s'énervent et vont taquiner Iced Earth le groupe est crédible et même inspiré, et les solos de shred sont efficaces et bien foutus à défaut d'être marquants. Avez-vous une idée de ce que ça fait d'entendre cet ensemble d'une qualité surprenante rabaissé par le chant ? Ce contraste de qualité n'est pas juste gênant, il agace à la longue. On a vraiment une impression de gâchis.
Les parties instrumentales ne sont évidemment pas exemptes de défauts : il m'a fallu vérifier au début de la deuxième chanson qu'il ne s'agissait pas d'un break dans la première tant les thèmes leads celtiques utilisés étaient proches. Les rythmiques accélérées de "Truth In Legend" sont un peu téléphonées, ainsi que les twin leads du même titre qui font un peu « le tapping pour les nuls ». Le piano qui ouvre "The Blessed" fait également vraiment cheap. Mais ce ne sont-là que des fautes de goût éparpillées dans un album d'un niveau globalement élevé. Les tentatives stylistiques sont souvent réussies : le basse-batterie esquissé sur "The Last One to Fall" fonctionne à mort, et les arpèges qui rejoignent le piano dans "The Blessed" font vraiment le taf. On n'ose imaginer ce que ce passage calme aurait donné avec un chanteur de type Geoff Tate, capable de donner de la chaleur à une ligne dans les graves à laquelle Davy ne peut pas rendre justice. Car là est la vraie tragédie : les lignes de chant sont bien écrites ! C'est vraiment l'interprétation qui pêche. C'est d'autant plus frustrant que quand Davy se double et chante en harmonie avec lui-même la sauce passe beaucoup mieux, mais il ne le fait que trop rarement. Qu'aurait donné la chanson-fleuve epic as fuck de treize minutes "Deathstone Rider" avec un vocaliste à la hauteur ? On tente de se concentrer sur son fabuleux passage instrumental speed où le groupe troque soudainement son heavy pour un thrash-metal foudroyant, mais le chant finit toujours par revenir. Et quand il revient, on se plaint.

Seigneur, que c'est énervant. Je suis prêt à ouvrir une cagnotte en ligne pour que Tom Davy se paye des cours de chant (ou, s'il en prend déjà, pour qu'il se paye un(e) meilleur(e) prof), car là c'est vraiment trop dommage. Burning Shadows aurait potentiellement les moyens de se hisser parmi les groupes marquants du genre voire de donner un nouveau souffle à un style qui est sous-représenté aux USA... mais leur chanteur les en empêche. Grrrr ! 


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