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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 21 décembre 2017
Sa note : 17/20

LINE UP

-Eddie Risdal
(chant+guitare+programmation)

-Øyvind Rosseland
(claviers)

-Kjell-Ivar Aarli
(basse)

Guests

-Jesse M Jolly
(chant - sur Dawn By Nightmares)

-Geir Emmanuelsen
(banjo - sur Despair)

-Dan Swanö
(guitare - sur Evening Star)


TRACKLIST

1) Reminisce
2) Despair
3) Angelmaker
4) Into the Eternal Pits of Nightmare
5)
Drawn By Nightmares
6) There Was a Man
7) Four Hundred Years
8) Transition
9) Evening Star


DISCOGRAPHIE

Over the Past (2017)

Legacy of Emptiness - Over the Past



« De l’art de l’unité et de l’homogénéité d’une œuvre. Vous avez deux heures. »  Où s’arrête l’œuvre variée et où commence le patchwork ? A quels signes sait-on distinguer un louable effort d’aérer l’écoute, de l’album façon « assortiment de nos produits » ? Mélanger raw-black metal et bossa nova assigne forcément une oeuvre à la seconde catégorie ? Non. A vrai dire, je ne saurais répondre à la question… Demandez à Legacy of Emptiness, ils sauront peut-être vous dire.

Over the Past frise l’appellation « cocktail ». J’ai d’ailleurs eu du mal à décider si la relative hétérogénéité de l’album était un handicap ou un avantage. Après pas mal d’écoutes, c’est tranché : là où les Suédois de Wormwood diversifient trop, LoE pose ses pieds du bon côté de la frontière. Cette question est d’ailleurs bien le seul point litigieux d’un travail d’une qualité irréprochable, où les musiciens font preuve d’un excellent sens de la composition et d’une utilisation parfaite des synthétiseurs. Si la base de la musique est un black symphonique façon Dimmu Borgir - encore eux, évidemment... - , les artistes savent aller puiser leur inspiration dans d’autres puits que ceux que l’on trouve près du Château Hanté. Les deux titres initiaux ne laissent d’ailleurs pas présager qu’Over The Past se développera sous les auspices de la bande à Shagrath. A travers des chorus de guitare tout maideniens, "Reminisce" annonce d’entrée que, durant l’écoute de l’album, nous n’aurons pas à affronter les tempêtes du trve/brutal black metal, tandis que "Despair", et son départ kitsch aux claviers, louche du côté du power-epic metal.
Ce n’est qu’à partir d’"Angelmaker" qu’il faut se rendre à l’évidence : l’œuvre sera Dimmuborgirienne ou ne sera pas. Même si la chanson écrite dans le plus pur style Dimmu, à savoir "There Was a Man" est une merveille – quel magnifique et émouvant refrain… -, LoE ne joue pas au clone et agrémente les blasts et claviers à gogo de teintes gothiques, par le biais d’un chant clair grave à la Sisters, un peu dans l'esprit de Sirrah, et de passages plus tristes et moins plombés. Le résultat ? Un album varié, donc, où les morceaux les plus classiques sont loin d’être les pires, qui sait être prenant du début à la quasi fin, le seul bémol étant le dernier titre, "Evening Star", un peu plus pâlichon. Les Norvégiens semblent être des maîtres de la mélodie diabolique et des refrains bien foutus. Huit des neuf titres sont de très haute qualité, il est donc difficile d’en faire ressortir certains, mais, s’il fallait vraiment choisir, je mettrais un petit billet de plus sur la triplette "Into the Eternal Pits of Nothingness", "Drawn by Nightmare" et "There Was A Man", qui montrent l’étendue du savoir-faire, et du talent, des nos hommes. Mention spéciale fun pour le banjo-country power !- sur la fin de "Despair". De vrais lutins diaboliques !

Une des meilleures sorties black sympho de l’année, sans aucun doute. Influencée également par le goth et le heavy, la musique noire du trio confine à la virtuosité du genre. Les amis ont dû prendre leur pied à enregistrer ce splendide florilège de musiques sombres, violentes et mélancoliques. Nous prenons le nôtre à l’écoute de ce bien bel ouvrage.



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