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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 28 mars 2018
Sa note : 12/20

LINE UP

-Richard Sjunnesson
(chant)

-Jonathan Thorpenberg
(chant+guitare)

-Roger Sjunnesson
(guitare)

-Henric "Liljesand" Carlsson
(basse)

-Richard Schill
(batterie)

TRACKLIST

1) Death's Sting
2) The Heartbleed Bug
3) Legendary
4) Dark Metamorphosis
5) A Link to the Past
6) Anchor Stone (of the World)
7) Manipulate Fear
8) Force of Nature
9) King's Fall
10) Nighttaker (bonus)
11) Daybreaker (bonus)
12) Nighttaker (Live) (bonus)

DISCOGRAPHIE


The Unguided - And the Battle Royale
(2017) - melodeath "moderne" pour ados - Label : Napalm Records



Parfois, en faisant le bilan de sa playlist sur YouPorn, on a un peu honte de certaines vidéos. C’est pareil en musique. Ainsi, en chroniquant pour la troisième fois une réalisation de The Unguided, je peux difficilement me voiler la face : je suis devenu un spécialiste du groupe. Et à la question posée par un membre « mais pourquoi tu t’infliges ça ? », je n’ai pas trouvé de réponse... Peut-être que finalement, tel un plaisir coupable, j’aime ça ? En écrivant cela, je me sens soudainement obligé d’aller pleurer sous la douche pour me laver, car je me sens sale… Si sale…

S’il y avait des boîtes de nuit metal, elles passeraient toutes du The Unguided. Leur musique est faite pour pogoter, headbanguer et même danser. Les refrains sont calibrés pour être repris par une foule en délire. C’est du 100% efficacité écrit pour les ados: les couplets sont agressifs avec du growl (plutôt bien foutu d’ailleurs) avant que les refrains balancent une voix claire trafiquée portée par des claviers mélodiques. C’est la formule éternelle du metal « méchant mais pas trop ». Certaines générations ont fait leurs gammes sur Linkin Park (Hybrid Theory mon amour), d’autres le font sur The Unguided. Et qu’on le veuille ou non (je vois déjà les vieux cons qui vont hurler au fond), le melodeath d’aujourd’hui, c’est eux. On peut le regretter, car niveau créativité ça patine sacrément dans la semoule. Sur chaque LP, chaque chanson est faite dans le même moule. Au bout du quatrième, ça fait commence à faire beaucoup. Surtout que le collectif est majoritairement issu de Sonic Syndicate qui produisait plus ou moins la même soupe (en encore plus ado de mon point de vue, comme quoi les membres finissent par mûrir au bout de dix ans).
Mais alors pourquoi, lorsqu’on est fan de metal progressif extrême, écouter du The Unguided ? Parce que la formation nordique apporte tout ce que l'on rejette. Habitués à une cuisine subtile arrosée de grands crus, il persiste parfois l'envie d’un kebab bien gras dégoulinant de sauce blanche. Et c’est ce que propose le quintet. Sans aucune morale, ils balancent des riffs faciles, des mélodies gnangnans qui alternent avec du growl puissant. Et tant pis pour l’indigestion, le Spasfon® est fourni avec. Alors évidemment, difficile d’écouter l’album en boucle (voire jusqu’au bout), mais ce serait dénier aux musiciens leur capacité à faire leur tambouille efficacement. Il n’est pas rare qu’un passage entraîne un balancement de tête, qu’un refrain nous fasse réagir ou qu’un solo nous titille l’esprit ("Legendary"). Pour ceux qui aurait peur de devenir accro et de sombrer dans la drogue d’une musique facile, aucun risque : le chant trafiqué est tellement dégueulasse et synthétique qu’il finira toujours par vous faire revenir à la raison (ou vomir, au choix). Même chose pour les facilités de composition. Au bout d’un moment, les morceaux ne parviennent plus à garder la même efficacité et la lassitude vous donnera envie de vous rafraîchir les oreilles (souvent, à l'aide d'un Ne Obliviscaris, histoire de vous rappeler que vous êtes un vrai mélomane et que vous êtes tombé par hasard sur The Unguided, sans le vouloir et qu’en fait c’est votre petit neveu qui l’avait mis dans votre playlist Spotify et que, pris dans vos pensées, vous n’aviez pas réalisé ce que vous étiez en train d’écouter).


The Unguided trace son sillon. And the Battle Royale, c’est le même produit que les précédents. Ni moins bon, ni plus mauvais. C’est pareil. Efficace mais forcément lassant, la faute à une musique trop calibrée et à un chant trafiqué à l’extrême. Mais parfois, quand personne ne me regarde, je me lance (au casque bien sûr) un petit "Legendary", comme un petit shoot d’adrénaline. Mais promis, c’est la dernière fois. Je m'arrête quand je veux.



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