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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 07 janvier 2018
Sa note : 12/20

LINE UP

-Dave Silver
(chant+guitare)

-Sam S. Junior
(guitare)

-Mira Slama
(basse)

-Andrea Gorio
(batterie)

TRACKLIST

1) Hands of Fate
2) Wing and a Prayer
3) Blood Red Road
4) Lay Down Your Arms
5) Solar Corona
6) Eat Your Heart Out
7) Fearless
8) The Last Confession
9) The Crucible
10) Out of Time

DISCOGRAPHIE


Savage Messiah - Hands Of Fate



Quand un groupe change totalement de line-up deux fois de suite en cinq ans en ne gardant que son chanteur/guitariste comme membre fondateur, on peut facilement en déduire que le projet est avant tout son bébé à lui. C'est de toute évidence le cas de Dave Silver, dont les deux albums précédents avaient été encensés par notre regretté Kroboy. A lire sa prose enflammée, il semble que Savage Messiah avait réussi à partir d'un thrash metal efficace pour arriver à un heavy inspiré au spectre large. On ne sait pas ce qui s'est passé depuis, mais cette définition flatteuse ne semble plus trop d'actualité…

Évacuons tout de suite l'évidence : Hands Of Fate est un album globalement bien gaulé. La production est excellente, tout est hyper en place, Silver est un chanteur de haut niveau et les solos de guitare sont particulièrement réussis. Sur le papier il y a donc tout pour provoquer la joie, mais il ne suffit pas d'assembler des ingrédients de qualité pour construire un tout intéressant, en particulier quand on utilise des ficelles grosses comme des câbles de frein. Qu'il s'agisse du riff de "Hand of Fate" qui semble être une variation sur celui de "Enter Sandman" de vous-savez-qui ou de celui de "Lay Down Your Arms" qui donne l'impression que vous-savez-qui est en train de jouer "Old" de Machine Head, les emprunts pratiqués par Savage Messiah posent clairement problème. Quand débarque le couplet de "The Crucible " et son riff pompé sur "Sad But True" on commence à se dire que tout ça pousse Mémé dans les orties à force. Ce n'est pas aidé par les inflexions de Silver, dont la voix ample et maîtrisée est très typée heavy, mais qui a tendance à reprendre les tics du chanteur de vous-savez-qui à tire-larigot (« line » = « laèèèèènne », « inside » = « insaèèèèèède », on se comprend) alors même qu'il est Anglais et que donc bon.
Bien sûr, Savage Messiah se détache parfois de l'ombre de vous-avez-compris-qui-maintenant-je-pense via une batterie plus moderne, des titres plus speed qui comme "Eat Your Heart Out" et son intro tagadagadante à la Iced Earth, et surtout ces incursions de party metal FM des années 80 assez incongrues. Ça commence par un refrain par-ci par là, une gamme majeure inattendue au détour d'un plan, puis soudainement "Fearless" débarque et on est brutalement plongé dans une ambiance limite hair-metal, le gros son actuel en plus. Les harmonies de voix sur "The Last Confession" enfoncent le clou, et le mariage entre thrash rapide, thrash mid-tempo de type Black Album (encore !) et inflexions FM est intéressant sur le papier. Sur le papier seulement : le refrain FM de "The Crucible" tombe comme un cheveu sur la soupe, et surtout illustre l'incapacité de Savage Messiah à se forger une réelle identité propre. Entre les emprunts et les mariages foirés; il est impossible de trouver une réelle trame sur ce disque sorti de la voix de Silver. Quand on sait que Hands Of Fate est le quatrième album du groupe ça devient limite inquiétant.


Joli de loin mais composé de morceaux mal rapiécés de près, tel est ce Hands Of Fate. Réussir à pondre un album aussi dépourvu d'identité propre quand on dispose de tels talents individuels au chant et à la guitare lead est presque attristant, et il semble bien qu'il manque quelque chose à Dave Silver pour pondre un vrai bon album de metal. Peut-être un groupe ?


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