17894

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mars 2018
Sa note : 14/20

LINE UP

-Ronny Thorsen
(chant)

-Jostein Thomassen
(guitare)

-André Aaslie
(claviers+orchestrations+basse)

-Kjetil Ytterhus
(claviers+orchestrations)

-Bjørn Dugstad Rønnow
(batterie)

TRACKLIST

1) The Tower Bell
2) The Stench of Dying Roses (The Children's Song)
3) The Soldier's Song
4) A Different Awakening (A Proclamation by the Priest)
5) An Interlude (or How the Curse of Rosewater Park Began)
6) The Letters
7) The Tale the Witches Wrote

DISCOGRAPHIE


Profane Burial - The Rosewater Park Legend



« Camarades, écoutez-moi ! On vous a fait croire, depuis des décennies, que le black sympho était forcément tsoin tsoin ou pouet pouet ! C’est un mensonge ! On peut inonder notre musique préférée de claviers et autres orchestrations sans pour autant jouer avec un seul doigt et/ou sonner comme la fanfare de Trézimonieux sur Cousin ! Un autre black sympho est possible ! Il faut que vous vous en persuadiez ! » Signé : Profane Burial. A la lecture de ce pamphlet, je m’interroge : comment diable des Norvégiens peuvent-ils connaître Trézimonieux sur Cousin ?
 
Autre interrogation non moins profonde : comment vais-je encaisser, moi, Grand Ambassadeur de la tsoin-tsoinie, l’écoute de ce The Rosewater Park Legend ? Le titre, déjà, ça sent pas l’épée en plastoc de Bal Sagoth (quoique… on en reparlera plus bas…). La référence opethienne (*****water Park), si elle peut s’avérer trompeuse, tant nos artistes ne sonnent pas comme Mike A. et ses comparses, contient cependant une précieuse indication : Profane Burial ne va pas se contenter de faire « do ré mi do ré mi do ré sol ». Conceptuel, ambitieux, cinématographique, la première œuvre du groupe est l’incarnation même du refus de la mélodie facile. C’est simple, depuis que j’essaye de fredonner des passages de The Rosewater Park Legend, je dors sur la canapé du salon. « C’est toi qui vois si tu veux continuer à me casser les oreilles… » me laisse entendre Mme Winter. Cet extrémisme dans la recherche de chemins mélodiques peu fréquentés est la seule critique que je puisse émettre sur cet album. Elle est, certes, de taille, puisque je ne peux pas totalement vibrer au son de l’œuvre, trop complexe à mes goûts simple(t)s.
Il n’empêche que, pour le reste, elle est remarquable de cohésion, à tel point qu’il me paraît hasardeux de faire ressortir un titre plus qu’un autre de l’ensemble, de structures complexes mais pas décousues, et pourrait parfaitement illustrer un excellent film de science-fiction diabolique, où les combats se feraient plus à coups d’invocations et de potions magiques que de sabres (laser ou pas). La référence promise à Bal Sagoth ? Eh bien, disons que The Rosewater Park Legend est une version encore bien moins sucrée, et encore bien plus travaillée, du moins sucré, et du plus travaillé des albums des Anglais, à savoir The Chthonic Chronicles. Les claviers et sonorités d'instruments à corde non électriques soutiennent l’ensemble de l’album, même si les guitares savent, bien sûr, se mêler à la fête (cf. le début, bien heavy comme il faut, de "A Different Awakening"), et l’on se prend à rêvasser à des voyages au cœur de noires galaxies artificiellement créés par un prêtre pas gentil. Bref, ce premier essai a de solides arguments à faire valoir et tout amateur de mélodie complexe devrait se laisser tenter par cette légende.

 
Si je ne suis pas capable de vibrer au son de ce bel OVNI, pour cause d’addiction trop importantes aux mélodies directes, je dois reconnaître les faits : le premier effort de Profane Burial est une œuvre léchée, peaufinée et ambitieuse, parfaite bande-son d’une histoire au décor cosmico-evil. Quant à Trézimonieux sur Cousin, le mystère reste entier…
 



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7