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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 janvier 2018
Sa note : 14/20

LINE UP

-Hjalti Sveinsson
(chant)

-Andri Björg Birgisson
(guitare)

-Aðalsteinn Magnússon
(guitare)

-Hjálmar Gylfason
(basse)

-Sigurður Kjartan Pálsson
(batterie)

TRACKLIST

1) Veröld hulin
2) Lífvana jörð
3) Haldreipi hugans
4) Prísund
5)
Ljósaslæður
6) Blóðrauð sól
7) Eilífar nætur
8) Skuggar
9) Í hálmstráið held

DISCOGRAPHIE


Auðn - Farvegir fyrndar
(2017) - black metal atmosphérique - Label : Season Of Mist



A quel point la pochette est-elle révélatrice du contenu, au-delà de la qualité de l’artwork ? Dans 99% des cas, si elle ne peut prétendre révéler si l’album est réussi, elle en dit long sur le genre pratiqué. Par exemple, ce Farvegir fyrndar, là, difficile de le classer au rayon thrash ou brutal death. Prog ? Pas plus, non, vu qu’elle est presque monochrome, la pochette. Forcément, même si on n’a jamais entendu parler de Auðn, on sait que le groupe officie dans un registre poétique, mélancolique, atmosphérique. Et l’on ne se trompe pas.

Attention, ça mouille, n’oubliez pas d’emporter votre imperméable. Dans le monde d’Auðn, plus qu’un gros orage, c’est une pluie persistante, celle qui pénètre bien profondément, engendrée par le grésillement des guitares réglées en mode black atmo, et la voix de Hjalti le hurleur. Un hurleur assez braillou, plus braillou que la moyenne pour du black metal, mais supportable. Mieux que ça, on s’y accoutume et on finit par l’aimer ce timbre éraillé, puissant et vecteur d’une conviction musicale intense. Il donne du poids à cette balade au milieu de la lande islandaise, le visage fouetté par le vent, porteur des échos souvent languissants des guitares, et du chant, et d’une douleur permanente, un peu le même type de douleur que celle que nous dépeignait Primordial jadis. Pas que les groupes se ressemblent musicalement; exceptés les quelques passages où le rythme chaloupé emprunté par Auðn peut évoquer les Irlandais, la musique des deux groupes est bien différente : le rythme imprimé par le groupe scandinave est beaucoup plus soutenu que celui de la bande à Nemtheanga, et l’ensemble sonne bien plus black atmo que Primordial.
Non, c’est sur le plan des émotions provoquées par la musique que je trouve une similarité : la primauté de la douleur et d’une certaine colère sur la classique noirceur du genre, et la présence continue de la poésie, de l’artwork aux sonorités étranges des paroles, en passant par les séquences acoustiques et autres tristes phrasés des guitares. Farvegir fyrndar possède donc de bien belles qualités, il faut cependant tempérer quelque peu notre enthousiasme. Le deuxième album des Islandais est monotone. Pour de vrai. Les titres, tous fort beaux, ont un lien de parenté confinant à la consanguinité. Personnellement, mon attention décroche après "Ljósaslæður", une fois passés les excellents "Halderipi higans" et "Prísund", et je reprends conscience de l’album arrivé sur "Skuggar", ce qui me permet de goûter les mélopées plaintives du titre final "Hálmstráið held", et de prolonger ma rêverie une fois les dernières notes égrenées.


Farvegir fyrndar vaut vraiment par son ambiance et l’intense poésie qui s’en dégage. Le collectif prime sur l’individuel. On aura peine à dégager un moment fort de l’ensemble, toutefois fort séduisant. Porté par un chant prenant, Auðn est captivant à défaut d’être sexy. Il est réservé aux moments d’humeur vagabonde et, dans ce cas, paraît un support tout indiqué pour une tentative d’évasion vers les contrées du Nord.




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