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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 06 janvier 2018
Sa note : 10/20

LINE UP

-Constantine Alex
(chant)

-Michael Tiko
(chant+guitare+claviers)

TRACKLIST

1) Skies Infernal
2) Hate Eternal
3) Against My Tear
4) Dark Refrain
5) Shepherd and Lamb
6) Cruelty in Disguise
7) Faithless Art
8) Lips yet Denied
9) The Other Side
10) A Thousand Shades of Moon

DISCOGRAPHIE


Sede Vacante - Skies Infernal
(2016) - gothique pas très bien - Label : Autoproduction



Sede vacante (ablatif absolu du latin sedes vacans : « le siège [étant] vacant ») est l’expression utilisée pour qualifier la période durant laquelle le siège d’un diocèse - voire le Saint-Siège - est vacant ; dans ce dernier cas, c'est la vacance du Siège apostolique. La vacance du siège de Rome intervient par la mort du pontife romain ou la renonciation à sa charge faite librement et dûment manifestée ; les autres sièges épiscopaux deviennent vacants par la mort de l'évêque qui en est titulaire, par sa renonciation acceptée par le pontife romain, par son transfert ou la privation qui lui aurait été notifiée.

Sede Vacante... c'est grec, c'est du gothique et ce n'est pas très bien. Ce n'est pas mauvais ou atroce, hein, c'est juste d'une banalité à couper au couteau. Comme de nombreux groupes tentant la folle aventure du goth metal, Sede Vacante semble penser qu'il suffit d'enchaîner des accords de gamme mineure mélodique et de les agrémenter de petites mélodies pour déclencher mélancolie et catharsis. Ce n'est pas faute de varier les approches : des petits effets électro ici ("Hate Eternal"), une intro de piano plein de tristitude là ("Faithless Art"), des riffs rythmiques syncopés renforcés par des chœurs ("Shepherd and Lamb"), des lignes de chant qui tentent d'être catchy et entêtantes mais finissent par être juste répétitives (partout)…, non, je dis pas, ça tente. Mais ça échoue à marquer l'auditeur quels que soient les moyens employés, pour la bonne raison que ça se contente d'être une enfilade de recettes toutes plus prévisibles les unes que les autres. On relève que le refrain de "Hate Eternal" parvient à être catchy ou que Constantine Alex est capable de bien s'en sortir dans les aigus sur les couplets de "Dark Refrain", mais on sort du disque en se rappelant bien plus de la faiblesse générale de la prod ou du fait que les velléités de chanteur lead de Michael Tiko auraient dues être refrénées à un moment donné.
Ben oui, chez Sede Vacante on a une chanteuse qui fait le taf à défaut d'être mémorable, et un guitariste / mastermind qui a décidé de squatter le micro sur la moitié des titres et qui flingue le truc. C'est vraiment particulier : au lieu d'opter pour un ping-pong entre chant masculin et chant féminin ou de jouer la carte des harmonies, les chansons sont divisées entre celles chantées principalement par Alex et celles chantées principalement par Tiko. Or ce dernier a une voix qui serait parfaite pour des backings vu qu'elle est juste, mais qui n'a clairement pas assez de puissance et d'intérêt pour porter les compos. Ça donne même des résultats bizarres en termes de marketing, comme dans le clip de "Shepherd and Lamb" où Alex semble être une figurante et ne pas faire partie du collectif… et surtout ça fait brutalement baisser l'intérêt d'un groupe qui n'avait pas besoin de ça à la base. Sur les titres chantés par Alex, Skies Infernal se contente d'être un album dépourvu de point fort (quoique "Lips Yet Denied" casse bien le crâne dans le genre ballade sirupeuse, niaise et pénible), mais sur ceux chantés par Tiko, il devient carrément irritant. C'est d'autant plus dommage que l'homme se la pète un maximum dans sa bio officielle où il se décrit comme un musicien de haut niveau.


Je vous propose de ne pas écouter cet album. Ce n'est pas qu'il vous filerait des boutons ou qu'il est foncièrement risible, c'est juste qu'à moins d'être extrêmement désœuvré vous avez très probablement autre chose à foutre. Skies Infernal est destiné à rejoindre la fosse commune des albums qui ne laissent pas de trace, et ne présente a posteriori qu'un seul intérêt : avant cette chronique, je n'avais jamais osé copier-coller une intro de chronique depuis Wikipedia. C'est désormais chose faite, et merci pour ça.


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