17825

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 14 décembre 2017
Sa note : 18/20

LINE UP

-Carl McCoy
(chant)

-Peter Yates
(guitare)

-Paul Wright
(guitare)

-Tony Pettit
(basse)

-Alexander Wright
(batterie)

TRACKLIST

1) Endemoniada
2) The Wtachman
3) Phobia
4) Moonchild
5) Chord of Souls
6) Shiva
7) Celebrate
8)
Love Under Will
9) Last Exit for the Lost

DISCOGRAPHIE

Dawnrazor (1987)
The Nephilim (1988)
Elizium (1990)

Fields of the Nephilim - The Nephilim
(1988) - rock gothique - Label : Beggars Banquet



Passer du désert au monastère. Invoquer Cthulhu en mourant de soif ou sous un alcôve. Continuer l’aventure. Troquer les épines des cactus pour celles des roses rouges et des roses blanches. Toujours avec cette même passion.

Le deuxième volet grand format des aventures des hommes aux grandes capes change de décor - après Il Était une Fois Dans l’Ouest, voici Le Nom de la Rose - et opère un processus de maturation impressionnant quand on pense qu’il n’y a qu’un an d’écart entre Dawnrazor et The Nephilim. Le jeune homme du premier album fait place à une personne plus réservée, en tout cas, moins encline à tout déballer sur la table au premier inconnu venu. Fields perd en spontanéité ce qu’il gagne en construction et en profondeur des chansons. Si "Moonchild" a été le hit issu de l’album – son côté catchy est indéniable , les monstres de l’album sont autres, ils ont pour nom, dans l’ordre : "Endemoniada", "The Watchman", "Love Under Will" et "Last Exit for The Lost". Ces quatre purs joyaux sont quatre histoires qui prennent le temps d’être introduites, développées et conclues, toutes contées par le mythique Carl, privilégiant, en général, le registre caverneux au mode Sisters of Mercy.
Quatre morceaux de bravoure enchanteurs et poétiques qui font partie du patrimoine du rock gothique pour les siècles des siècles, amen. Fields y dépose toute son âme, toute sa science de la mélodie mortuaire et de la poésie mordante. A côté de ces chefs-d’œuvre, on trouve également l’extraordinaire "Celebrate", petite pièce atmosphérique où Carl nous caresse de ses feulements et nous enfonce un peu plus dans notre rêverie obscure et émouvante. On soulignera également "Phobia", largement inspiré de Motörhead – la bande à Lemmy étant une influence de Sisters of Mercy, par transitivité, il est normal de trouver un hommage ici… Le seul hic, c’est, comme sur Dawnrazor, la présence de deux titres plus banals, qui ne nuisent pas à l'album, mais ne l'enrichissent pas, "Chord of Souls" et "Shiva", empêchant The Nephilim d’atteindre la perfection. On se contentera donc d’un album fantastique et épique, très justement adulé par tous les fidèles du groupe, matérialisé sous forme d’un artwork splendide, contribuant grandement à la magie de l’œuvre.


Quand je repense à The Nephilim, j’hésite toujours entre fredonner  « You sleep, you sleep, you slee-eep », murmurer « Celebrate… for our lesser days » ou m’essayer aux envolées lyriques de "Last Exil For the Lost" ou "The Watchman" – pour un résultat extrêmement mitigé… The Nephilim est un album qui marque et qui a même, avec Elyzium, changé le cours du monde. Du mien, en tout cas.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5